LE BANDIT MONTAGNARD DIVINISÉ PREMIÈRE DESCENTE : LE TYPE HÊRACLIDE
Le banni de la montagne grecque est un bandit civilisé. — In homme civilisé qui se réfugie de la plaine dans la montagne nest pas un montagnard ordinaire. C'est un montagnard supérieur.
Il a goûté aux raffinements plus ou moins grands de la vie urbaine. Il en garde le .souvenir; il en transmet (juclque chose à ses enfants. Il reste le frère de race des gens de la plaine et conserve avec eux des contacts d'un caractère plus intime. Même si l'on se bat et s'il y a des vendettas, comme en Corse, Ton sent que les choses se passent « entre cousins ».
Ce que l'homme de la montagne a en propre, et ce qu'il va développer en lui à mesure qu'il vivra de sa vie nouvelle, c'est l'esprit d'indépendance, c'est une lierté ombrageuse, c'est l'aptitude à mener une vie plus rude, propre à rendre plus fort et plus guerrier.
Dans la montagne grec([ue, en efï'et, le pâturage des chèvres et des moutons olfre bien quelque ressource. Certains arbres fruitiers s'accommodent des pentes rocailleuses et de maigres champs se laissent cultiver sur les hauteurs. Mais tout cela, en détinitive. risque de se trouver insuffisant, et une ressource nouvelle apparaît : le brigandage, plus ou moins ennobli par l'idée de vengeance que des bannis y attachent nécessairement.