‹ La Grèce ancienneChapitre 16 sur 144 · l.i: ItANIHT MONTAGNAHD DIVINISÉ · texte numérisé non relu

l.i: ItANIHT MONTAGNAHD DIVINISÉ

On représente encore Hercule luttant corps à corps avec le fleuve Achéloiis. Décid«''iuent les fleuves étaient de rudes adversaires pour nos lléraclides Or, ils ne pouvaient pas élrc terribles par leur grandeur, puisque, au contraire, ils étaient généralement minuscules. Ce qu'ils avaient de redoutable, c'étaient ces dép<Ms marécageux. Hommes entreprenants et puissants organisateurs du travail, les Héraclides luttèrent <( corps à corps » contre ce fléau des marécages, et menèrent à bonne fin des besognes que nos ingénieurs modernes n'osent plus entreprendre aujourd'bui.

Hercule est encore un fendeur de rochers ; mais ici la légende, manifestement influencée par des additions phéniciennes, transporte l'exploit-type au détroit de Gibraltar, que le demi-dieu aurait créé en écartant deux montagnes Tune de l'autre. Il est probable que les Héraclides ont, dans ce genre, accompli en Grèce même des exploits plus modestes, mais plus nombreux. Il fallait faire sauter des rochers pour créer des passages dans la montagne grecque. Ils le firent, et l'admiration qu'on eut pour ces œuvres éminemment utiles les fit confondre par analogie, dans la suite, avec d'autres histoires d'un caractère exotique et plus merveilleux.

Les montagnards maîtres de la mer. — Ce n'est pas que tout soit invraisemblable dans les voyages d'Hercule. Les montagnards Héraclides, en établissant leur domination sur le bas pays, devenaient évidemment maîtres des ports et de la marine.

Jupiter a un autre frère, Neptune (Poséidon), qui va devenir le dieu des mers, comme Pluton sera le dieu des enfers. Les légendes sur l'enfance de Jupiter réfugié en Crète montrent d'ailleurs que les aventuriers de la montagne savent aussi, à l'occasion, être les aventuriers des flots. Du reste, en Grèce et sur tous les rivages grecs, la montagne est souvent très voisine du rivage et les nombreuses criques de celui-ci, formées par les projections de celle-là, fournissent des abris merveilleux à ceux qui veulent essayer la profession de pirates. Or, qu'est-ce qu'un

pirate, sidou ud bandit de la mer? C'est donc un peu partout que les dominateurs des nouvelles couches deviennent les maîtres et impriment leur cachet à la vieille société pélasgiquc dont ils sont issus — comme Jupiter et Neptune sont issus de Saturne — mais qu'ils refondent sur un modèle nouveau.

Le progrès agricole, industriel et commercial. — Le triomphe des lléraclides, nous venons de le voir, se traduit tout d'abord par des progrès matériels. L'agriculture est poussée en avant par le drainage, et une fille de Jupiter, Cérès iDéméter) va désormais être proposée à l'adoration des cultivateurs. La fa- Ijrication, elle aussi, parait être active. C'est surtout la métallurgie qui est en grand honneur. Nous sommes en plein « âge d'airain » et nous avons vu les Cyclopes travailler au casque de Pluton. Ces Cyclopes, qui les surveille et les dirige? Un fils de Jupiter, Vulcain. Son père l'a quelque peu malmené, mais on a besoin cjuand même de ses services, et ceux-ci excitent un incontestable enthousiasme. Il y a donc un dieu forgeron. Et il y a aussi un dieu commerçant, iMercure (Hermès), mais qui, par la nature même de ses fonctions, empruntera quelques-uns de ses traits aux légendes orientales. Comme il voyage, on en fait le messager des dieux. Un colporteur, en l'absence de la poste, est tout désigné pour être facteur. Du reste, le rétablissement de la sécurité ne peut que favoriser les transactions commerciales, tandis que le drainage des marais, en rendant salubres des vallées malsaines, contribue puissamment au relèvement de la santé et du bien-être de toute la race.

Mais les progrès matériels ne sont pas les seuls ijui s'épanouissent avec l'avènement des lléraclides. Déjà ouverte au culte du beau, la race opère à ce moment-là une nouvelle ascension intellectuelle. Les arts et les sciences, sous l'impulsion des terribles Mécènes de la montagne, prennent un plus vigoureux essor.

Alors ;q)p;irait Apollon.

En tant que * dieu du Soleil », il est bien clair que le t}pe d'Apollon se confond avec une divinité fort ancienne, dont le

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