‹ La Grèce ancienneChapitre 34 sur 144 · IV. — LK lîANDlT A LA MEH · texte numérisé non relu

IV. — LK lîANDlT A LA MEH

lustre i;révisto. Celui-ci a écouté poliment les orateurs, mais n'a pas bougée. C'est seulement quand Patrocle, son ami Patrocle, a étr tué par Hector, qu'Achille bondit de colère et, mettant la vendetta de son fidèle compaiinon d'armes au-dessus de sa propre vendetta, se décide à sortir de sa tente.

La tente d'Achille n'était pas une tente. Les Grecs, sur le rivai; e de Troie, logeaient dans des cabanes ou baraques, probablement en bois et en terre, et couvertes de roseaux. Celle d'Achille est représentée comme divisée en plusieurs salles, dont certaines sont réservées aux femmes et au butin. Il y a des chambres séparées pour Achille et Patrocle. Autour de la baraque s'étend un enclos entouré d'une palissade. La porte se ferme au moyen d une barre. Quant au camp tout entier, il a pour rempart les vaisseaux eux-mêmes, qui ont été tirés sur le rivage et disposés de façon à constituer une ligne de défense. On les couvre de chaume pour les abriter des intempéries. Car, dit la légende, le siège est long. Il faut dix ans pour prendre la ville de Priam, et, si la légende mentionne ce laps de temps, c'est qu'il était vraisemblable. Il y avait donc des expéditions de piraterie d'une longue durée, et il fallait fonder une manière de ville sous les murs même de la ville que l'on assiégeait. Les machines de guerre, en effet, paraissent totalement inconnues, et des murailles de pierre, convenablement défendues, peuvent défier pendant longtemps les assauts de nos bandits, si intrépides soient-ils. On attend donc l'occasion, et, en attendant, on se livre des combats singuliers, on ravage les alentours, on imagine des ruses pour s'introduire dans la place, soit temporairement, comme Ulysse et Diomède lorsqu'ils vont enlever le « palladium », soit définitivement, comme les guerriers enfermés dans le « cheval de bois ». En d'autres termes, on bloque la ville qu'on veut piller, et l'on guette un incident quelconque à la faveur duquel on puisse faire irruption dans les remparts mal gardés. Pour donner une idée de ce qu'avait d'enfantin la tactique d'alors, il suffit de rappeler que la légende attribue à Palamède, un des héros grecs du siège de Troie, l'invention du mot d'ordre et des sentinelles. On met encore au

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compte du même héros l'inventioa des phares, celle des |)ronostics météoi'olosiques, et cnlin — il faut tuer le temps durant un siège — celle des dés et des échecs.

Les fouilles de Schliemann semblent attester qu'une des sept villes superposées — la seconde en commençant par le bas — fut complètement détruite par un terrible incendie. (]e serait la Troie d'Homère, et la réalité concorderait avec les documents poétiques. Notre coalition de pirates aurait donc été victorieuse. Ces sortes de victoires étaient redoutables pour les vaincus. On massacrait, on pillait, on enlevait. I.e vieux Priam, dit la tradition, fut tué sans merci. Ses femmes, filles ou belles-filles furent emmenées comme esclaves : Hécube, par Ulysse; Gassandre, par Aeaniemnon ; Andromaque, par Néoptolème ou Pyrrhus, fils d'Achille. Ce fut pour Ilion la destruction complète. Seul, un groupe de fugitifs, conduits par Énée, se sauva par mer, à la façon des antiques Pélasges, et, doublant la Grèce peuplée d'ennemis, vint aborder sur les rives d'une autre péninsule où s'étaient déjà répandues d'autres populations pélasgiques non hellénisées. Ce n'est peut-être pas à tort que les Romains vont rattacher leur origine à celle des Troyens. L'expansion du type hellène avait laissé, à droite et à gauche de la Grèce propre, de vastes territoires méditerranéens demeurés plus ou moins fidèles aux vieilles mœurs pélasgiques, et ces extrêmes se ressemblaient alors plus qu'ils ne ressemblaient aux populations intermédiaires. Il n'est donc pas impossible que des vaincus d'Asie Mineure aient pris la fuite vers l'Italie.

Les retours de pirates : leurs mésaventures. — Mais tout n'est pas de vaincre : il faut ristourner clu'z soi. Or. il est mauvais pour un bandit d'aller exercer trop loin son métier de pirate et surtout de rester trop longtemps absent. Sa puissance dans une localité, nous l'avons vu, tient trop à sa valeur personnelle, à ses qualités personnelles de persuasion, aux relations qu'il a su conquérir et entretenir personnellement. Dans ces conditions, plusieurs années d'absence mettent un liomme dans un grave état d'infériorité, surtout si les richesses mobilières ac-

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