‹ La Grèce continentale et la MoréeChapitre 22 sur 68 · ELEUSIS · texte numérisé non relu

ELEUSIS

L'Attîque est un pays d'une extrême sécheresse. Dès les premiers jours de mai Fherbe des champs est jaune et brûlée. Aucune source d'eau voisine, aucune pluie bien-» faisante ne viennent lui redonner la vie. L'Uyssus et le Cépbise , et la fontaine Calirrhoë n*out pas une larme à répandre sur la désolation des campagnes dans lesquelles ils aimeraient à couler, et la triste feuille de l'olivier de Minerve offre la seule verdure qui puisse délasser l'oeiL

Au mois de juin et au mois de juillet la chaleur s'élève assez souvent jusqu'à 33 degrés Réaumur et ^0 centigrades. Il est difficile , à Athènes , d'échapper à cette grande chaleur. Les rues n'ont pas de portiques, et les maisons, construites à l'allemande avec des murs légers et beaucoup de croisées, n'offrent aucun abri un peu tempéré. L'Athènes moderne a de plus été si ingénieusement placée par ses premiers architectes allemands, que la brise de mer est interceptée avant de pouvoir y arriver ; tandis qu'en la posant à quelques pas plus haut, où elle tend d'ailleurs à se transplanter maintenant, on y eût joui et de la vue de la mer et de la fraîcheur dont se tempère l'haleine des vents qui l'effleurent. Il faut donc, si Ton veut respirer un peu à l'aise dans la saison chaude, se hâlcr de sortir d'Athènes.

Les routes par lesquelles on peut diriger les roues d'une voiture quelconque ne sont pas nombreuses et elles s'étendent à une fort petite distance d'Athènes. L'une conduit au Pirée à deux lieues de là ; l'autre , aussi de deux ou trois lieues, aux gracieux villages deMarousi et de Kephisia aux pieds du mont Pentélique, et la troisième, qui passe près de l'abbaye de Daphni déjà décrit plus haut comme le Saint-Denis des ducs français d'Athènes, près de la sainte Eleusis et au pied de la forteresse si bien conservée de ' l'antique Ëleuthère, conduitjusqu'àThèbes et parfois même, hors de la saison des pluies , jusqu'à Livadia. Partout ailleurs on ne peut aller qu'à cheval , mais on a souvent à un prix modéré des chevaux de Syrie d'une fort bonne qualité.

Combien de fois, tantôt seul, tantôt escorté de quelques amis , dont le souvenir m'est doux à conserver, n'ai -je pas parcouru dans tous les sens les plaines et les montagnes de î'Atlique ! Mais le lieu que j'ai le plus souvent visité dans mes courses quotidiennes c'est l'abbaye de Daphni , car pour moi tous les genres de plaisirs venaient s'y réunir. Une belle route sur laquelle on peut galoper avec aisance, les souvenirs de la glorieuse antiquité multipliés à chaque pas, çà et là quelques souvenirs de notre Gallo-Grèce,

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