‹ La Grèce continentale et la MoréeChapitre 46 sur 68 · ARG08. 38Ô · texte numérisé non relu

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au-dessus ée celles qui existaient déjà en partie conservées. Trop souvent même ils se sont servis d'autres débris antiques que ceux des murailles , car sur le mur extérieur on aperçoit une colonne cannelée enchâssée d'une manière prétentieuse pour former un côté de fenêtre tandis que près de là, sur la même muraille, un grand nombre d'autres colonnes sont couchées sur la profondeur du mur comme si elles étaient emmagasinées. Le château franc est parfaitement conservé; tours rondes, tours carrées , créneaux , tout s'y trouve. Vu du côté du couchant il produit on fort bel effet.

Au temps de la guerre de Troie les troupes d'Argos et de la presqu'île de Netbana étaient conduites au combat par Diomède grand vassal du roi Agamemnon , souverain de l'Argolide. Après la conquête franque de la Morée , la seigneurie de ce même pays fut donnée à un Français qui était vassal des princes d'Achaye de la famille Ville-Hardouin. Dans le quatorzième siècle Guy d'£nghien, ne pouvant reconquérir Athènes, qu'avait possédée son grand-père Gautier de Brienne, duc d'Athènes, devint seigneur d'Argos; mais, n'ayant laissé qu'une héritière, les Vénitiens, qui guettaient cette succession, parvinrent à faire épouser Marie, sa fille, à un des leurs de la famille Gornaro : puis ils lui rachetèrent ses droits, et, à la mort de Marie d'Engbien et de Pierre Gornaro , ils héritèrent des fiefs d'Argos et de Nauplie *■ ; mais ils ne purent en prendre possession. Gharles de Tocco, despote de Romanie et d'Arta, duc de Leucade, comte palatin deGépbalonîe et beau-fils de Neri Acciaiuoli, doc d'Athènes, s'en étant emparé les armes à la main, il leur fallut des années pour terminer ces débats à leur avantage.

On va d'Argos à Kharvati , au pied des collines de Mycènes, en une heure. Le je laissai mon cabriolet, car toute route cesse, et je montai à pied ces coteaux arides. Lèpre-

* Voyez dans la CliroDiquc d'André Dandolo, p. 482, le chapitre intitulé : ÂCquisitio Argos et NeapoVts. (Collection de Mura" tori, t. Ml.)

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œier moDnment antiqoe que Ton reocootre est le trésor des A(ride0, codod aosti sous le nom de tonbeau d'Agamemnon. Un vaste vestibule de larget pierres quadrilatères condfut k une large et belle i>orte de dix-buil pieds de basteor ; trois hameoses pierres forment les deax pl« lastres d'appui et k liateao de la porte pyramidale qui cordoit à one cbambre d'enviroii quaraote-huit pieds de diamètre et de haoCeor, coostroiteen dôme de forme coniqne. Dans le passage qui conduit à riatérieur^ on aperçoit encore de bas en baut àtax rangs de clons destinés à soutenir une double porte. Cette chambre est tonte bâlie en pierres qmttrilatères jusqv'an baui du etee on de la def de voûle « qui atteint la partie Stt|)érieore de la colline presque à fleur de terre.. I^ pierre ^x/ée au pk» bant point de ce côse a été soulevée , dit-on, par Tordre de Teli-Pacha, sur le bruit répandu qu'il y trouverait d'immenses trésors. Toutes les dalles sont couvâtes de larges clous destinés sans doute à souientr des plaques de bronze ciselées semblable au revêtement de la colonne de la place Vendôme* De cette cbambre ronde on passe^ par une porte et un passage plus petits, dans une autre chambre de forme carrée , taillée dans le roc. C'est , dil-on , là que les Atrides conservaient leurs armes précieuses, les coupes reçues en don» et autres okjets corieox qui formaient leur héritage de famille. Couvres la Halle aux blés de Paris, d'un dôme en grandes pierres au lieu d'un dôme de fer » et vous aurez une représentation assez ûdèle de l'imposant trésor des Atrides. Ce monument parait avoir été en dehors de l'enceinte de la ville , et des tombeaux apparaissent hors du sol à quelque» pas de là et cmiduisent jusqu'aux murailles de Ittycèoes formées eu grandes pierres polygonales taillées qui couvrent toute les pentes de la monti^^ae. Dans la partie la plus basse se trouve la fameuse porte des Lions, qui est d'une si haute antiquité. £Ue est de forme demipyramidale, et les lions placés de chaque côté ont l'air de supporter l'écussou colossal d'une porte du moyen âge.

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Pins haat , du côté des montagnes et de la sonrpe , est une autre porte plus petite , et plus loin on remarque ï Textrémité d*uo mur une tour quadrangulaire. Au milieu de ces vastes ruines il n'existe plus une seule habitation, et le tabac y croît à hauteur d'homme dans les meiUenrs ter^ rains. Malgré l'aridité présente de ces montagnes rocheuses, l'eau ne devait pas manquer dans l'antique Mycènes. Les pources excellentes qu'on y voit encore étaient utilisées à l'aide de conduits et elles alimentent encore les puits de Kharvati. Mycènes, bâtie sur des montagnes escarpées, en*toorée d'u& rempart de montagnes plus âpres encore, est le type le plus parfait d'une grande et forte ville des temps demi-fabuleux, sans qu'aucun mélange avec les annales des temps historiques et des siècles du moyen âge soit venu en altérer la physionomie ; c'est encore la Mycènes la bien bâtie* la Mycènes aux larges rues, l'opulente Mycènes, aimée de Jnnon, que décrit Homère , mais qui depuis lui n'a plus m de vi^ pour ainsi dire que daos ses poèmes immortels.

Je revins à Nauplie charmé de mon excursion dans les états du roi Agamemnon , et me mis à parcourir la ville pour y étudier , les unes après les autres , les traces des diverses antiquités qui s'y trouvent réunies» Je ne retrouvai plus trace de la fameuse fontaine dans les eaux de la*quelle Junon recouvrait annuellement sa virginité. Il n'y a guère non plus de restes du moyen âge. Ce ne fut qu'en l'an i2hlt sous Guillaume de Ville Hardouin ,que les princes français de Morée s'emparèrent de la ville de Nauplie à Tai^e de leurs alliés les Vénitiens, qui bloquaient cette place par mer, tandis que le prince Guillaume de Ville-Hardonin la cernait par terre. Cette ville était alors défendue par deux cbâiejmx-forts ; le château de Palamidi , placé au-dessufi de la montagne qui domine Nauplie* et un second château dans la ville même, sur le rocher» qui surveille l'entrée du port. Les Français prirent possession du premier, qui prit le nom de Château-Franc ( Frankikon ) , et laissèrent

aox Grecs la possession de l'autre, qui prit le nom de Château-Romaîque. Ce dernier château a été bâti sur l'emplacement d'une antique forteresse hellénique. On retrouve dans le mur , à une assez grande hauteur , les Tastes assises de pierres quadrilatères qui portent avec elles leur certificat d'origine. On monte à la Palamidi par nn chemin long , mais facile , du c6té de la campagne , ou par un escalier rapide du côté de la ville. L'escalier a été reconstruit nouvellement par les travaux des prisonniers détenus dans la forteresse.

Pendant tout le treizième siècle et les premières années du quatorzième siècle, Nauplie et Argos restèrent entre les mains des Ville-Hardouin ; mais , après la mort de Louis de Bourgogne , prince d'Achaye et mari de Mathilde de Hainaut, petite-fille de Guillaume de Yille-Hardouin, l'anarchie s'étendit par toute la Morée , et chacun chercha à s'emparer des seigneuries qui étaient le mieux à sa convenance. Quatre ans environ avant la mort de Louis de Bourgogne , le plus puissant de ses feudataires , Gautier de Brienne, duc d'Athènes, avait succombé en 1310 dans la bataille livrée aux Catalans ; son fils , nommé Gautier ainsi que lui , chercha , en 1336, à reprendre possession de son duché de famille, mais sans succès, et désira plus tard s'en dédommager en s'emparant de la seigneurie de Florence , et il mourut à Poitiers sans issue. Isabelle, sa sœur, laissa au contraire six enfants de son mari Gautier d'Eaghien. L'un prit le titre de duc d'Athènes , un autre alla preqjdre possession du comté de Lecce en Italie; le dernier, nommé Guy d'£nghien, alla chercher fortune en Grèce, et parvint à s'établir dans la seigneurie d'Argoset de Nauplie. Guy d'Enghien n'eut qu'une fille , nommée Marie , qu'il laissa, commeje l'ai dit plus haut, héritière de ces deux puissantes seigneuries. Marie épousa im noble vénitien, nommé Pierre Cornaro, qui mourut avant d'avoir eu des enfants. Les Vénitiens convoitaient depuis long-temps Nauplie. En l'ao 1388, le 2 septembre, pour empêcher, disaient-Ils, que les

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