‹ La Grèce avant Alexandre; étude sur la société grecque du 6e au 4e siècleChapitre 34 sur 46 · Dictionnaire des antiquités, ariicle Domus · texte numérisé non relu

Dictionnaire des antiquités, ariicle Domus

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dos soôiit^s <l'a(l(M'ali()n, dos siijols niylliolopiqiics, comme la disputo (1 Apollon ot d'IIorakiès pour la |)ossossioii du Ivépiod do Dolpiios. l)i\s animaux ou (ilo ou allrouLôs, dos lions, des taureaux, des sphinx, des plantes, des llcurs de lotus, des {ij^rocquos, des méandres et «les palmottes encadrent ces figures, dessinées au trait ou au repoussé, d'un style sévère et franc.

La toilette féminine, en dépit des lois somptuaires, encourageait les industries de luxe*. Des tombeaux de Mycènes, de Spata, de Panticapée, sont sortis d'admirables bijoux, d'un travail original et délicat. Dans l'ornementation prédominent les éléments naturels : fleurs, fruits, feuillages. Souvent s'y glisse la figure. On doit signaler surtout un procédé qui fait l'admiration et le désespoir des grands bijoutiers modernes : c'est la décoration granulée, qui consistait à fixer sur une bande de métal précieux des perles d'or microscopiques. L'industrie grecque a créé des chefs-d'œuvre avec tous les menus objets de la toilette féminine : voici des colliers façonnés avec des rangs de chaînettes d'où se détache une fleur ou une figure; des pendants d'oreilles où le bouton soutient une figurine au repoussé; des diadèmes avec des perles de verre relevées d'or; des imitations de fleurs naturelles, de branches de chêne ou de guirlandes, d'où s'échappent des personnages ailés ; des bracelets à fermoirs ciselés ou décorés au repoussé ; des bagues de toute sorte ; de riches agrafes destinées à fixer les vêtements; des fioles à parfum, des boîtes à fard, en métal ou en argile. Parmi ces choses légères et délicates, rien pourtant n'égale les miroirs. Les plus simples sont des disques de métal, où l'une des faces est polie et l'autre ornée de gravures; en

1. Dictionnaire des antiquités, article Cœlatura; B'ûVmgjthe Science of gems,jewels, etc., 18G7; Ck'-nient. Catalogue des bijoux du musée Napoléon IIJ; — Comptes rendus de la Commission archéologique de Saint-Pétersbourg ; de VVitte, les Miroirs chez kg anciens; Duniont, Miroirs grecs ornés de figures au trait (Monuments grecs de l'Ass. des études grecques, 1873) et Bull, de corr. helL, 1877.

guise de manche, on y fixait une statuette avec un socle.

D'autres miroirs, plus compliqués, comprennent deux disques qui s'emboîtent l'un dans l'autre et que réunit souvent une charnière; l'un de ces disques est décoré extérieurement de figures en reliefs, tandis que l'intérieur est poli et argenté ; l'autre disque, le couvercle, présente à l'intérieur des dessins au trait, souvent argentés sur un fond doré.

Sur les plus beaux miroirs, on admire donc à la fois des gravures, des rehefs et des statuettes ciselées. Par exemple, on adaptera au socle une Aphrodite, flanquée de deux amours, qui de sa tête et de ses deux bras levés soutiendra les disques. On appliquera sur l'une des faces extérieures du miroir un relief ciselé, où sera représenté Ganymède enlevé par l'aigle, ou Silène portant une Ménade, ou quelque fable des cycles de Dionysos et d'Aphrodite. A l'intérieur, on figurera au trait Corinthos couronné par Leucas ou quelque autre

■"^^"^ Ou

Manche de miroir grec.

(Musée de Copenhague.)

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léi^-cndo l()(\il(\ Toutes les parties du miroir attesteront aux yoiix l'arl eonsoninié de l'orrèvre.

h;in< les liijoiix, siirloul diiiis les chatons des bap^ues, s'encliàssaient des pierres lines, dôlicateniciil ^^ravécs. Les Grées nous en ont laissé une inlinie variété *. Les intailles, travaillées en ereux dans des pierres d'une seule nuanec, comme raméthyste, l'agate ou la cornaline, servaient généralement de cachets ou de sceaux et donnaient des empreintes en cire. Les camées, sculptés en relief dans des pierres polychromes à plusieurs couches, se montaient en broches ou se conservaient précieusement au logis. Les plus anciennes pierres gravées ressemblaient à des scarabées, comme en Orient; plus tard, on leur conserva toujours une forme convexe et ovale. On citait des artistes qui avaient excellé dans ce travail délicat. Mnésarque de Samos s'illustra dans ce genre au yi® siècle. Théodoros tailla et monta en or l'émeraude de l'anneau de Polycrate. Plus tard, Pyrgotélès grava le cachet d'Alexandre. Les pierres fines présentaient les sujets les plus divers, légendes, têtes de divinité, par exemple Athùna sur l'intaille d'Aspasios, Zeus /Egiokhos sur un camée d'Éphèse. On y figurait aussi des amours, des scènes de genre, même des portraits. C'était tout un art ingénieux et délicat qui reproduisait en raccourci toutes les variétés de la plastique.

Une des industries les plus florissantes de la Grèce était celle des figurines de métal ou d'argile. Elles sont sorties par milliers des ruines de temples et des nécropoles.

Les statuettes de bronze sont le plus souvent des ex-voto*. D'autres ont servi d'amulettes; on les reconnaît à l'anneau

1. Chabouillet, Catalogue général des camées et pierres gravées de la Bibliothèque nationale; King, Antique gems, their origine, uses, 1872 j VVestropp, A manual of precious stones and antique gems.

2. De Longpérier, Notice des bronses antiques du Louvre, 1879; Guillaume, la Sculpture en bronze, 1808; Carapanos, Dodone et ses ruines, 1878; Furtwiingler, Bronzefunde axis Olympia.

dont elles sont munies. Les plus riches et les plus anciennes séries proviennent des fouilles d'Olympie et de Dodone, du cap Ténare et des substructions du vieux Parthénon. A côté de représentations grossières et naïves comme des dessins d'enfant, on y admire bien des œuvres d'une exécution savante, dignes des sculpteurs contemporains. Le sujet en est aussi varié que la facture. Voici des dieux, des déesses, des satyres, des joueuses de flûte, des oiseaux, des bœufs, des moutons et des chèvres. Au y" siècle, on représente surtout des divinités et des héros ; au iv% des Victoires ailées, des Silènes, des Hèraklès bouffons, des Aphrodites, des amours joufflus : de siècle en siècle, la statuette de bronze se transforme, se précise et s'assouplit, comme la statue ou le bas-relief.

Les figurines de terre cuite sortent le plus souvent des tombeaux où elles avaient accompagné le mort pour multiplier autour de lui l'image de la vie'. Mais beaucoup sont des jouets d'enfant, ou des ex-voto consacrés dans les temples. Les plus grossières sont faites à la main et complétées par des appliques. Les plus soignées se composent d'une face et d'un revers façonnés et moulés à part, puis rapprochés; elles sont creuses à l'intérieur, percées d'un trou d'évent carré ou circulaire pour l'évaporation, et posées ou non sur un socle; souvent l'on a travaillé séparément, puis rapporté la tête, les membres et divers ornements. L'argile disparaissait sous une riche gamme de couleurs; les figurines de Smyrne sont presque entièrement dorées; celles de Tanagre sont rehaussées de tons bleus et rouges appliqués sur une couche de lait de chaux. Le style de ces statuettes diffère d'ailleurs d'un siècle, d'un pays à

1. Heuzey, Catalogue des (i^iurines antiques du musée du Louvre, 1882; J. Martha, Catalogue des (igurints en terre cuite du inusée de la Société archéologique d'Athènes, iSSO; Frôhner, Terres cuites d'Asie Mineure, 1879; Pottier, Quam ob causam Grœci in sepulcris figlina sigilla deposuerint, 1884; Pottier et Reinach, Nécropole de Myrina, 188G; Rayet, les Figurines de Tanagra au musée du Louvre {Gazette des Beaux-Arts, 1875); Kckulé, Griechische Thonfiguren ans Tanagra; Die Antiken Terracotten, 1884; Pottier, les Statuettes de terre cuite dans l'antiquité, 1890.

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