‹ La Grèce ancienneChapitre 125 sur 144 · XI. — LE TYI'E MACÉDONIEN · texte numérisé non relu

XI. — LE TYI'E MACÉDONIEN

procès sensationnel n'en fut que plus grand. Eschinc, vaincu, dut s'exiler, et l'opinion donna définitivement raison à l'orateur patriote, ce qui prouve un autre lait intéressant, à savoir que la domination macédonienne, s'adaptant en Grèce à la nature des choses, laissait aux cités une autonomie très large, et une curieuse indép<'ndanc(' dans l'expression des sentiments les plus hostiles aux dominateurs.

IMiilippe est donc vainqueur, et sa victoire l'impose à toute la Grèce. Mais il triomphe en Grec, en civilisé, en calculateur. Il rend à Athènes ses prisonniers sans rançon, il prodigue (;à et là des démonstrations d'amitiés; il se rend à Corinthe et convoque les députés de toutes les cités grecques. Il leur parle, non en maître, mais en ami puissant, comme parlait Agamemnon à ses fidèles. Il demande et obtient le titre de généralissime des Grecs, et se fait promettre par chaque cité un contingent de guerriers d'élite. Il communique à son auditoire ses plans de conquistador, et soulève l'enthousiasme en parlant de revanche contre les Perses. Il donne, pour mieux gagner les cœurs, des fêtes splendides, et meurt enfin sous le poignard, non d'un Grec, mais d'un xMacédonien qui avait contre lui une vendetta personnelle. Mais cette mort ne fait que remettre le pouvoir aux mains d'un homme encore plus étonnamment doué que lui, et dont le génie individuel, merveilleusement d'accord avec les circonstances sociales qui lui permettent de donner toute sa mesure, va donner au monde un spectacle stupéhant.

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