‹ La Grèce devant le CongrèsChapitre 20 sur 21 · LA LOI DE DÉPORTATION · texte numérisé non relu

LA LOI DE DÉPORTATION

Les deux grands centres de Thellénisme, Constantinople et Smyrne, échappèrent seuls à la destruction. Le nombre des Grecs y était trop élevé pour qu'on les exterminât. Pour rendre les résultats plus certains, une loi spéciale fut édictée sur les déportations. Il ne fut plus permis aux chrétiens de vivre dans leurs villages. Ils furent jelés dans les prisons ou envoyés dans des lialaillons de travailleurs, tandis (jU(^ leurs femmes et leurs entants partaient pour intérieur, où ils étaient disséminés parmi les villages musulmans dans la proportion de 10 0/0 de la population musulmane.

Ces émigrations furent pr()l)ablement les plus sinistres que le monde ait jamais conuues. Nu-pieds, sans eau ni pain, battus par leurs gardes, en hutte aux attaques des lirigauds, saus un moment d(^ re|)os, c.'s malheureux allaient vers leur l(>inlaine destination. Des milliers mouraient de fatigue et de souffrance le long des routes ; reniant qui venait de naitre était abandonné par sa mère, obligée de suivre la colonne; on ne pouvait rien emporter avec soi, et il était défendu dï^ntrer dans les villages rencontrés en route pour y acheter de quoi se nourrir. Dès le départ, les toits étaient déjà en tlamuies, témoignant qu'un nouveau village grec venait d'élre délruit. Des centaines de jeunes filles étaient retenues par les Turcs et converties de force à rislaniisme.

A randoi ina. Liniaii von Sandors fonda nu orpliolinat [X>t»r les (illes chrétiennes converties à rislaiii et lorca la |)o|jnlalion gre<Miue à fournil' lO.OOO livres pour son entrelien. Un ordre formel prescrivait {\w rien ne d^^vait être v^idii aux taniilles i^recqu(\s logées dans les villaj^es niusulinans, sans leur convt'rsion pivalahle à rislaniisine. Au\ rrtui^iés chrétiens il n était alloué (pu* 20 centimes par jour jus(|u à leur conversion. A(>rés les déportations des côtes de la mer de Marmara el dWsie Mineure, ce tut le tr)ur des colonios i:ro<*ques dr la m<}r ^lOU^^^

CHIFFRtS TERRIFIANTS

Ualet Paclia, ex-ij^ouvcriMMU* dr lîitlis, fut envoyé à Sams<Mm avec J'ordrr forinel de dev<Miir !<' des Grecs, il rem[)lit sa fnission inlégralcMiienl .

JMus de loO.OOO lurent déjujrtés de ce district et de celin de Trébi/ond(\ Craii:.nant le sort des Arméniens^ des centaines déjeunes lillcs si^ suicidérmt (mi s(» jetant dans les riviéns. lUins la province de Sanisoun, lUS villai;es Jurent eirtièrem^ml évacués et hrfdés, mais il est très probable que ce chitVre doil être encore aui;nienté. car aucune nouvelle iVa transpiré sur le sort de nombrcMix cl llorissants villai;(.*s de I;î montagne.

En résumé, on a la certitude que loO.OOn Grecs ont rir déportés et sont morls, (pie io().000 furent enrôlés dans les balaillons de travailleurs et sont morts rpie 2o0.000 s(3 sont ejduis d'Asie Mineure et de TInace en Grèce <'t que ÎJoO.OOO furent déportés après les guerres balkaniques et avant la Jurande guerre. Et ces événements traiiiques. tmi dépil d(^ Tnrmistice, eonlinuent à se déiouler.

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