II. Inscriptions du midi de la Gcufle
( Ces inscriptioiis sont en canctères grecs.)
i^ Inscription découverte en 1742, à Nimes, près du sacellum du dieu Nemausus, appelé vulgairement temple de Diane. Elle est gravée sur le tailloir d'un chapiteau, en beaux caractères grecs d'une époque ancienne qu'on ne peut pas préciser. Les mots y sont écrits à la suite les uns des autres, sans intervalles ni signes séparatife, ce qui augmente encore les difficuftés résultant de l'ignorance profonde où nous sommes de la langue à laquelle ils appartiennent.
D'après les interprétations qui ont été tentées avec plus ou moins de succès par différents savants, le texte présente, selon les uns, une série de noms géographiques où figurent, avec le nom de Nimes, ceux de certaines localités des environs; dans ce cas, il faut lire :
FAPTA . BIAIAAANO . ITAKO . ZAEAE MA . TPZBO . ICAHATZ . OLABO . HPATOTAK.
et traduire : ^
Gardie | Vedeillan | Uzès | Seync | Trêves | Nimes | Huchau Brethmas |
Selon d'autres, il s'agirait d'une dédicace aux déesses mères de Nimes, monument devant alors être lu :
FAPTA . BIAlAAANOriAKOZ . AEAB MATPEBO . NAMArZIKABO . BPATOTAE.
et traduit :
Garta Vidillanoviacus dédit Matribus Namausicis (ex) imperio, vel decreto.
2" Inscription votive gravée en lettres grecques cursives sur une petite dalle de pierre blanche à peu près carrée, provenant de Vaison (Vaucluse), aujourd'hui au musée d'Avignon.
La lecture en est certaine comme il suit :
CErOMAPOG OriAAONEOC
Toorxiorc
MAMATKÂTIG ElûPOr . BBAH CAHI . COCIN NEMBTON .
Les celtistes pensent qu'elle doit être traduite : Segomaros Villoneos, magistratus Nemausensis, effecit Belisemse hocce fanum.
30 et 4® Les deux inscriptions suivantes trouvées sur deux stèles à Glanum, Saint-Remy en Provence, ne paraissent contenir que des noms propres.
La première porte :
BIMMOG AITOTM ▲PEOG
et paraît devoir se traduire :
Bimmus, [fils] de Litomarus
OU
Bimmus, [du pays] de Litomare.
La deuxième porte :
OrPITTA
&OCHAO
TGKONI
oc
et paraît devoir se traduire :
Urittacus, [fils] d'Elusconius.
5® Stèle en pierre de Lens (Gard), trouvée en 1876 à Nimes, près du castellum divisorium de l'ancien aqueduc romain. — L'inscription est gravée sur deux faces adjacentes, et doit être lue en suivant les lignes d'une face à l'autre. Les caractères grecs sont d'un archaïsme très-prononcé, et la forme particulière du C (sigma carré) permet de croire que cette inscription celtique est la plus ancienne connue.
Première face :
Deuxième face r
KACCI
TAAOC
orEPci
KNOCA
EAEBP
ATOVA
EKANT
ENAAA
MIEINO
YI
La dernière ligne seule est douteuse. — D'après M. Germer-Durand, elle doit être lue :
Cassitalos Ouersicnos dede bratoude Kantena lamiei noui,
et semble indiquer que < Cassitalus Versicnus a offert, sur l'ordre de Cantena, neuf (colonnes ou présents)? »
(Voir, pour la lecture et l'interprétation de quelques-unes de ces inscriptions, la Revue archéolo^
gique (avril-août 1867); — ^^ Nouvel Essai sur les inscriptions gauloises de M. Ad. Pictet, 1867; — ^^ Dictionnaire archéologique de la Gaule (époque celtique), 1867; — l^s Mémoires et les Procès- Ver baux de r Académie du Gard, i85i et 1876; — le Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 1876; — et la Revue des Sociétés savantes des départements, 1876.)