Scène de vendange. (Peinture de vase
fois rentré chez lui, le campagnard ne traitait pas mieux les gens de la ville.
La situation sociale des paysans variait beaucoup suivant les régions. En Laconie, en Messénie, en Thessalie, en Crète, ils avaient perdu par suite d'une conquête leur droit de propriété sur le sol. Ils avaient seulement la jouissance des terres qu'ils cultivaient, et payaient à un maître une redevance annuelle et la dîme. C'étaient des serfs de la glèbe, attachés à un domaine par une fatalité héréditaire ; ils n'avaient d'autre privilège que de ne pouvoir être vendus sans la terre. Parfois ils réussissaient à s'enrichir. Mais toujours ils restaient des étrangers, des intrus dans l'Etat.
Tout autre était la condition des paysans dans l'Attique et dans les contrées où la population était plus ou moins homogène. Les campagnards y étaient membres de la cité. Ils prenaient part aux assemblées et aux votes, ils pouvaient être ëlus aux magistratures, ils étaient entièrement assimilés aux citoyens des districts urbains. En même temps, chaque canton s'administrait lui-même pour tout ce qui ne touchait pas aux intérêts supérieurs de l'État.
En Attique, chacune des dix tribus locales instituées par Clisthène contenait, à l'origine, dixdèmes. Plus tard, le nombre des bourgades s'accrut encore. Au v® et auiv^ siècle, on comptait plus de cent cinquante districts ruraux ou urbains. Tous avaient une organisation municipale, calquée sur le mécanisme politique de la cité^
Tout Athénien appartenait nécessairement à l'un de ces dèmes : c'était même l'inscription sur un registre cantonal qui conférait la qualité et les droits de citoyen. Une personne étrangère au district ne pouvait y habiter ou y posséder qu'à la condition de payer une taxe de séjour. La liste des démotes et le cadastre étaient dressés par le chef du canton et contrôlés par l'assemblée locale. C'est d'après ces documents que les magistrats de la cité fixaient le catalogue complet des citoyens, répartissaient les impôts et recrutaient l'armée.
Chaque dème réglait lui-même ses affaires particulières. L'assemblée cantonale, composée de tous les démotes, nommait les divers fonctionnaires du district, arrêtait le budget des recettes et des dépenses, approuvait les comptes des trésoriers et des magistrats. Elle avait pour l'administration du dème la même autorité que l'assemblée d'Athènes dans le gouvernement de la cité.
Les campagnards relevaient naturellement des tribunaux de la capitale. Mais on ne portait devant les archontes et les