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par trop ai'tificioUo, pruir qu'ils pussent avoir sérieusement l'espoir de recevoir des lenforfs.
En outre, les lléraclides et les Hellènes, hommes d'initiative, avaient, en Laconie comme ailleurs, poussé en avant le type pelasse. Le pays était cultivé et prospère. 11. existait sur les cotes un certain commerce, et par conséquent une certaine catéi;orie d'hommes enrichis. Les Doriens avaient donc à craindre, non seulement les Achéens guerriers, mais encore la population laborieuse du pays, capable de produire des individus supérieurs et de constituer des noyaux de résistance. Cette résistance des classes inférieures, plus redoutables aux Doriens que celle des anciens Pélasges ne l'avait été aux Héraclides et aux Hellènes, il fallait la briser, et on la brisa. On la brisa selon la formule dorienne, engendrée par l'éducation dorienne, c'està-dire avec un déploiement de force brutale que la nécessité devait rendre ingénieuse.
Les anciens habitants du pays, adonnés à la culture des terres, avaient déjà été exploités par les Héraclides et les Achéens. Mais, avec les Doriens, ils furent soumis à un servage particulièrement dur, celui des ilotes. L'ilote n'était pas un esclave dans le sens exact du mot. Il était attaché non à la personne, mais à la glèbe. Il gardait son foyer et ne pouvait être vendu. Il travaillait pour le compte d'un maître, car les Doriens s'étaient partagé le pays; mais ce maitre n'était pas un agriculteur, c'était un militaire, qui demeurait exclusivement militaire, et résidait habituellement à Sparte avec les autres « seigneurs », non moins militaires. On voit d'emblée combien ce servage différait de celui que la féodalité devait organiser plus tard. L'ilote était le tenancier du Spartiate, tenancier pressuré par son maitre, mais que l'agriculture tendait toujours à relever malgré l'oppression. L'ilote pouvait faire des économies et se racheter. On l'emmenait à l'armée comme soldat auxiliaire. On cite des batailles où chaque Spartiate, pesamment armé, avait avec lui, pour le seconder, sept ilotes armés à la légère. L'ilote jouissait donc de droits, de facilités, d'honneurs même que les esclaves n'avaient pas.
Mais cette supériorité relative de l'ilote était précisément, pour les Dorieiis, un péril auquel il fallait veiller. Ce péril n'était pas imaginaire. A Argos, les Doriens, maîtres du pays, furent renversés du pouvoir, nous dit Hérodote, par les serfs qui profitèrent d'une défaite dans laquelle beaucoup de guerriers avaient péri, et ces serfs ne furent renversés à leur tour que par les enfants, devenus grands, des Doriens dépossédés. Ce qui s'était passé à Argos pouvait se passer à Sparte. Il y avait donc lieu de se tenir sur ses gardes, et les Spartiates s'y tenaient bien.
D'abord, comme nous lavons dit, ils n'évoluèrent ni vers la culture, ni vers l'industrie, ni vers le commerce. Ils demeurèrent guerriers. De plus, ils demeurèrent groupés au centre du pays, tandis que les ilotes étaient naturellement éparpillés dans les campagnes en petites communautés. Les ilotes étaient l'objet dune rigoureuse surveillance. Une tradition digne de foi veut que, pour diminuer la force physique de leurs serfs, les Spartiates leur aient de temps à autre tirt' du sang. Des massacres partiels empêchaient la population de trop se développer. On dressait les enfants à chasser les ilotes. Pour se faire une idée de la situation des Spartiates en Laconie, on peut imaginer celle d'une petite garnison très brave et très bien armée, occupant une citadelle dans une ville ennemie très populeuse, y faisant régner l'état de siège, y défendant les attrou[)ements, y imposant des contributions et faisant disparaître toutes les notabilités autour desquelles un mouvement insurrectionnel pourrait se former.
Les ilotes affranchis s'appelaient néodanwdcs. Euv aussi, bien qu'ils fussent le produit dune sélection approuvée par les maîtres, étaient parfois supprimés, par précaution. Au-dessus des néodamodes so trouvait une autre classe, celle des périèques, hommes libres privés de tout droit politique. Ces périèques étaient des artisans, des commer<;ants, et surtout des navigateurs du rivage, répandus sur le pourtour du pays. C'était un reste, soit des anciens Achéens, soit de Pélasges ayant évolué vers la formation commerciale. Hommes peu dangereux, et qui