‹ La Grèce avant Alexandre; étude sur la société grecque du 6e au 4e siècleChapitre 6 sur 46 · J. Martha, les Sacerdoces athéniens · texte numérisé non relu

J. Martha, les Sacerdoces athéniens

32 I,.\ LiKLCi: AVANT ALliX ANDHIi.

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Souvenl les prêtres devaient suivre un régime spécial. Ils ne touchaient pas à certains aliments, par exemple au poisson dans le culte de Poséidon, au fromage de chèvre dans le culte d'Atliùna Polias.

Ils ne pouvaient porter certains vêtements, loger près d'une nécropole, fréquenter les bains publics. En revanche, ils vivaient de l'autel. Ils recevaient une part des victimes, ordinairement l'épaule, un quart des intestins et les peaux ; ils profitaient des fruits et des gâteaux ofîcrts au dieu, et des redevances payées en nature par les fermiers du temple ; ils touchaient une indemnité pour les prières et les sacrifices ordonnés par l'État ; et ils étaient autorisés à quêter pour eux-mêmes à certaines fêtes. Les titulaires des sacerdoces les plus considérables étaient nourris au Prytanée avec les magistrats. Les prêtres jouissaient encore de

Amphore panaUiénaîquc.

plusieurs privilèges fort appréciés ; on leur réservait des places d'honneur dans les assemblées et au théâtre ; ils étaient exemptés du service militaire et des impôts. Dans la plupart des cités, les divers sacerdoces étaient indépendants les uns des autres et relevaient directement de l'État. Mais en plusieurs endroits, par exemple à Olympie et à Delphes, on

Les dieux. (Fragment de la frise des Panathénées.)

nommait des grands prêtres qui avaient la surveillance de tous les cultes. Partout les principales fonctions sacerdotales consistaient à garder le temple, le domaine, les objets précieux, les traditions et le rituel ; à accomplir les cérémonies réglementaires et à contrôler tous les sacrifices ; à recevoir les offrandes et à en dresser l'inventaire. Comme les fonctionnaires de tout ordre, le prêtre rendait des comptes à la cité sur tous les détails de son administration.

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Los rt>|>ivsoiilaiils de WAaI iiilcrvcnaiiMil dirocltMiUMit dans les alVaircs im|)ortantes du sanctuaire, dans la p:eslion des ]i\ou< comme dans le service du culte.

Les dieux de la firèee ontéti5 ses plus riches propricl'taircs et ses plus habiles (hianeiers. Ils possédaient souvent un trésor considérable, alimenté par des revenus lixes et des dons volontaires. Il n'était pas rare qu'on mît en rapport une j)arlie du téménos.Du temj)le dépendaient aussi de nombreuses propriétés situées hors de l'enceinte. C'étaient des terres, des maisons, concédées par l'Etat ou léguées par des particuliers, nettement délimitées par des bornes sacrées, et affermées aux gens du pays par des contrats de bail à perpétuité ou à terme. Certains dieux, comme Apollon de Délos, Apollon de Delphes ou Zeus d'Olympie, possédaient ainsi de très vastes domaines, comparables à ceux des riches abbayes du moyen âge. Aux redevances des locataires et des fermiers s'ajoutait souvent un revenu singulier. Le dieu avait droit à la récolte de certains arbres plantés au milieu de propriétés particulières : tels étaient en Attique les oliviers et les figuiers sacrés d'Athêna, inviolables sous peine de mort, placés sous la surveillance de l'Aréopage qui les faisait visiter tous les mois. Beaucoup de temples avaient aussi des serfs, appelés hiérodules, qui devaient des impôts, des prestations et des corvées. Ainsi les Kraugallides des environs de Delphes versaient une part du produit de leurs terres dans la caisse d'Apollon; les paysans de la Pisatide étaient tributaires de Zeus d'Olympie ; Aphrodite Erycine en Sicile avait d'innombrables tenanciers; en Asie surtout, des populations entières étaient vassales d'un dieu. De plus, tous les citoyens devaient payer à certains temples la dîme des récoltes. Tantôt l'on s'acquittait en nature ; tantôt l'on apportait des lingots d'or en forme de gerbes ou de fruits, comme au Parthénon. La cité veillait à ce que chacun s'exécutât; et nous possédons encore une ordonnance relative à la consécration des prémices dans le temple de Dêmôter à

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Eleusis*. Souvent un dieu recevait une part des amendes infligées par les tribunaux : en Attique, Atliêna touchait un dixième sur le produit net. Dans tous les sanctuaires publics on faisait payer aux pèlerins étrangers une taxe des sacrifices. Partout aussi affluaient les dons volontaires et les offrandes de toute nature, sommes d'argent, objets destinés à la toilette divine, lits, meubles, charrues, filets de pêcheurs, armes, cithares, ceintures, jambes et bras de métal, patères, brûle-parfums, lampes, bracelets, statues, tableaux, couronnes d'or, trépieds de vainqueurs. La cité, après une victoire, donnait aux dieux une part du butin. Tout cela constituait un revenu des plus considérables. Aussi, par la force des choses, les temples devinrent des banques, qui recevaient en dépôt l'argent des particuliers ou des États et qui prêtaient avec intérêt sur de bonnes hypothèques. Plusieurs sanctuaires ont même frappé monnaie. On comprend dès lors que l'État n'ait pu abandonner à la fantaisie des prêtres la fortune des dieux officiels et qu'il ait partout contrôlé la gestion des finances sacrées. Chaque année l'on nommait des commissaires chargés de dresser les inventaires, d'administrer les revenus de concert avec les prêtres, et de présenter un rapport au peuple. C'est le rôle que remplissaient à Délos, au temple d'Apollon, les hiéropes mentionnés sur tant de comptes et d'inventaires -. A Athènes, avant l'archontat d'Euclide, on désignait annuellement deux collèges de dix membres, le premier pour le temple d'Athêna, le second pour les autres dieux. Vers l'année hOO on les réunit en une seule commission de dix membres, qu'on appelait les trésoriers d'Athêna et des autres dieux. Ces finances sacrées étaient des plus prospères : en h'16, pour subvenir aux dépenses de la

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