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Tarente tomba en 272. « L'or, la pourpre, des statues, des tableaux, en un mot les délices de Tarente, défilèrent à Rome pendant des journées entières ». Les Carthaginois avaient disputé aux Grecs la Sicile pendant des siècles. Ce furent les Romains qui l’obtinrent à la fin de la première guerre punique (241). Sans doute, la coupure était nette entre l'Occident Grec et la mère-patrie. Les Grecs pouvaient cependant S ‘inquiéter. Pyrrhus vaincu fit appel à la Macédoine, à la Syrie, à l'Egypte avant de quitter Tarente. L’'abandon de la Grande Grèce, dit-il, c’est la fin de la Grèce d'Occident et bientôt l’asservissement du monde hellénique. ,
Les Macédoniens prévinrent les Grecs qu'ils auraient à subir le sort des Grecs d'Occident : « Les Siciliens tiennent des assemblées à Syracuse, à Messine ou à Lilybée, mais c’est un prêteur romain qui fixe la convocation. Ils le voient entouré de licteurs rendre du haut de son tribunal des arrêts superbes » (4).
« Jusqu'en 230 il n’y eut entre les Romains et les Grecs que de vagues échanges de courtoisie, espacés et sans conséquence » (D).
DE 230 à 200, les légions traversèrent trois fois l’Adriatique pour combattre les Illÿriens à deux reprises, puis les Macédoniens sans plan préconçu semble-t-il. Rome connaissait depuis Pyrrhus l'existence de l'Orient, mais Hannibal retenaït ses forces en Italie. Toutefois elle s’y intéresse déjà. En 228 elle met la main sur l’Atintanie, les célèbres défilés de l’Aoos qui font communiquer la plaine d’Apollonia (colonie romaine) avec la Macédoine. Des députations romaines traversent de temps en temps la Grèce, soi-disant pour porter au culte delphique, le tribut d’hommages de l'Italie. Rome réserve et prépare l'avenir. Mais si au cours du 11° siècle la politique romaine s’intéressa peu aux Grecs, la littérature, l’art et les mœurs grecques conquirent alors l'Italie, grâce à la soumission de la Grande Grèce. Le butin pris à Tarente enrichit les Teniples et les maisons romaines.
(4) Cité par Colin. Rome et la Grèce de 900 à 146 avant J.-C. (6) Carcopino. Essais sur l'impérialisme romain.
Les esclaves grecs instruisent la jeunesse romaine. Un esclave tarentin donne une pièce de théâtre à Rome à l’oc- casion des Jeux Romains qui célèbrent la fin de la première guerre punique. La littérature romaine est toute empreinte d’hellénisme. À < Are
L'Etat lui-même est philhelléne. Les Grecs peuvent obtenir le droit de cité. Un médecin s'installa à Rome : on lui acheta une clinique aux frais du Trésor Public. Le Sénat traduisait en grec ses décisions relatives à la Grèce, concession qu'il ne fit jamais à aucun autre peuple.
La légende d’Enée qui relie Rome à l'Orient jouit alors d’une vogue inouïe. « En 243 les Romains accordèrent leur alliance à Seleucos IT à condition qu’il exempte de tout impôt les habitants d'Illion ; vers 238 ils interviennent près des Etoliens en faveur des Acarnaniens parce qu'ils affirment s'être abstenus de prendre part à la guerre de Troie. Du moment qu'ils escomptent étendre leur empire sur le monde hellénique, Enée devient pour les Romains un personnage précieux... » (6).
Les deux premières guerres balkaniques de Rome furent limitées. Il fallait châtier les affronts des pirates illyriens. Ce fut fait en 229 et en 219. Philippe V sur les conseils de Démétrius de Pharos s’allia avec Hannibal. La politique prenait alors une envergure qu’elle n’avait pas eue jusque là et qu’Alexandre lui avait donnée : lui rêvait de l'empire du monde. Ses successeurs et les hommes d'état des grandes puissances pensent au moins à l’union des peuples du bassin méditerranéen. Les Achéens suivaient encore Philippe. Les Etoliens marchèrent avec Rome. Ils furent vaincus. Les Romains n'’insistèrent pas et se rembarauèrent. Ils y ont gagné au moins de se rendre compte de l’état social et de la faiblesse de la Grèce. Maïs les Grecs sont d'accord pour les détester. Ils ont subi sept ans sur leur sol les violences de ces Barbares. Les Etoliens se jugent dupés. Ils huèrent dans une assemblée le Consul Sempronius et proclamèrent à la diète des Panaitoilika que les Grecs et les Macédoniens, gens de même langue, seraient toujours unis malgré leurs querelles.
(6) Colin, op. cité.
En 202, toutefois ils envoyèrent une Eu Rome pour lui demander de rouvrir le conflit avec Phi: lippe. C'était avant Zama, Le peuple romain avait eu peur.
Il ne voulait pas de diversions extérieures. Il refusa. Deux ans après une grande peur le saisit d’une coalition orien-
tale tournée contre lui et la guerre fut déclarée à Philippe. En fait les Patres et les généraux vainqueurs d'Hannibal sont enivrés d'action et de gloire. Devernius impérialistes, ils rêvent d'une prépondérance universelle. Il fallait venger la paix blanche de Phoirikëé, diminuer la Macédoine et la séparer de la Grèce. Les Romains prirent prétexte des violences récentes commises par Philippe à Thasos, à Chios, en Attique et s’offrirent aux Helléènes comme leurs libérateurs. « Le peuple romain s’improvisa le champion de l’hellénisme, » (7)
La paix refoula la Macédoine chez elle et lui interdit
la Grèce. Philippe brüûüla sa flotte, paya un tribut énorme (bo talents par an pendant ro ans) mais ne perdit aucun territoire macédonien. C’est l'intérêt de Rome, pensent certains dirigeants, entre autres Scipion l’Africain, de ménager au maximum le sang de ses citoyens et de ne pas agrandir davantage son empire. Elle fera une politique de guerres courtes et d'interventions répétées pour affaiblir ses adversaires, sans annexions. Cela s’appela bientôt « donner la liberté aux peuples opprimés », Rome eut en Grèce un remarquable propagandiste en la personne du Consul Flamininus.
Pendant la guerre déjà il avait su se concilier les Grecs par sa modération : « Les Romains ne prirent rien sur le pays en traversant l'Epire, malgré qu'ils y trouvassent de tous biens en abondance. Car Titus étant averti que Philippe, en passant par la Thessalie, comme fuyant de peur, ‘avait fait sortir les habitants hors des villes, retirer les personnes aux montagnes et puis mettre le feu dans les maisons en abandonnant à piller à ses soudards, ce que les
(7) Holleaux. Rome, la Grèce et les monärchies hellénistiques au 1° siècle avant J.-C.
habitants y laisseraient de leurs biens... il avait l'œil et admonestait ses gens d’y passer sans y faire ni porter au-
cun dommage... » (8), La conséquence fut que « Aussitôt
qu'ils entrèrent en Thessalie, les villes se rendirent volontairement à eux et les Grecs mêmes habitant outre le pas des Thermopyles désirèrent singulièrement à voir Titus ne demandant autre chose que de se donner à lui... » (8), Après la guerre, les commissaires romains envoyés par le Sénat voulaient que des garnisons romaines restent à Chalcis, Démetrias et Corinthe. « Les Etoliens demandaient aux Grecs s'ils ne se sentaient pas bien tenus à Titus de ce qu'il avait délié les pieds de la Grèce pour l’attacher par le cou... Titus insista pour que les trois villes n’eussent pas de garnison et l’obtint » (8).. ee Pendant la célébration des jeux isthmiques, près de Corinthe, Flamininus fit proclamer solennellement la liberté de la Grèce. C'était un vieux jeu. L’incapable dernier vicaire de l’empire d'Alexandre, Polyperchon, avait le premier déchaîné des tonnerres d’applaudissements par Ja proclamation de la liberté de la Grèce, dans l'espoir que la popularité lui donnerait de la puissance. Depuis, cette belle phrase faisait partie des moyens par lesquels les grandes puissances essavaient de soulever les sujets de leurs adversaires, car naturellement chacun parlait de la liberté des villes qui appartenaient aux autres, L'effet fut foudroyant : « Les Grecs discutaient entre eux combien de longues guerres ils avaient subies pour recouvrer la liberté sans y parvenir, et maintenant l’obtenaient par la promesse d'hommes étrangers qui combattaient pour elle sans qu'il coûtât une seule goutte de sang » (9). Et Flamininus ne s’en tint pas aux paroles. Il envoya un de ses lieutenants en Thrace pour faire sortir des villes et des îles les garnisons macédoniennes, Une nouvelle proclamation de la liberté de la Grèce eut lieu aux jeux néméens, à Argos. Puis « Titus allant par les villes y établit de très bonnes ordonnances, réforma la justice et remit les habitants
(8) Plutarque. Flamininus.
(9) Plutarque. Flamininus.
LIEU 184 pue et citoyens de chacune en bonne paix, amitié et concorde les uns avec les autres en rappelant ceux qui étaient bannis et fugitifs, et apaisant Les vieilles dissensions et querelles qu'ils avaient entre eux » (9).
Flamininus ne manque pas une occasion de rappeler combien il est magnanime. Il commence ainsi une lettre à une ville de la Perrhébie, nommée Cyreties : « Comme dans toutes les autres circonstances nous avons clairement manifesté les bonnes dispositions dont nous persormellement et le peuple romain, nous sommes d’une façon générale animés énvers vous... »
Il se glorifie d’avoir remis la Grèce en liberté plus que de tout autre exploit. En 196, Antiochos III de Syrie passe l'Hellespont, occupe Lysimacheia et menace d’aller plus loin. Flamininus lui fait signifier que les Grecs ne doivent plus être en butte à aucune agression, ni subir la loi de personne. Les Re doivent évidemment protéger en tous lieux la liberté grecque. Le traité imposé à Philippe porte donc que les Hellènes d’Asie sont libres et fait mention expresse des villes cariennes qu’il doit évacuer sans retard. Flamininus enjoint à Antiochos de ne pas toucher aux cités autonomes.
Il offrit des boucliers d'argent au Temple d’Apollon de Delphes, ils portent tous que Romains et lui-même sont descendants d’'Enée et que « Titus, Romain, ayant aux Grecs Ôté le joug pesant, en a rendant leur liberté périe vous a donné ce singulier présent » (ro).
Remarquons d’ailleurs que Rome est généreuse avec précaution. Elle limita les progrès des Etoliens vers l’Acarnie et vers la Thessalie. Elle aida les Achéens à abattre le tyran Nabis, mais sans leur permettre d’annexer le territoire de Sparte. La Thessalie une fois délivrée de la domination macédonienne, fut divisée en 4 cantons autonomes.
.. Entre les deux classes qui se partagent les cités grecques, Rome a pris parti. En 194, Flamininus s’occupa d’organiser en Thessalie les conseils et les tribunaux d’après
(9) Plutarque. Flamininus.
(10) Plutarque. Flamininus.
Le
ES
les conditions de cens et d’assurer le pouvoir à la classe
possédante, la plus intéressée au maintien de la paix.
Les villes grecques récompensèrent Flamininus. À son triomphe défilèrent 114 couronnes d’or données par elles à leur bienfaiteur. Avant de quitter la Grèce, Flamininus rassuré sans doute sur les divisions des Grecs, leur prodigua des conseils salutaires : « Usez de la liberté avec mesure... Veillez à assurer la bonne harmonie dans les cités entre les chefs de partis et entre les partis, comme dans l'assemblée du pays entre les cités. Tant que vous serez d'accord, ni rois, ni tyrans n'auront de force contre vous, mais le désordre et les séditions donnent toute facilité à ceux qui cherchent votre ruine, car dans les troubles civils, le parti qui a le dessous préfère la domination de l'étranger à celle d'un concitoyen » (11).
Les Romains se sont donc rembarqués mais pas pour longtemps. Antiochos travaillait à reconstituer l'empire d'Alexandre, c'était un dangereux voisin. Rome pensait l'inquiéter en s'intéressant au sort des villes grecques d'Asie, simple moyen de pression puisque Flamininus déclara aux envoyés d’Antiochos, en leur proposant l'alliance de Rome : « Si le roi promet de ne pas se mêler des affaires d'Europe, les Romains de leur côté ne se mêleront pas des affaires de l'Asie ». C’est d’ailleurs la défaite de Philippe qui a rendu Antiochos audacieux et, comme déclara le Consul Cornelius : « Il est inadmissible que les Romains aient fait la guerre à Philippe au prix des plus grands efforts, pour en laisser recueillir les fruits à Antiochos ». Mais officiellement il s’agit de défendre l’hellénisme contre Antiochos. Flamininus exalte la générosité de Rome devant les ambassadeurs syriens : « Lequel vous semble le plus généreux, de vouloir donner l'indépendance à toutes les cités grecques, en quelque lieu qu’elles soient situées, ou de prétendre les asservir et les rendre tributaires ?... Le peuple romain croit qu’il est de sa bonne foi et de sa constance après avoir pris en main la cause de l'indépendance grecque, de ne pas l’abandonner... les colonies envoyées
co Cité par Colin. Rome et la Grèce de 200 à 146 avant J.-C.
co 186 —
jadis en Eolide et en Ionie n'étaient pas dévtinéée: à y être les esclaves des rois, mais à multiplier et à répandre dans le monde la race du peuple le plus ancien de la terre » (12). Rome voulait abattre Antiochos.
La jeune génération romaine, avide, orgucilleuse, ne veut plus de modération. Elle persuade à la diplomatie de réussir à n'importe quel prix, par tous les moyens ; elle encourage les discordes, l’espionnage des Alliés, les guerres civiles dans les cités indépendantes de la Grèce ou les
grands états de l'Asie. Elle veut dominer sans effort. Avant | #
le début de la guerre à la Syrie, des commissaires spéciaux arrivent en Grèce pour prévenir les défections et ramener les hésitants dans l’alliance romaine. Les Romains s'installent en Epire avant qu'Antiochos soit passé en Grèce. Après la victoire, le ton change. Les Romains ont la conviction que leur peuple ne peut plus tolérer à côté de lui des nations qui soient pleinement les égales de leur - Etat.
Ils pensent qu’à leur bonté d'âme doït répondre une reconnaissance et une obéissance constantes. Les Grecs se réjouissaient de leur indépendance recouvrée. Les Romains s'irritaient de leur peu d’empressement à les soutenir:
Rome accorde encore des privilèges, mais aux villes qui se mettent sous sa tutelle, Les Etoliens avaient mis en branle Antiochos contre Rome. Philippe avait aidé Rome contre Antiochos. Rome pense seulement qu'il en a profité pour récupérer ses anciennes possessions et que les Etoliens ne sont pas dangereux. Flamininus intervint en leur faveur. Il écrivait : « Notre intérêt est bien moins de diminuer la puissance des Etoliens que d'empêcher Philippe de s’agrandir outre mesure ». Les Etoliens devinrent vas- Saux. ‘On reprit à Philippe la plus ne partie de ce qu'il avait occupé pendant les hostilités. « On accueille avec une partialité manifeste toutes les Dan qu’on recueille contre lui, on le soumet à des enquêtes humiliantes, on suscite des querelles intestines dans sa famille » (r2). Les Achéens avaient également aidé Rome, Grâce à Phili-
(12) Cité par Colin, Rome et la Grèce de 200 à 146 avant J.-C.
: poemen leur ligue grandissait et se fortifiait. Rome lui enleva Zacynthe — c’est Flamininus qui en exigea la remise — et installa une garnison permanente à Céphallénie, Elle
lui montra de plus en plus d’hostilité. Depuis 185, ses am-
bassadeurs, même sans mission officielle, prétendaient y parler en maîtres. En 182, à une demande d'aide de Ja ligue contre Messène, le Sénat répondit en appelant ouvertement le Péloponèse à la révolte : « Lors même que Sparte, Argos et Corinthe se retireraient de la ligue, le Sénat ne s'en soucierait pas ». La faveur de Rome pour les partis oligarchiques en Grèce n'avait pas cessé, ; Le parti oligarchique de Messène était hostile à l’alliance achéenne. Flamininus intervint en sa faveur et le Sénat refusa d’aider la ligue contre lui. 5e
Rome encourage naturellement le plus possible le parti romain antinational et les divisions à l’intérieur de la ligue. Elle est maintenant convaincue de ses droits sur les peuples étrangers et ses hauts fonctionnaires commettent impunément les pires abus de pouvoir. Le philhellénisme à la mode au début du siècle s’est changé en un parfait mépris pour ces villes qui ne savent ni obéir, ni se gouverner elles-mêmes. Il faudrait leur imposer le repos et l’ordre sans avoir égard à leur brillant passé.
Les Romains séduits par l'éclat de la civilisation grecque ont vu les Grecs eux-mêmes de trop près. Ils sont plats, vénaux, cruels, menteurs, indolents. Ils ne veulent ni faire la guerre, ni contribuer. « Flamininus, pour détourner les Grecs d’anéantir Nabis, leur peint les sacrifices que nécessitera un long siège, leur demande de préciser ce qu'ils peuvent attendre de leurs villes... » (15) ...et Sparte fut épargnée. Les Grecs substituent trop souvent les paroles aux actes : « Les Athéniens faisaient la guerre avec des mots et des écrits, c'est la seule arme qu'ils sachent manier » (Tite-Live). Les vieux Romains accusent les Grecs de corrompre les mœurs. On prend des mesures contre eux, En 186, se déroule le procès des Bacchanales. En 173, on expulse de Rome deux philosophes épicuriens.
(x3) Colin, op. cité,
, r “ : : ; 2 *« La Macédoine redevint menaçante avec Persée. Rome
lui déclara la guerre. Mais l’inaptitude des généraux et l’indiscipline des soldats amenèrent d’abord “des défaites retentissantes. Les Alliés Grecs subirent des vexations et des
violences. Le pays fut ruiné par les trafiquants romains.
Les villes se plaignirent au Sénat et la majorité des Grecs accueillit avec joie les nouvelles des victoires de Persée. Le Sénat se rendit compte que Rome devenait odieuse et répara les dommages. Une réaction se produisit contre l'esprit mercantile de la nouvelle génération. Paul Emile termina la guerre et imposa une paix « genre ancien ». La Macédoine, “devenue « libre », fut partagée en quatre cantons complètement séparés. On ferma les mines d’or pour que les capitalistes italiens n’envahissent pas le pays.
Une vaste inquisition s'étend sur la Grèce. On punit ceux qui ont hésité à prendre parti pour Rome. On déporte
un, millier d’'Achéens. On ruine Rhodes. Et pourtant une
nouvelle vague de philhellénisme envahit l'Italie. Enurichis par le tribut macédonien, les Romains demandent aux Grecs des architectes, des peintres, des sculpteurs.
Le théâtre est grec. En 155, un péripatéticien, ou Stoïcien et un Académicien viennent en ambassade à Rome et y donnent des conférences. Leur succès est prodigieux. Mais les Romains se défendent contre l'influence grecque et après avoir déclaré que « les Athéniens nous ont envoyé des députés, non pour nous persuader, mais pour nous contraindre de faire ce qu'ils veulent », les sénateurs renvoyèrent poliment les philosophes.
Après la défaite de Persée, les Grecs vécurent relativement en paix. Les conflits entre cités étaient soumis à l'arbitrage, ordinairement sous le patronage du Sénat romain qui précisait le point de droit et nommait pour arbitre une cité tierce qui décidait du point de fait. C’est un
début de « paix romaine ». Maïs Rome se sait maintenant”
prédominante, sans conteste, et elle en abuse.
Le joug romain devient si dur, l'impérialisme se déchaîne is violemment qu’au milieu du 1° siècle, des soulèvements éclatent un peu partout, en Espagne, en Macédoine à deux reprises, Carthage se défend désespérément. Rome a peur de nouveau et frappe sans pitié. La Grèce s’ébranla à son