‹ La Grèce ancienneChapitre 2 sur 144 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Ce titre, « L'IIisto?)'e expliqiu'c par la science sociale », n'est pas un vain titi-c, placé ici simplement pour étonner le lecteur. Il répond à une réalité dont on va pouvoir apprécier toute la portée.

Les lecteurs habituels de la Revue La Science sociale et de notre Bibliolhèqiie sociale savent, par de nombreux exemples, quelle lumière cette science projette sur les faits du passé. L'exemple le plus remarqualde est V Histoire de la formation partie II la)nste d'Henri de Tourville, qui a établi méihodlquoraent les causes historiques qui ont créé la supériorité de l'Occident sur rOrient, des peuples modernes sur les peuples de l'antiquité ^

Le résultat de la science sociale est de mettre en relief les rapports de cause à effet, ou les répercussions qui existent entre les divers phénomènes sociaux. La constatation de répercussions concordantes amène à déterminer des lois sociales, par un procédé analogue à celui qui a permis de déterminer les lois physiques ~.

La même méthode s'applique à Ihistoire.

La connaissance des lois qui régissent les sociétés actuelles directement observables, permet de déterminer, beaucoup plus

1. Celte liistoire, d'abord publiée dans la Science sociale, a été ensuite réunie eu volume. Un vol. gr. in-8" (10 fr.). Librairie Firmin-Didot.

2. Les fondements de la Science sociale, posés par Le Play, ont été ensuite perfectionnés et affermis par soixante et quinze années de travaux colleetifs poursuivis sans interruption jiar deux iiénéralions de travailleurs.

PMKFACE.

cxjiclciiKMil (|nc iir |K'iivciit le faire les érudils et les historiens, les lois <jiii oui régi et qui expliquent les sociétés anciennes. Ainsi Olivier, [)ar la connaissance exacte des espèces animales actuellement vivantes, a pu, de science certaine, reconstituer les espèces fossiles, dont il ne possédait cependant que des spécimens incomplets.

L'application de cette méthode à l'histoire de la Grèce ancienne [)crmettra au public d'apprécier plus facilement les résultats auxquels on arrive. Tout le monde en eil'et connaît plus ou moins les faits de cette histoire, qui sont un des fondements de notre enseignement classique. Mais ce qu'on ignore et ce qui est cependant l'essentiel, ce sont les rapports étroits et nécessaires qui existent entre ces faits : pourquoi et comment ils se répercutent les uns sur les autres; comment, dès lors, ces répercussions expliquent la société grecque et la diflërencient de la société égyptienne ou de la société romaine, par exemple.

.Jusqu'ici, le type grec ancien n'avait été décrit, dans la Science sociale et d'après sa méthode, que d'une façon en quelque sorte fragmentaire, par des collaborateurs divers et au hasard (le leurs éludes personnelles. Il s'agit ici de développer ces fragments et ces ébauches, de les lier et d'exposer enfin, en un récit suivi, la complète évolution de ce type social unique dans l'histoire de l'humanité, jusqu'ici inexplicable, ou tout au moins mal expliqué.

.lai demandé à mon ami et collaborateur, M. 0. d'Azambuja, de nous donner cette histoire nouvelle de la (irèce ancienne. Il était particulièrement préparé à entreprendre cette (puvre, par ses études antérieures parues dans la Science sociale.

Il y a d'abord publié une étude très fouillée sur le type grec actuel, d'après une observation monographique'. Cette observation du type grec vivant était la meilleure préparation pour .irriver ensuite i\ la coimaissance raisonnée du type grec tossib', si je puis ni"ex[)riniei' ainsi.

I. /';((• finnillr <ircviptc, ilnns une petite ville île luniuir ^Science sociale. l. XVU el WHl).

l'IiKKACR. \I

Il nous a ensuilc doiiiié, à la lumiôrc de la. science sociale, une série d'rtudes li-t^s remarquées et qui étaient en quelque sorte les pierres d'attente de la présente histoire : les Ancêtres de Socratc; Socrate et son groupe; Aristote; Aristophane; le portique de Zenon e( les jardins d'Épicure ; la Légende des Muses; Pindare et les Pindariques; le type de Tyrtée; la Fatalité anticpie ; le type d'Orestc; l'École alexandrine, etc. '.

Enlin, par son origine provençale, M. d'Azambuja était encore particulièrement préparé à comprendre et à faire comprendre cet esprit méditerranéen, dont l'esprit grec a été, dans l'antiquité, la plus haute expression. Et comme il est, de plus, un lettré profondément touché par la formation classique, il a su naturellement penser et s'exprimer comme un (iiec ancien. Sa langue a la clarté, la simplicité et la limpidité de celle des hommes dont il nous raconte l'histoire.

Mais cette publication présente un autre intérêt «{ue je dois signaler.

Je poursuis, à V École des Roches, avec le concours de mes dévoués collaborateurs, Fonivre diflîcile de modifier non seulement les méthodes d'éducation pour les mieux adapter aux conditions nouvelles de la vie, mais encore les méthodes d'enseignement pour les mettre à la hauteur des derniers progrès de la science sociale.

Pour cette œuvre d'enseignement nouveau, les livres classiques dont on se sert actuellement dans les écoles sont vraiment insuffisants. Cet ouvrage inaugure donc la Collection des classiques de l'Ecole des Roches, qui sera continuée avec le concours des collaborateurs de la Science sociale et des professeurs de ï École des Roches.

Ainsi qu'on va le constater, cette Collection diffère des « classiques » employés jusqu'ici, en ce que les faits, ou les phénomènes, sont présentés dans l'ordre où ils sont déterminés les uns par les autres, où ils se répercutent les uns sur les autres.

1. Ces diverses études ont |iani dans la Science sociale, et .seront réunies en volume.

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