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I. — Li:S PAYSANS BATISSEURS HK I.A VALLEi

g"ardor. Rien n'est donc plus naturel que de se défendre et de mettre à l'aljri, autant que possible, hommes, troupeaux et récoltes. Or, les matériaux de la défense ne nian([uaient pas. Non seulement, en Grèce, la colline pierreuse est partout voisine de la vallée, mais la vallée elle-même est encombrée de rocs, de moraines, de gros cailloux <[ui embarrassent les cultures. Les Pélasges, faisant d'une pierre deux coups, construisirent donc des villes ceintes de grands murs de pierre, dits murs cyclopéens. Ces murs étaient formés d'énormes blocs, bruts ou taillés, posés les uns sur les autres sans ciment. Ils témoignent, sinon d'une grande entente de la maçonnerie, du moins de la mise en commun de grands eiforts. C'étaient des œuvres collectives, nécessitant l'union et le dévouement de tous aux intérêts de la communauté.

Le cloisonnement des territoires amène le fractionnement par cités. — Quelle communauté? — Il sagit évidemment d'un cadre plus vaste que la famille et englobant, comme l'impose la nature des lieux, l'ensemble des personnes habitant dans un de ces compartiments à ceinture montagneuse dont nous avons parlé plus haut. Ces personnes sont d'ailleurs de même origine, et cette origine est patriarcale, ce qui rend naturellement attrayante la vie en commun. Si la nature du travail, contrairement à ce qui se passe dans les steppes à vie exclusivement pastorale, oblige la grande communauté patriarcale à se diviser en plusieurs groupes comprenant un ou deux ménages, le souvenir des ancêtres communs persiste fidèlement. Les familles qui se sentent ainsi reliées entre elles par un ancêtre unique se groupent sous un nom spécial, celui de phratries; et l'ensemble des phratries, contenu dans la ceinture de collines ayant pour centre la ville pélasgique, formera un autre groupement social d'une souveraine importance : la Cite.

La Cité grecque n'est pas la ville., et ce n'est pas non plus VEtat. Le mot grec polis, d'où nous avons tiré police, policer, politesse et politique, exprime essentiellement un groupement d'hommes vivant sur un territoire dont l'étendue peut varier

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entre celle dun canton et celle d'un grand arrondissement français, possédant en général sur ce territoire un centre urbain, ville ou gros village, et jouissant, dans cette case territoriale, soit d'une indépendance complète, soit d'une autonomie plus ou moins large sous le protectorat d'une autre cité. Nous avons dit que les communications, en Grèce, sont difficiles par terre. La montagne, avec ses escarpements, est un principe de division. Les groupes démigrants qui se sont installés successivement dans ces vallées isolées les unes des autres, ont donc pu s y organiser d'une façon entièrement libre, et se créer de petits gouvernements indépendants, des municipalités ne relevant que d'elles-mêmes, mais dont le pouvoir s'étendait parfois sur une très large banlieue.

Toutefois, si la montagne est un principe de division, la mer, où les communications sont faciles, demeure un principe d'unité. Quoique indépendantes les unes des autres, et souvent en guerre les unes contre les autres, les cités grecques se sentent et continueront à se sentir sœurs. La langue, avec des variantes, demeurera la même. Le fond de cette langue, autant qu'on a pu en juger par l'étude du dialecte arcadien, ressemblait plus au latin que ne lui ressembla le grec de l'époque postérieure. C'est que les Pélasges dispersés sur les divers rivages de la Méditerranée étaient alors moins éloignés de l'époque antérieure à leur dispersion.

On conjecture que les pouvoirs publics chez les Pélasges consistaient probablement en un conseil surtout cultural pour gérer les intérêts culturaux, avec un chef militaire pour veiller avec les jeunes gens à la garde des remparts.

On peut se faire une idée approximative de la cité pélasgique en considérant la fameuse ville de Troie. Si les Troyens n'étaient pas de purs Pélasges, ils représentaient tout au moins un type en retard, beaucoup moins influencé que la Grèce par l'apparition de nouvelles couches sociales. Priam, roi de Troie, est un monarque à physionomie patriarcale. 11 pratique la jiolyganiie. Il n'est pas belliqueux. Son fils Hector est brave, mais d'uue bravoure calme et raisonnée, celle d'un guerrier urbain qui défend

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