‹ La Grèce avant Alexandre; étude sur la société grecque du 6e au 4e siècleChapitre 17 sur 46 · Dumont, Inscriptions céramiques de Grèce · texte numérisé non relu

Dumont, Inscriptions céramiques de Grèce

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sait', les bosfianx. les esclaves. Siirlout c'élail, foie à Athènes (]iianil on annoiieait l'approrlie des oarp:aisons de blé. Ku effet, rAllitjiit', (|iii eoiisonuiiail deux millions de inédiinnes de fi'Onienl, en |M'oduisait moins d'un million. Pendant des sièeles, celte qneslion prima lonli^s les aiilres dans l'esprit des Alliéniens. Non seulement on défendit l'exportation des forains, mais encore une loi interdisail de prêter de l'argent pour l'alVrètenient d'un vaisseau qui, au retour, n'apjiorlerait pas une charp:e de blé. On fit des avances et des cadeaux de toute sorte aux princes barbares dont le pays produisait beaucoup de céréales : c'est l'explication de toute la politique athénienne au Bosphore, en Thrace et en Scythie*. Le blé qu'on importait en Attiquc venait surtout des côtes de la mer Noire, de l'Asie Mineure, de l'Egypte et de la Sicile. Des magistrats particuliers, les sitophylaques, surveillaient dans la ville et au Pirée le commerce des blés. On trouve des fonctionnaires analogues en beaucoup d'Etats, des sitophylaques à Tauroménion, des sitagertes à Iléraclée, des sitones à Carystos, Éphôse et Délos. Dans la plupart des cités grecques, la question du froment était sans cesse à l'ordre du jour.

On voit quelle activité régnait dans les grands ports helléniques. Quelques États ont joué successivement le rôle dominant dans l'histoire du commerce. Jusqu'à la fin du \f siècle, les cités les plus entreprenantes sont Milet, qui entoure l'Euxin de ses colonies et de ses comptoirs, qui va chercher les métaux, les esclaves, les peaux et les céréales môme au Caucase et en Scythie; Erétrie et Chalcis, qui dominent sur les côtes de Thrace et d'Italie; enfin, Corinthe, qui, par ses marins et ses colons, accapare tout le commerce de la mer Ionienne et de la Sicile. Au v^ siècle, tout converge vers Athènes et la puissante corporation des armateurs du Pirée.

1. Perrot, le Commerce des céréales en Attique au iv"^ siècle avant notre ère. (Revue historique, 1877.)

Au iy'' siècle se dessine l'empire maritime de Rhodes. Sur tous les rivages de la Méditerranée, les monnaies, les vases, les bijoux attestent le passage des marins et des marchands grecs.

Résumons en terminant les conditions économiques du monde hellénique.

En général, le sol est pauvre, l'agriculture insuffisante, la production inférieure à la consommation.

L'industrie d'art est très florissante; mais, pour les produits ordinaires, les Grecs sont tributaires des nations barbares. Sparte et beaucoup d'États doriens afl'ectaient de mépriser le travail. La plupart des Grecs dédaignaient tout ce qui n'était pas la politique, tous les métiers de vie sédentaire. « S'amuser, faire bonne chère, dit Héraclide, voilà le fait d'un homme libre; voilà qui affranchit et agrandit l'âme. Prendre de la peine, c'est l'affaire des esclaves et des pauvres gens : cela rétrécit la nature humaine. » N'a-t-on pas prêté à Socrate lui-même ce mot caractéristique : « La paresse est sœur de la liberté? » D'ailleurs, dans les métiers manuels, la concurrence des esclaves rendait difficile l'existence des artisans libres. Dans les grands centres industriels, comme Athènes et Corinthe, les métèques constituaient plus de la moitié de la population industrielle; à Sparte, la totalité. Aussi l'industrie, pas plus que l'agriculture, ne pouvait suffire à nourrir la Grèce.

C'est par le commerce qu'elle a vécu. Après les Phéniciens, les Hellènes ont été les plus grands courtiers du monde antique. L'échange des marchandises fournissait aux États presque tous leurs revenus : droits de marché, de port, d'importation, d'exportation. Le commerce, qui a fait la force des grands États, a favorisé la démocratie et facilité l'avènement normal des classes inférieures. Dans les pays où il ne s'est pas développé, la terre seule comptait : comme elle était aux mains d'une très petite partie de la population, les pauvres ne

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l'ôvaioiil ([110 iiai'lauc des (l'itcs. De la K's ri'voliilioiis si violentes (le Sparte et de (|iieliju(>s j)ays doriens. Au cDiiti'aire, là où le eommeree et liiidiistrie oui élé iin])0!'taiils et exercés par (les artisans libres groupés (>n eorporatioiis, les elasscs inférieures et les étrangers y oui li'(uivé une coinp(Misati(Ui. Ku Altiipie el dans la jduparl des cités ioniennes, le |ir()gr('S (léuioeratiquc s'est accompli avec beaucoup moins de violence^ : c'est que la pi'opi-iété mobilière y a fait contrepoids à la \)V{)priété foncière.

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