‹ La Grèce ancienneChapitre 37 sur 144 · IV. — LE BANDIT A I.A MKH. H · texte numérisé non relu

IV. — LE BANDIT A I.A MKH. H

rc pi'«)!)l('mc. Disons seiileiiieni un mot de cette poésie c'[>i(]ne tlout l'inllucncc est demeurée si étonnante depuis trois mille ans.

V Iliade et YOdyssre sont écrits en ionien primitif, ou ionienachécn, langue qui, en éliminant plus tard certains éléments retenus par le dialecte éolien, deviendra la laneue ionieime classique. Toutes les traditions s'accordent à faire naître l'auteur en lonie, c'est-à-dire sur la côte occidentale de l'Asie Mineure '. Tout cela semble prouver que les poèmes ont pris naissance vers une époque légèrement postérieure à celle de la guerre de Troie, c'est-à-dire lorsque les Achéens et les Ioniens, comme nous allons le voir, furent obligés d'évacuer en partie le Péloponcse pour refluer vers l'Asie. Mais l'état social reflété par la poésie est bien celui que nous venons de décrire. Ce qui enchante les imaginations, ce sont les expéditions, les aventures, les beaux pillages, les belles ripailles, les exploits de pirates et de casse-cou. Et les aèdes, hébergés chez les chefs, chantent naturellement ce qui fait plaisir à ceux-ci. Homère (ou la collectivité de poètes que l'on voudra) arrive sans doute au déclin de cette période, au moment où tout craque et sombre, comme Camoëns arrivera, dans son temps, à l'heure où s'évanouit la splendeur de la colonisation portugaise. Mais c'est précisément à ces heures suprêmes des civilisations que Ton voit les génies caractéristiques, interprètes ou résumés de leur époque, jeter le plus vif éclat.

Si Homère a existé, on peut très bien se le représenter sous des couleurs voisines de celles de la légende. C'est un Ionien très cultivé, plein de souvenirs, mais vivant déjà dans une époque malheureuse. Il voyage, il erre de ville en ville; il connaît, comme Ulysse, les mœurs de beaucoup de cités. Il utilise vraisemblablement des chants nombreux que d'autres aèdes ont composés avant lui, et profite de leur expérience pour faire quelque chose de mieux. Il soufire d'une ingratitude qui est peut-être liée à la crise matérielle traversée par la société ionienne. Il trouve enfin à Ischia des Mécènes riches et généreux :

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