‹ La Grèce de la Décadence: Aux Points de Vue Économique et SocialChapitre 20 sur 44 · CONCLUSIONS SUR LE MONDE. HELLENISTIQUE · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS SUR LE MONDE. HELLENISTIQUE

Jusqu'à l'expédition | d'Alexandre, la Méditerranée orientale resta une impasse, gardée par les Egyptiens, les Phéniciens et les Perses. L'empire achéménide était un ‘obstacle insurmontable aux relations entre la Méditerranée et l’Indus. La conquête macédonienne ouvrit à l’économie grecque, les marchés de l'Asie Centrale, de l'Inde, de l'Arabie, de l'Afrique Orientale, à un moment où l'esprit grec éveillé par la liberté politique et guidé par une expérience séculaire, était le mieux à même "de profiter des nouvelles ressources et où les Hellènes lassés de leurs divisions commençaient à désirer un horizon plus vaste et un chef qui les délivrerait de la politique. De nouvelles conceptions de la vie et du monde correspondent aux bouleversements économiques d'alors. L'échelle est différente pour l'ère grecque et pour l'ère hellénistique : tout ‘est plus grand, “plus accusé, plus compliqué dans la seconde. L'état “continental remplace l’état municipal. Les destins de peuples innombrables aux yeux des Grecs classiques dépendent de quelques hommes qui semblent dépasser la commune mesure humaine et qui sont d’ailleurs divinisés par leurs sujets. L'ère hellénistique est une ère monarchique. Le monarque assume les obligations autrefois dévolues aux. citoyens et la sphère de la vie publique se sépare absolument de celle de la vie privée. L’Athénien passait ses journées à l’agora, au tribunal, au temple. Le Spartiate n'avait, à proprement parler, pas de vie privée. Maintenant les occupations et les jouissances de la vie privée exercent plus d’attrait. Les ri-

{ Ar (ET rt LR TOUN GAS MTS ROUE RSR I 2 = peer Es À A RS 2 vE fs F POEE

ches désirent la sécurité de la possession et, pour lavoir,

sacrifient volontiers leur participation à la vie de l'Etat. On demande simplement à l’état la protection et l’encou-

ragement des aspirations personnelles. L'état monarchique

permet d'associer la concentration des moyens de puissance qui garantit le maintien de l’ordre à l’éloignement des masses de la participation aux obligations qu'entraîne la conduite de l’état. Dans les royaumes hellénistiques, le peuple est « objet » de gouvernement non sujet d'un droit public quelconque, ni chargé de n'importe quel devoir politique. L'idée monarchique correspond aux conditions nouvelles dues à la rencontre du monde barbare et du monde politique et culturel grec. Grecs et Barbares étant mêlés, « l’intérêt commun ne peut plus avoir pour organe l'assemblée des citoyens. Il faut que l’idée de l’état

s'incarne dans un chef » (1). D'autre part, avec les perfec-

tionnements de la technique, il n’est plus vrai que l’intelligence des affaires publiques soit compatible avec l’exercice d’un métier. Du développement des rapports mondiaux aux 1v°-i° siècles ressort donc la nécessité d’une organisation étatique qui s’écarte des formes existantes dans la cité grecque. | ,

Pour le diadoque comme pour Louis XIV, « L'Etat c’est moi ». Jusqu'au 1v° siècle, l’état fut la cité, c’est maintenant un individu. L’absolutisme inévitable se justifie pratiquement par l'efficacité. On pense que le monarque « évergète» « sôter » (sauveur) exerce sa domination dans l'intérêt commun et pour le plus grand bien être de ses sujets, bien-être que la cité à la longue s'est révélée impuissante à donner.

. Mais d'autre part, le droit de l'individu fort et puissant. du « surhomme » si l’on veut, est absolument inconditionnel. Le monarque hellénistique en théorie ne tient pas son pouvoir de l’armée macédonienne; ni de ses sujets indigènes. Il a un droit propre à être roi, un droit personnel qui continue dans sa race. L'idée monarchique est complétée par l’idée dynastique. Le roi exprime sa volonté par

(x) Glotz. Le travail dans la Grèce ancienne.

sil aidie d. 2°

Page 1