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HaussouUier, la Vie municipale en Attique

jurys d'Athènes que les affaires considérables. Les petites contestations étaient réglées sur place par des arbitres, par l'assemblée cantonale, surtout par les juges des dèmes. Ces juges de paix nomades, au nombre de trente, puis de quarante, tranchaient sans appel les affaires civiles au-dessous de dix drachmes et les questions de police correctionnelle. Ils déféraient aux magistrats d'Athènes, après une instruction sommaire, les délits ou les contestations graves. La justice cantonale allégeait beaucoup la tâche des tribunaux de la cité, et cela au grand profit des habitants de la campagne. L'ordre était maintenu dans le pays par des troupes de mercenaires qu'on appelait les péripoles et qui étaient chargés du service ordinaire de gendarmerie. En temps de guerre, les bourgs fortifiés, comme le Pirée, Eleusis, Sunion, Phylé ou Rhamnonte, recevaient une garnison. En temps de paix, on y envoyait souvent des compagnies d'éphèbes.

Le chef élu par le dème, le démarque, surveillait toute l'administration locale, la police, les cérémonies funèbres, l'entretien des temples, les registres d'état civil, le cadastre. De plus, il servait d'intermédiaire entre le district et la cité. Il aidait les magistrats d'Athènes à dresser les listes de citoyens, à lever la taxe sur le revenu et les divers impôts, à répartir les liturgies, à enrôler les soldats et les marins. Il autorisait et légitimait de sa présence les saisies ordonnées contre les débiteurs publics ou privés. Il représentait son canton en justice, à l'assemblée d'Athènes, au conseil des Cinq-Cents. Tous les ans, à une date fixe, les démarques de l'Attique entière apportaient à Eleusis et remettaient aux administrateurs du temple la dîme des récoltes de leurs cantons. Et à la procession des Panathénées, le démarque s'avançait gravement, escorté des fonctionnaires, des prêtres et des citoyens de son bourg.

On voit, par l'exemple des dèmes ruraux de l'Attique, que dans les campagnes helléniques régnait une grande activité

municipale. Le paysan s'intéressait aux affaires de son canton comme aux siennes propres. On faisait dans les bourgs l'apprentissage de la vie publique.

La campagne avait aussi ses religions particulières, souvent plus chères à l'âme du laboureur ou du pâtre que les grands cultes officiels de la cité. Le paysan vivait plus près de la nature ; son imagination craintive et naïve voyait des dieux partout autour de lui ; dans les bois, les sources et les

grottes, il apercevait les Nymphes, les Oréades, les Hamadryades, le vieux Pan et les divinités souterraines.

Chaque dème avait ses sanctuaires spéciaux , ses prêtres, ses sacrificateurs, son héros éponyme. L'assemblée cantonale votait les fonds destinés à couvrir les frais du culte, des fêtes, souvent même des représentations dramatiques. En effet, beaucoup de bourgades s'étaient construit un théâtre, où l'on montait les pièces en vogue avec l'aide de chorèges municipaux choisis parmi les riches habitants du canton. La comédie était née dans les bourgs : il était juste qu'elle y revînt et que le paysan pût, sans se déranger, en admirer les chefs-d'œuvre.

Après le dur travail des champs, on s'égayait aux fêtes du village, souvent charmantes dans leur naïve et gracieuse fantaisie. Par exemple, en beaucoup de pays, on célébrait le retour de l'hirondelle. Les enfants allaient de maison en maison et quêtaient en chantant : « La voici, la voici, l'hirondelle! elle amène les belles saisons et les belles anuées, l'hirondelle

Le retour des hirondelles. (Peinture de vase.)

au ventre blanc, au dos noir^ ! » En Attique, tous les dèmes avaient leurs fêtes patronales, et chaque mois ramenait des réjouissances en l'honneur de quelque dieu. Nous les connaissons en partie par des fragments du calendrier ruraP. Ainsi, le 17 de Boédromion, les paysans immolaient un cochon de lait à Dêmêter et à Coré. Aux autres divinités, on offrait des coqs, des poules, des gâteaux, des libations. Lors de la fête

Paysan se rendant au marché. (Relief en marbre.)

des charrues, célébrée en l'honneur de Dêmêter et d'Athêna, on labourait un champ sacré qui fournissait de grains les temples voisins. Aux Pyanepsies, l'on se formait en procession pour aller déposer au sanctuaire d'Apollon une branche d'olivier, entourée de laine, où l'on suspendait des vases et des fruits. A la fête des granges, les jeunes garçons couraient de porte en porte, demandant des gerbes et chantant : « Si tu

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