‹ La Grèce avant Alexandre; étude sur la société grecque du 6e au 4e siècleChapitre 29 sur 46 · A (j 11 i: ci: A \ A N T A 1 1: X A M) H · texte numérisé non relu

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Un (lôcret du Stînat et du peuple décide l'envoi de clérouques en un endroit délermiiu', lixe tous les détails d'or- ^anisalion, désigne Toekisle qui sera honoré plus tard comme héros Toudateur, et lui adjoint des commissaires. L'État fournil les moyens de transport, les armes et l'argent. Les colons sont choisis en nombre égal dans toutes les tribus. Du sol on l'ait trois parts: celle des dieux, celle de l'Etat fondateiu' (jui alTerme ce domaine et en tirera un revenu, celle des clérouques. Le terrain concédé est partagé entre les tribus et coupé en

autant de lotsqu'il y a de colons.

Chaque lot estassigne par le sort.

Avec les rites consacrés, on trace l'enceinte de la ville, les murs, les rues, les limites des temples et du domaine public.

Le territoire de la clérouquie reste territoire de l'État. Les colons sont citoyens, eux et leurs descendants. A dix-huit ans, ils viennent dans la capitale se faire inscrire au registre de leur dème. ils reçoivent l'éducation éphébique. Ils sont exemptés des liturgies, mais doivent le service militaire et les impôts ordinaires ou extraordinaires. Ils sont soumis à tous les décrets de l'assemblée et du Sénat. Ils participent aux mêmes cultes; ils envoient des représentants aux fêtes. Les procès importants sont jugés par les tribunaux de la capitale.

Les clérouques gardent une assez grande autonomie municipale. Ils ont un Prytanée, une assemblée populaire, un Sénat, des magistrats élus. Parfois même, comme à Myrina ou à Héphaestia, ils frappent des monnaies de cuivre. Mais ils ne peuvent rien changer à leur organisation sans y être autorisés

Monnaie de Clazomènc.

par l'État. Athènes envoie dans ses clérouquies un épimélète chargé de surveiller les assemblées et les magistrats locaux, de présider aux levées d'hommes et d'impôts, de faire exécuter les décrets. Souvent, à côté des clérouques, subsistent des communes distinctes, de condition très diverse, tantôt sujettes, tantôt entièrement autonomes ; c'était le cas à Chalcis, à Erétrie, à Andros et Naxos.

On ne connaît bien que les clérouquies athéniennes. C'est à la fin du vi^ siècle qu'Athènes commence à établir des colonies de citoyens. Elle suivit cette politique pendant tout le v^ siècle. Elle fonda des communautés de clérouques à Chalcis, Érétrie et Oréos en Eubée; dans l'île d'Égine ; à Skyros, Imbros, Lesbos, My-

rina et Héphaestia de Lemnos, Samos, Mélos, Andros et Naxos, dans la mer Egée ; à Potidée, Skione et Torone, en Chalcidique ; à Éion et dans la Chersonèse de Thrace. Chaque progrès de la puissance territoriale d'Athènes est marquée par la création d'une clérouquie.

Les anciennes colonies, constituées en États indépendants, assuraient à leur métropole une grande autorité religieuse et morale. Elles facilitaient aussi l'extension de son commerce, comme il arriva pour Milet et Phocée, Chalcis et Corinthe. Avec les mêmes avantages, les clérouquies augmentaient encore la puissance politique et militaire d'une cité. Athènes a fondé en grand nombre des colonies de tout genre. Anciennement, elle avait couvert de ses émigrants l'Ionie et les Cyclades, qui formèrent le noyau de la confédération atticodéhenne et de l'empire athénien. Au y" siècle, elle créa Amphi-

Tétradrachrae de Thurii.

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polis, Hiva, Tliiiriiim, dos c()iii|)loirs dans le PonI, ol, elle établit dos olorouquios dans tous los pays conquis. A tout cela, ollo a dû do devenir et de rester longlenips le centre relip:ieux et ooninieroial, politique et militaire d'une grande partie du monde hellénique. Pour la colonisation, comme pour l'organisation sociale et l'éducation civique, comme pour le gouvernement et la justice, comme pour les finances, comme pour laiinée et la marine, Athènes présente le plus complot et le plus harmonieux développement de l'Etat grec.

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