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CORNELIS VISSCHER

régularité méthodique qu’il a conquis une réputation bien plus étendue que son rival, supériorité que l’on justifierait mieux en rappelant qu’il

Fig. 47. — Suyderhoef. Portrait, d’après Franz liais.

ne fut pas seulement un interprète, mais aussi un inventeur original.

Visscher use systématiquement des tailles équidistantes, il les emploie même pour les chairs et les poursuit partout jusque pour les nuances les plus délicates; sa main a une légèreté et une sûreté extraordinaires.

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Encore ne peut-il parvenir à éviter l’inconvénient inhérent à sa pratique même, c’est-à-dire l’éclat métallique qu’entraîne un extrême fini. Dans les noirs, il croise des tailles larges et, là encore, il tombe parfois dans le tricotage. Il a fait de continuels tours de force et l’on ne peut s’empêcher de penser qu’il aurait pu, avec moins de peine, obtenir souvent plus de moelleux. Ses transcriptions de Van Ostade qui, par ailleurs, sont admirables, pêchentpar cette absence de liberté; c’est une perfection sans imprévu.

Visscher a gravé deux grandes compositions originales; l'une d’elles la Faiseuse de koucks , malgré toute l’habileté qu’il y a déployée, témoigne moins d’une observation personnelle que de la pratique intime des petits maîtres; c’est un pastiche très intelligent écrit dans une langue trop parfaite. Il n’en va pas de même pour le Vendeur de mort-aux-rats, plus indépendant et de plus d’envergure. Le bonhomme et son étrange accoutrement, l’enfant qui l’escorte, sont présentés avec une ampleur et une force pittoresque remarquables. Le rendu est plus chaud, plus coloré

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Ce serait le chef-d’œuvre de Visscher comme c’est un chef d’œuvre du burin, si l’artiste n’avait gravé des portraits. Ces portraits, il ne faut pas l’oublier, Visscher les a burinés sur ses propres dessins et, comme il ne s’est pas contenté d’attribuer à ses modèles une pose banale, qu’il les a campés dans une attitude caractéristique et vivante, il a un plein mérite de portraitiste. Il faudrait citer toutes ces effigies, malheureusement peu nombreuses. Contentons-nous de rappeler Robertus Junins , Jean de Paep, Winius , et arrêtons-nous devant la page maîtresse : Gellius Douma (1656). C’est un vieillard de soixante-dix ans, mais l’âge qui a blanchi sa large barbe carrée n’a point altéré l’énergie de son regard ; pasteur vieilli dans le ministère sacré, il nous regarde, la main tendue vers nous, pour nous convaincre, assis près d’une table oîi est demeuré ouvert le livre que, toute sa vie, il a commenté. Rembrandt a, sans doute, quelque peu inspiré cette présentation; mais il n’est pas possible d’en imaginer de plus naturelle. L’exécution est au-dessus de l’éloge.

Cornelis Visscher eut quelques bons élèves. Le meilleur, Corneille Van Dalen, est surtout connu par ses portraits de Giorgione , l’Aretin et Boccace.

Dans les premières années du xvne siècle, le burin s’essaya à décrire le paysage. Un élève de Soutman, Jan van de Velde (1556-après 1641). grava d’un burin sobre, sec et pauvre des vues qu’il s’efforçait vainement

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