‹ La Grèce ancienneChapitre 70 sur 144 · VII. — r.\ COIN II lOMC EN ATTIul f:. IGl · texte numérisé non relu

VII. — r.\ COIN II lOMC EN ATTIul f:. IGl

épo(jiio légèrement postérieure àPisistrate, ([ue nous avons Jaissé pour nous occuper de son « client » Thespis.

L'instabilité engendrée par le commerce : le rôle de Clisthènes, — Pisistrate avait tant fait pour la prospérité d'Athènes que, lui mort, ses deux fils liipparque et Ilippias héritèrent du prestige qu'il avait eu. Eux aussi se trouvèrent, de fait, les « tyrans » d'Athènes. Mais ces sortes de pouvoirs, uniquement appuyés sur la faveur populaire, sont instables de leur nature. Les vieilles rivahlés de clans persistaient toujours, et les qualités personnelles du père n'avaient pu se transmettre intégralement aux fils. Une conspiration se trama donc contre les deux « tyraos ». Harmodius et Aristogiton.qui avaient contre eux des motifs particuliers de vendetta, parvinrent à tuer Hipparque, mais Ilippias leur échappa et les fît mettre à mort (oiï). Comme il arrive en pareil cas, une recrudescence de sévérité marqua cette répression, et les « bannissements » s'en ressentirent. Au nombre des bannis étaient Clisthènes, qui s'était réfugié à Sparte. C'était l'époque où les Spartiates, grâce à leur entraînement militaire, venaient d'étendre leur hégémonie sur le Péloponèse. Comme jadis du temps d'Étéocle et de Polynice, les bannis de grande famille allaient, dans les autres cités, remuer ciel et terre pour rentrer vainqueurs dans leur patrie. Cléomène, roi de Sparte, intervint donc dans les querelles d'Athènes, et marcha sur cette ville pour réintégrer les bannis. Hippias, se sentant trop faible, s'enfuit chez les Perses, qu'il devait exciter bientôt à marcher contre ses proscripteurs.

Le patriotisme, comme on le voit, revêtait dans la cité grecque une forme singulière. L'amour de la cité était très ardent. Seulement, lorsqu'on était banni — et répétons ici que «le bannissement est un des faits sociaux les plus importants de la Grèce ancienne — on n'avait rien de plus pressé que de susciter un ennemi à sa patrie pour s'y faire réintégrer. Il faut dire que ces interventions étrangères laissaient intacte, en principe tout au moins, l'autonomie de la cité. Les « amis » du banni,

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après avoir restauré leur homme, se retiraient, contents d'avoir une intelligence dans la place, que ce contentement fût fondé ou non; car la passion de se faire des amis, dont nous avons constaté llmportance à l'époque homérique, n'avait pas disparu. Seulement cette passion ne caractérisait pas seulement les individus; elle était aussi le mobile des cités, et des réseaux d'amitiés entre-croisées se tissaient ainsi à travers les petites souverainetés de la Grèce, qui avaient bien l'idée d'être prépondérantes, mais rarement celle à'anne.ier.

Clisthènes appartenait à la famille des Alcméonides, ennemie jurée des Pisistratides. C'était lui qui était désormais, à Athènes, l'homme influent. Mais la société avait encore évolué depuis Solon. De nouvelles fortunes s'étaient créées ; des étrangers avaient afflué en foule; de nombreux esclaves avaient été affranchis. Tout cela était l'effet du commerce, de la prospérité qu'il engendre, et de l'instabilité qu'il entraîne. Clisthènes, adaptant ses mesures aux nécessités de la situation, donna le droit de cité à un grand nombre des métèques et d'affranchis. Puis, rompant avec les traditions, il substitua aux quatre anciennes tribus de rx\ttique dix tribus nouvelles, d'un caractère artificiel. La phratrie semble dès lors tomber un peu dans l'oubli, et le d(-nie, en revanche, ou circonscription territoriale, joue un rolc plus marqué. La constitution de Solon subit des amendements dans un sens plus démocratique. Le Sénat, de quatre cents membres, passe à cinq cents. L'assemblée du peuple est réunie plus souvent. Les archontes, tout en conservant leur situation honorifique, voient encore leur pouvoir diminuer. Une partie de ce pouvoir passe aux stratèges, ou généraux. Chaque tribu a le sien, et, en cas de guerre, plusieurs stratèges, destinés (\ se surveiller mutuellement, commandent ensemble, ou plus exactement chacun à son jour.

La jalousie démocratique : l'ostracisme. — L'assemblée se tenait sur l"ai:ora. Tout citoyen pouvait y prendre la parole : ceux qui avaient plus de cinquante ans conservaient néanmoins le droit de parler les premiers. Chacun, de même, pouvait pro-

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