‹ La Grèce ancienneChapitre 18 sur 144 · II. — LE lîANDIT MONTAGNARD liIVIMSK. .'U · texte numérisé non relu

II. — LE lîANDIT MONTAGNARD liIVIMSK. .'U

que se tourne désormais l'enthousiasme des chanteurs et des poètes, preuve qu'une nouvelle école a surgi, plus brillante que les écoles précédentes, et s'impose désormais à l'admiration de toute la race.

Jupiter père des Muses. — Mais Jupiter, comme on le sait, a d'innombrables enfants. Père d'Apollon, le seigneur de l'Olympe est encore le père des Muses'. Il les a eues de Mnémosyne, déesse allégorique dont le nom veut dire « mémoire ». Pour comprendre le sens de ce mythe, il faut bien se représenter l'importance qu'avait la faculté mnémonique à une époque où l'enseignement se faisait sans livres, et où les maîtres ne pouvaient transmettre leur savoir à leurs élèves qu'en « serinant » à ceux-ci des vers ou des airs. Pour faire naître la poésie, il fallait la richesse et la puissance, représentées par Jupiter; mais il fallait aussi les heureuses dispositions intellectuelles, l'apprentissage patient, l'étude telle qu'elle était alors possible, c'est-à-dire celle de l'écolier qui écoute et qui répète. De là ce mariage admirablement trouvé entre le « roi des montagnes » érigé en « Mécène » et cette heureuse « mémoire » sans laquelle les efforts du grand patron eussent été vains.

Les Muses étaient montagnardes, comme leur père Jupiter et leur frère Apollon, qui est aussi leur précepteur. Elles habitaient le Parnasse, THélicon. le Pinde, ou même l'Olympe. Elles étaient au nombre de trois, nombre qui ne fut multiplié par trois que plus tard. C'étaient M?iémé, Mélété et Aoidé, en d'autres termes la Mémoire, la Méditation et le Chant. L'importance de la faculté mnémonique éclate tellement aux yeux que le nom de Mémoire, qui sert à désigner la mèy^e des Muses, sert à nommer la première d'entre elles. La première condition pour être musicien ou poète, c'est d'avoir un acquit. Mais il ne suffit pas de se souvenir, il faut créer, et, pour cela, réfléchir. Alors intervient la seconde Muse. Picste à envelopper cette création dans une

1. Voir notre article sur « La légende des Muses » {Science sociale, t. XXVII, p. 486, livraison de juin 18D9).

belle forme, et c'est l'œuvre de la troisième Muse, celle dont la fonction est de chanter.

La « musique » et l'ébauche des sciences. — De Muse vient musifjur, mot beaucoup plus compréhensif chez les Grecs que chez nous. La musique, c'était tout ce qui pouvait s'apprendre dans le commerce des Muses : la poésie et la mélodie tout d'abord, mais aussi toutes sortes de connaissances intellectuelles et désintéressées. La division du travail n'existe pas encore dans les besognes de l'esprit. Le même homme est poète, penseur, savant. Les sciences, encore à leur berceau, ne constituent pas encore ces prodiiiieux amas de connaissances qui obligent les modernes à se spécialiser comme nous le voyons. Il en résulte, dans rintelligence de ceux qui « fréquentent les Muses », un équilibre plus harmonieux.

Pourtant quelques sciences commencent à manifester, pour ainsi dire, l'intention de bourgeonner à part sur le tronc commun de rarl)re cultivé par les Muses. C'est d'abord l'astronomie, qui existe en fait, constituée à part, chez les Phéniciens, les Egyptiens, les Chaldéens, et qui aura bientôt chez les Grecs sa Muse spéciale, Uranie. C'est ensuite la médecine, dont le rôle utilitaire suscite évidemment un genre d'études un peu spécial.

Or, la médecine, avec les Iléraclides, paraît faire un sensible progrès. C'est ce que la légende exprime en donnant à Apollon un fils d'une rare popularité : Esculape. Ce dieu a pour précepteur le Centaure Cliiron, ce qui montre que des connaissances médicales existaient déjà dans la vallée, selon toute vraisemblance, avant la domination des Héraclidos, mais ([ue ceux-ci surent les mettre eu valeur et les perfectionner. Comme les Muscs deviennent lincarnation de la poésie, Esculape deviendra lincarnaliou de la médecine elle-même.

La nouvelle mythologie greffée sur la religion pélasgique. — D'après tout ce que nous venons de voir, la descente des Iléraclides jetle un certain (rouble dans la religion.

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