‹ La Grèce continentale et la MoréeChapitre 47 sur 68 · MARIE D*£N6HIEN · texte numérisé non relu

MARIE D*£N6HIEN

seigneuries ne tombassent soit entre les mains des Turcs, soit en celles des Grecs^qui les convoitaient , au grand dé« triment de Marie d*£nghien, ils les lui achetèrent moyennant une pension annuelle de cinq cents ducats d'or. Marie d*£ngbien, de sou côté, s'engagea à ne jamais se remarier, soit à un noble vénitien, soit à tout autre '. Mais Nerio Acciaiuoli , seigneur de Corintbe , s'opposa avec succès à la prise de possession des Vénitiens^, et mit Ârgos et Nauplie entre ses mains. Fait duc d'Âtbènes en 139Zi, il rédigea son testament à la fin de cette année ; on y trouve quelques clauses relatives à Argos et à Nauplie :

« Nous voulons , dit-il , que la croix d'or garnie d'éme* raudes et autres pierres précieuses soit , pour le salut de notre âme , donnée à l'évêque d'Ârgos.

» Nous voulons qu'on donne à messire l'évêque d'Argos les deux cent cinquante ducats que nous avons retenus sur les revenus de l'église d'Athènes dans l'année où ledit évêque était vicaire de l'église d'Athènes.

» Nous voulons et ordonnons qu'à Napoli de Romanie on construise un hôpital pour les pauvres , et nous léguons à cet hôpital tous nos meubles et immeubles d'Argos pour ]a construction dudit hôpital; à l'exception de 100... par an qui devront être donnés à l'église d'Argos afin qu'on dise tous les lundis une messe de Requiem pour notre âme. Nous voulons que cet hôpital soit construit et administré par nos héritiers , par les officiers d'Argos et de Nauplie et par messire l'évêque d'Argos, et ce que trois de ces quatre administrateurs décideront sera fait.

» Nous voulons que le susdit évêque d'Argos soit investi de l'administration de notre monastère de religieuses de Nauplie et qu'il puisse placer et déplacer l'abbesse et les autres dignitaires de ce couvent , selon que meilleur lui

' Yoy. la Chronique d'Aod. Dandolo, Collection de Moratori, t. xii, p. 842.

• T. 1,5). 141, de mes Nouvelles Recherches .

sciiiLUra; sciiioniciU tout ce qu*a à payer ledit couvent sera payé au susdit hôpital et non à d'autres. »

Pendant que Nerio Acciaiuoli était, en 139&, prisonnier des Gascons et Catalans d'Athènes S un de ses gendres, Charles Tocco, comte de Céphalonie et despote d'Arta , s'empara de ces deux seigneuries réclamées inutilement par les Vénitiens \

Venise entra cependant en possession de Nauplie dans les premières années du quinzième siècle , mais elle la perdit après la guerre de 1538.

Morosini la reconquit avec toute la Morée en 1686. Les Vénitiens la reperdirent en juillet 171/i.

Pendant qu'ils l'occupaient , ils firent construire sur un rocher isolé au milieu des flots, en face du port de Nauplie, une troisième forteresse , destinée à protéger la ville à laquelle elle se rattachait par une jetée , et ils lui donnèrent le nom de fort du Passage. C'est sur ce rocher et sur les restes de ce fort que les Turcs ont fait bâtir le fort de Bourzi pour la levée des péages. On voit encore, sur la partie la moins profonde de la mer, les restes des pilotis qui rattachaient autrefois cette forteresse à la ville. Sur la porte de la ville la plus rapprochée de la forteresse s*élève aussi le lion de saint Marc, sculpté sur un écusson , et à côté sont deiq[ écussons de familles vénitiennes , avec le bonnet ducal pour armes.

On y lit encore Tinscription suivante :

POST UBBBS ABCE8QUB BIPDGHATAS VàUDBQQB VDIIITAS

P08T 8B1IC8 rUGATOe B08T1»t BOfl BBCtlTOli PATR14S BESITmiT

rB4NGI8CD8 MA0RECENI7S C* ^UP^^ ABU"'* MODCBATOB,

ET AL^YANOER BONO , MAXIMiS TRIBEKS GUBERNATOB ,

BOG .£TBRNITATIS MONDMENTUM P08CIT.

A. D. MDGLXXXTII.

^ Voyez son article dans mes Nouvelles Recherches, ' La dtta d'Argho fu assediata e presa dal dispotn dl Romaiiia, e lui la tiene, e contro e! volere di messer Neri. E perche || detto dispoto è suo genero, etc,, p« 243, t. ii de mes iVotiv, Re^h^

NAUPUG. 391

Sur les fragments des murailles qui conduisaient de là à la Palamidion voif d'autres blasons sculptés sur le marbre avec des armoiries franques. Deux autres monuments de la dernière époque de Toccupation vénitienne sont eii<core debout. L'un est un vaste et beau bâtiment qui sert aujourd'hui de caserne , et est placé au bas du vieux château hellénique ; il contenait autrefois tous les bureaux et magasins du gouvernement vénitien. L'autre est l'église de Saint-Georges , qui est tout â fait vénitienne pour l'architecture et les ornements. Les voûtes des dômes sont couvertes de peintures à fresque dans le style italien de la fin du dix-septième siècle , et quelques-unes de ces peintures sont assez passables. Au-dessus de l'entrée de la nef, sur une large bande de mur qui règne entre les deux colonnes, est une copie assez bonne , aussi à fresque , de la Cène de Léonard de Yinci. Dans le grand dôme du milieu est peint Jésus<-Ghrist ; dans les quatre angles sont les quatre évangélistes avec les animaux qui leur servent d'emblèmes, tout cela peint d*une manière assez large et non avec les poncifs employés. depuis plusieurs siècles par les peintres grecs pour leurs tableaux d'église. Les peintures des voûtes sont mystiques. Les ailes des chérubins y abondept et on les voit rassemblés en foule autour dti chandelier mystique.

Près de l'église de Saint-Nikitas , démolie au temps de Capo-d'Istria pour ouvrir la grande rue , se trouvait sur un degré l'inscription suivante :

FRANCISCO GRIMAKO, SVPRSIIO CLASSI8 IfODERATOBI,

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