V. — LE IJANDIT nirSTE KT MILI TAKISTi
tioiinôe plus haut, lue liyj)otli('S(' curieuse, mais uon vérifiée, prés«M)(c les Uoriens comuic arrivant avec des armes de ier et triomphant ainsi des Achécns moins bien outillés, (jui en étaient restés k l'Ag-e du bronze. Une autre hypothèse est que les « trois Héraclides » représentent au moins trois invasions successives, et que l'arrivée des Doriens dut se faire par petits paquets. Quoi qu'il en soit, un incontestable refoulement se produit, mais il faut s'entendre. Ceux qui évacuèrent le Péloponèse n'étaient pas « le peuple », ces cultivateurs pélasges toujours attachés au sol de leurs petites vallées. C'étaient les maîtres, les guerriers, les « nobles », tous ces petits anax dont nous avons décrit le type. Beaucoup s'enfuirent par mer, et nous les retrouverons en parlant du mouvement colonial. D'autres — c'étaient des Achéens — se trouvèrent projetés, par le remous de l'invasion, sur les Ioniens qui habitaient au nord du Péloponèse, le long- du golfe de Corinthe, et se consolèrent d'être chassés par les Doriens en chassant ces Ioniens, dont le territoire reçut de ces nouveaux maîtres le nom d'A<ihaïe. Les Ioniens, à leur tour, s'enfuirent en Aitique, mêlées à des Éoliens de l'Elide, et notamment à des « princes » de la famille de Nestor, les Néléides. Nous retrouverons, en parlant de l'Attique et de llonie, les conséquences de cette « émigration » d'aristocrates. Cette émigration, sur le moment, eut pour résultat de condenser à haute pression, pour ainsi dire, dans cette petite péninsule de l'Attique, les forces de résistance de la race ionienne, et cette résistance se traduisit par la fameuse bataille où les Athéniens, dit-on, brisèrent délinitivement l'élan, de l'invasion dorienne, grâce au dévouement de Codrus, leur dernier roi.
Mais, dans le Péloponèse, le triomple des Doriens était à peu près complet, et il en résultait, pour la culture intellectuelle de ce pays, un brusque mouvement de dépression, analogue à celui qui venait de se produire en Thessalie. C'était l'engloutissement de la civilisation mycénienne. Il faut croire que, vers la même époque, certaines « routes » commerciales perdent quelque chose de leur importance. Sans doute le bandit dorien, au premier moment tout au moins, a la main trop lourde et les
vues trop courtes. Il tue la poule aux œufs d'or et décourage le trafic. Mycènes tombe dans l'abandon. Arg-os devient une cité de deuxième ordre. Téménos, l'un des trois « Ilcraclides », s"y installe après la conquête, et ses descendants établissent leur domination sur Trézène, Épidaure, Ég-ine, Phlionte. Cresphonte occupe la Messénie, à l'extrémité opposée de la presqu'île. Deux lléraclides obscurs étendront plus tard leur pouvoir sur deux cités maritimes importantes, Corinthe et Sicyone. Oxyîos, le chef des montagnards étoliens, allié des Doriens, remplace les descendants de Nestor dans l'Élide. Les Arcadiens, toujours peu accessibles au centre de la péninsule, moins touchés par cette invasion, comme par les précédentes, se trouvent seulement soumis à une sorte de protectorat par les Doriens qui les entourent. Mais c'est surtout dans la région sud-est que va se développer, avec une pureté absolue et une intensité toute particulière, le type social amené par Fenvahisscur. Cette région, c'est la Laconie. Si brillante avec Ménélas et ses Achéens, elle va, sans doute après une éclipse, prendre un éclat aussi vif, mais d'une nature fort différente. La Sparte ancienne a disparu, et une Sparte tout à fait nouvelle va se lever à l'horizon.
Les Doriens campés en Laconie : la Sparte nouvelle. — Les Doriens <|ui était'ut allés jus([u"à Sparte étaient ceux qui avaient fait le plus de chemin et qui, une fois sur le théùtre de leur conquête, se sentaient le plus isolés. Cet isolement était dangereux, car les Achéens, malgré leur décadence, n'étaient pas des adversaires méprisables, et la population paysanne, assez nombreuse, était difficile à dominer, étant donné surtout le petit nondire des vainqueurs. Tout oblige à admettre que la situation de ces vainqueurs dans la vallée de l'Eurotas était pleine de périls. Évidemment, bien des bandits achéens avaient dû continuer à « tenir la montagne » autour de cette vallée, et à harceler puissamment les envahisseurs. D'autre part, les Doriens étaient trop loin de leur pays d'origine et la manière même dont ils étaient venus, sur cette flotte de radeaux, était