LE
tour. Les partis romains s'y étaient rendus odieux depuis
irente ans. Malheureusement l'origine du soulèvement fut unc affaire assez équivoque, ses chefs, des démagogues sans
foi et sans conscience, ses troupes principalement des hor-
des misérables et méprisables. 11 ne pouvait pas réussir. Le peuple grec gagné par un esprit de vertige et malgré la patience cette fois remarquable de Rome, commit une imprudence folle et la paya cher. L'armée se dispersa au premier choc et bientôt l'ordre régna en Grèce.
Les conditions naturelles du pays auraient permis, semble-t-il, une « guérilla » qui eut prolongé la lutte et lassé peut-être l’armée romaine. Au contraire, la Grèce ne continua pas la résistance et si elle s'arrêta, ce ne fut pas
‘pour réparer ses forces, puisque les Romains la dominèrent
sans difficultés pendant plusieurs siècles.
C'est d'autant plus étrange, comparé à l’opiniatreté et à l’acharnement avec lesquels la Grèce menait ses guerres civiles, où la défaite entraînait toujours une fièvre de revanche qui ne tombait qu'après une nouvelle guerre.
L’explication m'oblige à considérer non plus l'aspect extérieur de la politique grecque au rr° siècle, mais son aspect intérieur et plus spécialement l'influence du parti qui invoqua ou tout au moins permit la conquête romaine.
Comme toute classe possédante de n'importe quel pays du monde les riches en Grèce désiraient l’ordre et la paix sociale. Jusqu'au n° siècle, ils comptèrent, soit sur eux-mèêmes, soit sur la Macédoine, pour contenir l'élément populaire. La ligue achéenne, en abattant avec Cléomène la possibilité d’une réforme agraire étendue, représenta l’ordre en face des démocrates perturbateurs. Mais alors qu'au temps de la domination macédonienne, l'opposition entre olivarchie et démocratie différait de l'opposition entre le parti macédonien et le parti grec national, à partir de Cynoscéphales, l'aristocratie grecque, à des degrés divers, lia sa cause à celle de Rome. Philippe V avait excité sa méfiance par son alliance avec les Etoliens, puis par ses excès. Les Romain encourageaient les partis oligarchiques locaux. L'aristocratie vit donc dans la domination - romaine le moyen de mettre fin aux revendications populaires, peutêtre sa dernière chance de salut avant un embrasement
général. Ses membres les plus patriotes : se plurent du moins s à penser que la résistance à Rome était impossible et que rien ne pouvait être pire que leur situation présente. L'at- ps
trait pour le régime romain varia aussi selon les rivalités de personnes à intérieur de la ligue, selon la courtoisie ou les exigences romaines.
Les plus modérés des romanophiles suivaient Ârites
thène.
Aristhène, stratège de la ligue achéenne, en 198, 7
déterminé l’Achaïe, à rompre avec la Macédoine. Il intervint de plus, auprès des Thébaïns, en 197, pour qu'ils acceptent l'alliance romaine, alors que l’ensemble de la Béo-
tie, où le parti démocratique était prépondérant, soutenait
la Macédoine. Du reste, il était partisan des Romains uniquement parce que leur situation lui paraissait incomparablement plus forte que celle de Philippe. Les Achéens étaient én principe les alliés de Philippe ; ils l'avaient été pendant la première guerre de Macédoine. Mais Philippe, en 198, avait déjà montré qu’il ne pouvait résister aux
Romains, il pourrait donc encore moins venir au secours
de ses alliés et il fallait que les Achéens pourvoient euxmêines à leur propre salut. Il fut réélu stratège en 196 et en 186. Polybe juge sa politique « sage et sûre ». Il ne
haïssait pas Le peuple et il avait le sentiment de la dignité
de la ligue, mais il espérait obtenir, grâce à la faveur de Roine, des avantages pour les Achéens. Politique de faiblesse et de résignation sans doute : du moins voulait-il épargner à son pays une sanglante agouie et persuader aux Péloponésiens de passer paisiblement à un état de nul-
lité politique probable sous la domination romaine, Il ne.
voulait pas, comme Philopoemen, ruser avec Rome. dé-
fendre pied à pied les droits de la ligue, I] disait aux
Achéens : « il n'est pas possible que vous restiez les amis dés Romains en leur présentant à la fois le caducée et la lance. Si nous sommes assez forts, marchons contre eux ;
sinon, obéissons. Il y a deux buts à toute politique : le beau et l’utile. Ne peut-on atteindre l’un, du moins qu'on sai-
sisse l’autre ! Ou bien montrons que nous sommes assez
forts pour ne pas obéir, ou si nous obéissons, que ce soit de bonne grâce et avec empressement. »
— fÿ1 —
Les meilleurs éléments de l'aristocratie grecque (nous mettons à part les membres du tiers-parti) ne dépassaient Pas le genre « Aristhène ». Elle comprenait aussi des gens qui sont convaincus que, devant la formidable puissance de Rome, l’affaissement politique de Ja Grèce, la décadence morale et la ruine économique du peuple, rien n’est plus désirable que de s’abandonner complètement aux Romains qui leur assureraient le calme, la sécurité personnelle et la jouissance paisible de leurs richesses. Tel est Diophane, straiège en 192, au moment de la guerre de Rome contre Antiochos. Flamininus le traita sans ménagement, Il le blâma d’avoir entrepris une guerre contre la Messénie sans l'assentiment préalable de Rome. C’est sous sa magistrature qu’il exigea que les Achéens lui remettent Zacynthe, achetée par eux aux Athamanes en disant : « ce n’est pas pour Diophane et les Achéens que le consul Acilius et ses légions ont combattu aux Thermopyles ». Cela ne l’empèêcha pas de devenir, après la défaite des Syriens, le chef d’un parti qui proclamait ouvertement que l’Achaïe devait se jeter dans les bras de Rome, aller au devant de ses de- mandes. :
- Aristhène et lui, en tant que chefs de l’oligarchie, étaient opposés à Philipoemen et ses amis que le peuple préférait, et contrecarraient son action. Après un soulèvement de Sparte contre la Ligue, et une très dure répres- Sion ordonnée par Philipoemen, Diophane et Aristhène se fondant sur ce que Philippoemen avait outrepassé la me-
__ sure, mais surtout par haine de leur adversaire politique, deémandèrent à l'ambassadeur romain Cecilius d'intervenir.
Aristhène alors stratège convoque l'assemblée à Argos. Cecilius s’y rendit, se plaignit du traitement infligé à Sparte &t Diophane accusa les Achéens devant lui, critiqua la conduite de la ligue, ajouta de nouveaux griefs. Chez lui,
comme chez la plupart des aristocrates, le partisan avait tué le patriote. Rome connut ainsi l’existence d’un parti de l’obéissance passive.
De l'aristocratie grecque sortit encore une autre faction, rappelant Lysandre et les oligarques fanatiques de la guerre de Décélie, accessible en partie à la plus vulgaire corruption, qui toujours et par haine du peuple, chercha
à conserver ou à acquérir un pouvoir despotique sur ses
concitoyens par tous les moyens et, en premier lieu, par
un dévouement à Rome aussi insensé qu’antinational. C’est cette faction qui porte la responsabilité de la ruine de la
Grèce, plus que le Sénat romain. Elle fut dignement re-
présentée par Callicratès.
Ses débuts coïncident avec la naïssance d’un Dai démocratique en Achaïe, après la mort de Philipoemen.
L’aristocratie menacée devint plus impérieuse. Callicratès
exposa ses idées devant le Sénat achéen pendant une dis-
cussion sur Sparte. Sa politique est simple : il faut avant
tout se soumettre à la volonté des Romains c’est plus important que les traités qu'ont conclus les Achéens, que les décisions qu'ils ont prises. Il fut envoyé à Roine pour liquider l'affaire spartiate. Il reprocha au Sénat sa modération : Si les Achéens, dit-il, résistent, à ses désirs, c’est la faute des Romains. « Il y a deux partis en Grèce : un, peu disposé à se soumettre à Rome ; un, oligarchique, ami des Romains. Si Rome n'aide pas ses amis, la position du parti oligarchique sera bientôt intenable dans toute la Grèce. Il faut que les Romains emploient tous les moyens pour assurer la victoire de leurs amis, séparer du peuple les chefs de la démocratie. La foule sans guide ne pourra s’opposer à Rome. » (14). Le Sénat recommanda chaudement Callicratès, qui fut nommé stratège en 180, les Achéens craignant une rupture ouverte avec Rome. Îl ramena des Spartiates et des oligarques exilés qui formèrent le noyau d’un parti complètement dévoué au Sénat et hostile à la ligue luttant contre toute activité politique indépendante de celle-ci. Le parti modéré, voyant que grandissaient les exigences du Sénat, voulait s'appuyer sur l'Egypte. Aristhène, Diophane, et Callicratès s’y opposèrent. Ils furent aidés par l'affaiblissement, le besoin de repos des Achéens après les efforts de 192-182 pour empêcher les dissidences à l’intérieur de la ligue. Les riches qui avaient de lourdes charges à supporter, voyaient d’un bon œil l’ac-
(14) Cité par Hertzberg : Histoire de la Grèce sous la domination romaine.
fr
cord de Rome et de Callicratès. Au moment de la tension entre Rome et Persée, Callicratès s’opposa à la restitution par le roi d'esclaves achéens réfugiés en Macédoine, ce qui était une façon de prendre contact, et refusa de recevoir les ambassadeurs macédoniens, |
Dans le peuple, l’antipathie pour les Romains croissait. Eumène Il, roi de Pergame, était un mécène généreux et un ami des Romains. On lui avait élevé des statues en Achaïe: elles furent renversées. Les inscriptions louangeuses furent enlevées et les-fêtes célébrées en son-honneur furent abolies. Mais quand, après la défaite de Persée, Rome se révéla plus forte que jamais, Callicrate et ses amis firent des coupes sombres dans les rangs de leurs adversaires politiques. Le parti modéré en fut la principale victime.
Entre les oligraques et les démagogues de l’Achaïe, existait un tiers-parti modéré, mais représenté d’abord avec éclat par Philipoemen. Il fut stratège 8 fois entre 208 et 182, date de sa mort. Il sut, sans heurter de front les Ro-
° mains, réorganiser les forces militaires de la ligue et y rassembler toutes les cités du Péloponèse. La ligue achéenne reprit grâce à lui assez de puissance pour que les rois d'Orient, Seleucos, Eumène, Ptolémée lui envoient des ambassades. Il ne mésestimait pas la force romaine, mais il voulait du moins reculer le plus possible le jour où les Grecs auraient à obéir. « Il faisait comme le bon pilote, qui résiste le plus qu'il peut à la rudesse du temps et à la force des ondes. » (15).
__ Il répondait à Aristhène : « Devons-nous nous unir de toutes nos forces à nos maîtres et subir sans opposition les ordres les plus durs, ou bien nous raïidir tant que nous pouvons et retarder notre esclavage P » Il pensait que, aussi longtemps que les Romains reconnaîtraient aux Achéens en tant qu'alliés les mêmes droits qu’à eux-mèêmes et admettraient comme un fait légal l'indépendance oreéque, il fallait s'opposer aux empiètements de leurs hommes d'état en s'appuyant sur le droit et en faisant appel au sentiment de la justice chez les Romains. On em-
(15) Plutarque, Philipormen.
ploieréit ltous llesmoyens pacifiques pour réprimer la tendance «des diplomates romains à se mettre au+<dessus des
jo as constitution achéenne qui les gênaient
st a preuve mépétée d'une force ‘de résistance :chez ‘es Kthéons inciterait Rome mieux qu'une molle indifférente, à des -traïter «avec ménagement. Malgré l’oligarchie, Philipoemen imposa ‘de justes qi more démocratiques pour xat- #acher ile peuple à la ligue.
Après sa mort, le‘parti arobéré eut à :sa tête Lycortas, plusieurs fois ‘stratège, Apollonidas de Sicyone, Xénon de Patrae, Ariston «de Mégalopolis, puis Polybe, le fils te Lycortas. Mais, à défait d'espoir dans le succès, Philipoemen
avai une énergie et une habileté qui manquèrent à ses successeurs. Ts savent réfuter iles griefs des Romains mais üls ne luttent plus, ïls'se plaignent : «si notre traité a une valeur, ‘si notre amitié nous place bien sur le mêmie pied, Pourquoi, lorsque je n’examine pas, moi, te que vous autres, Romains, vous ‘avez fait après la prise de Capoue, venez-vous demander compte aux Achéens de leur conduite “envers les Spartiates qu’ils ont vaincus par des armes ? C'est pour la forme, direz-vous, que nous avons traité d'égal à égal, en ‘réalité les Achéens n’ont qu'une liberté ‘obteriue par grâce, les Romaïns ont en mains l'autorité suprême. Je le sens. ». C'est la réponse de Lycortas à un réquisitoire de l'envoyé romain Appius Claudius, en 184. Appuis écouta Lycortas ‘êt autorisa les Spartiätes à envoyer des armbassadeurs à Rome, alors que Sparte faisait partie de la digue ‘achéenne et qu'aucune ville de dla ligue n'’avaït le droit de communiquer personnellement avec ‘une puissance étranæère. Certains Grecs voulaient conserver l'héritage de gloire de leurs ancêtres, mais il y ‘avait contradiction ‘entre leurs paroles souvent arrogantes et leurs forces dérisoires. Au moment de l'entrée ‘en guerre de Rome contre Persée, Archon, membre du tiers- parti et stratève, déclara qu'il fallait abandonner aux circonstances puis, Lycortas de- -mandant une neutralité absolue, ïl offrit aux Romaïns le éoncours de la ligue. Polybe ‘hésitait. Le ‘parti appréhendait la victoire de Persée, auquel était favorable le parti populaire, plus que celle de Rome. Polybe, chargé d'offrir l'appui de la ligue aux généraux romains, fut joué par
parut LL es FA QE n ‘avaient pas voulu aider
Cernte ét les o ligarques, tenus élôignés du pou-
ins ‘de l’ascendant qu'avait pris Je parti modéré,
leur revanche après Pydna. Le parti fut décapité. be s’én älla en ‘alie avec un millier d'Achéens.
7 Le parti üligarchique à gagné. Rien ne se fit plus en
Athaïe sans la volonté de Rome. ‘Callicratès déclara de-
vant l'assemblée, que les Achéens ne pouvaient faire fa
guérre ni contracter d'alliance, sans l'agrément des Ro-
Le Sénat, en qualité d arbitre, réglait toutes les af-
es entre l’Achaïe et ses voisins. Les modérés furent mas-
sacrés où gagnés, le tièrs- “parti disparut. Il restait le peuple .
ét des ‘hommes qui, par esprit de faction où par intérêt,
a. invoquaient la domination étrangère. Callicratès demeura
impopulaire. Les enfants des écoles l'appélaient traître et,
à sa mort, on renversa ses statues.
Mais Rome, avant d° employ ér $és ‘armes contre la Grèce, remporta une victoire morale. Elle conquit l'élite grecque par le truchement d’un de ses représentants les pus qualifiés : Polybe. Elle donna à de vrais patriotes le désir = de sa domination.
% En effet, Polybe arrive à Rome, venant d’un pays déchiré, ruiné, vide T'homihes : sans force et sans fierté. Îl voit les monuments, les statues, les trophées des vain-
UEUrS. 11 remarque que l'autorité du Sénat est entière à Rome. Il lui semble que la pondération des pouvoirs qu'il : prône “existe ici : les consuls sont maîtres de l'armée ét äù
pouvoir exécutif. Le Sénat dirige les finances, la politique
étrangère, la justice ; le peuple a des élections pour don-
ner son avis, des tribuns pour Te défendre. Polybe consi-
dère que Rome est la seule ville où la politique puisse avoir
__ de la suite, où le danger public réunit les volontés au lieu
davrir les divisons, où personne n'appellera l'étranger __ pour assurer le triomphe de son parti. Les citoyens sont
disciplinés, ils servent leur pays et aucun autre. Ils sont attachés aux coutumes, à la religion, aux superstitions de Ja cité. Ils ne volent pas l'État et ils ont en lui une confiance illimitée, car ils savent qu’à à chaque entreprise il ira jusqu’au bout «et que l'ennemi n'a pas de partisan dans la place. poor reconnaît alors que Rome a droit à l'empire
.«Cil entreprit l’histoire et l'éloge de la conquête romaine ». Si Rome a conquis l’empire, c’est qu’elle l’a mérité. L'œuvre de Rome doit servir de modèle aux Grecs. La conclusion est celle-ci : « ...Laissez de côté vos illusions d’indépendance. En échange d’une docilité que l'admiration rendra facile, vous recevrez de Rome la paix, de bonnes lois et l’espoir de voir cesser pour toujours ces luttes qui ont enlevé à vos générations le bonheur et même la vertu » (16).
Polybe revint en Grèce en 150 avec les 300 bannis survivants après 18 ans de captivité. Par sagesse maintenant
l'élite grecque désire la domination romaine. Le temps de
Philipoemen est loin. La Grèce semble résignée. Mais, peu après le retour des exilés, elle a un nouveau sursaut. Après un conflit avec Rome qu’amène une histoire de « pots de vin » entre stratèges, deux anciens bannis se font donner un pouvoir dictatorial, inaugurent une politique de salut public, mettent sur pied deux armées, déclarent la guerre et prennent l'offensive. Polybe condamne l'insurrection sans indulgence. Il ne veut pas y voir la SUpIee tentative d’un peuple auquel on parle de liberté depuis 5o ans et qui supporte l’insolence des Romains, la révolte contre le despotisme des partis romains locaux pire que celui des vainqueurs, la préférence donnée à la mort sur l'esclavage par les Grecs comme par les Carthaginois, mais l’aveuglement des chefs, les mesures démagogiques, le déchaînement du parti populaire. Le désastre est rapide et complet, les représailles terribles. Polybe est ‘impitoyable : « La Grèce ne nous fournit pas le plus léger prétexte pour excuser ses fautes ». « Il était d’un bon citoyen de servir la Grèce en cherchant à l’excuser, en voilant ses fautes, en travaillant à adoucir la colère des vainqueurs... si nous n’avions pas été perdus si vite, nous étions perdus tout à fait. » Les sentiments de Polybe sont ceux d’une bonne partie, de la meilleure partie de la nation. Si Rome a gagné si facilement, elle le doit donc moins à sa force qu'à la complicité des vaincus. « Le cœur d'un Grec était tout disposé à se laisser conquérir » (16). Il y avait une alliance « naturelle et étroite »
(16) Fustel de Coulanges. Polybe ou li Grèce conquise par les Romains. in
grecque. Fait “explicable
ice une on ie le en s intérêts d’une classe, oppri-
rit de ru empêcha de concilier intérêts se … . E sent ne que ro l'es-
En
(17) Guiraud. La Propriété Foncière en Grèce.