‹ La Grèce ancienneChapitre 75 sur 144 · VII. — IN COIN D lONIE EN ATÏIOI E · texte numérisé non relu

VII. — IN COIN D lONIE EN ATÏIOI E

prenant les grandes familles, nobles ou non, s'était incarné en même temps dans un autre homme célèbre, Aristide, dont l'intégrité l'ut opposée aux - tripotages » de Thémistocle. Aristide devait mourir pauvre après avoir administré le « trésor commun » des cités alliées d'Athènes, déposé à Délos. Il avait, en outre, une réputation d'équité qui, évidemment jointe à ce don de persuasion toujours si précieux chez les Grecs, le faisait choisir comme arbitre par les plaideurs et l'avait fait surnomner le Juste. Cette concurrence aux tribunaux était mal vue des démocrates, qui craignaient toujours l'ascendant pris par un homme supérieur. Aussi Aristide fut-il, lui aussi, victime de l'ostracisme. Une anecdote caractéristique, demeurée proverbiale, met admirablement en lumière l'irritabilité de ces petites démocraties ombrageuses. Un Athénien, ne sachant pas lire, pria Aristide, qu'il ne connaissait pas, de graver sur la coquille le nom de celui qu'il voulait exiler. « Vous a-t-il offensé? demanda Aristide. — Non, mais je suis las de l'entendre toujours appeler le Juste. » Et le trait, vrai ou non. est resté parce qu'il était l'expression d'un sentiment vrai.

On voit donc quelle cité les guerres médiques ont mise au pinacle : une cité longuement affinée par une aristocratie d'élite, puis enrichie et bouleversée par le commerce, agitée par l'instabilité démocrati([UC et la défiance des supériorités, mais néanmoins toujours fine, délicate, nerveuse, ouverte aux plus exquises impressions de la littératui'e et des arts, apte en un mot à produire en grand nombre ces hommes supérieurs dont le régime politique faisait si facilement des suspects.

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