CONCLUSION
La Grèce fut calme après Leucopetra. Elle redevint
pour quelques temps une annexe de la Macédoine maïnte-
nant province romaine, et forma ensuite la province d’A-
chaïe. Les ligues sont dissoutes ; les habitants des cités
n'ont pas le droit d'acquérir ni probablement de se marier
dans les cités voisines. Le Gouvernement municipal est
réformé dans un sens aristocratique : les magistratures sont
réservées aux riches et dans les Assemblée, seul le Prési-
qui refusait de se défendre, refuse maintenant de vivre.
La Grèce meurt. air
L'Etat né pour permettre aux hommes de vivre, ne se. maintient qu'en assurant à la majorité d'entre eux un certain bonheur. Notre étude nous a montré. une: des expériences les plus extraordinaires tentées pour le. bonheur de l’homme. Elle a réussi un moment quand la société grecque eut réalisé un équilibre précaire entre les droits de l'Etat et ceux de l'individu. « La, démocratie: censitaire fit du: petit peuple: grec un ensemble si. riche, si nombreux et si original que la: Gnèce, apnès. la conquête: d'Alexandre, put envoyer partout des administrateurs, des soldats, des
colons, des artistes, transformer la: civilisation de millions
d'hommes, leur prendre ce qu’elle avait. de meilleur, et
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fondre le tout en la civilisation hellénistique » (1). Mais en même temps que la Grèce perdait ce qu’elle avait de imeilleur au profit de ses conquêtes, elle fut ruinée du dedans. « Quand un Etat, qui a échappé à bon nombre de graves dangers, parvient ensuite à matie incontestées, il est fatal, pour peu que sa prospérité soit durable, que la vie y devienne plus somptueuse, et les gens immodérés dans leur ambition ou leurs désirs. Le mal
s’agoravant, la décadence sera d' abord amenée par la pas-
sion “du pouvoir, par la honte qu’on éprouvera à vivre dans l'obscurité puis par le goût du luxe et l’étalage que les riches feront de leur fortune ; le peuple la portera à son comble quand il se croira lésé par la cupidité des uns et que les autres, pour arriver au pouvoir, auront enflé sa présomption par leurs flatteries. Alors, n’écoutant plus que la fureur qui l'anime, il refusera d’obéir, il ne consentira même plus à partager l'autorité avec les magistrats, mais il voudra l’accaparer tout entière. Le gouvernement portera encore le plus beau des noms, celui “d'état libre et de démocratie, mais en fait il sera le pire de tous, une déinagogie. » (2).
D'autre part, le bonheur de quelques-uns a été fondé sur la misère du plus grand nombre : esclaves, colonies sujettes, villes grecques asservies ; c’est pourquoi sa durée fut éphémère. Pendant cette courte période, l’état assurant la vie matérielle, la civilisation s’épanouit merveilleusement. Avertis pourtant par leurs poètes que la trop grande prospérité attirait la colère des dieux, les Grecs ferimèrent les yeux sur l'extérieur. Ils cherchèrent à réaliser la justice dans la cité (souvenons-nous que pour eux l’humanité commençait avec la liberté, l’esclave était donc en dehors de toute justice) sans tenir compte de l'étranger, sans voir qu’en face d’eux, les Macédoniens puis les Romains incarnaient la nation et l'impérialisme. En posant en premier lieu la question morale, ils négligèrent celle de l’organisation sociale. Ils se divisèrent en recherchant la justice et
(1) Laurent. Essai d'histoire sociale.
(2) Polybe, livre VI.
une puissance et à une supré-
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ae à dd. ruine à re RS n d'un n peuple esclave aux libres cités grecques.
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Vu et permis d'imprimer Ë Le ET de l’Académie de Paris, Le CARGOPINO.
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