‹ La Grèce moderne: héros et poetesChapitre 2 sur 48 · A LA LIBRAIRIE NOUVELLE · texte numérisé non relu

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De tous les événements qui, au début de ce siècle, ont signalé la profonde désorganisation intérieure de la puissance musulmane, le plus considérable est, à coup sûr, la résurrection de la Grèce. Jusqu'à présent, on ne Ta guère étudiée que dans les guerres de l'indépendance qui en forment la dernière et, à vrai dire, la plus brillante phase. Cependant la Grèce protesta contre la domination étrangère bien longtemps avant le jour où l'Europe la vit se lever tout entière pour reconquérir sa nationalité. En 1821, l'insurrection des Grecs datait déjà de plusieurs siècles, isolée, obscure, mal dirigée, étouffée d'un côté, renaissant de l'autre, mais suffisante pour établir d'une façon certaine l'indestructible vitalité de la nation, et pour maintenir en elle un ardent foyer de patriotisme et de liberté.

Dès que l'Albanie et la Morée furent définitivement conquises par Mahomet IP (1467), les Turcs firent peser un joug si écrasant, exercèrent une si barbare oppression sur

les malheureuses provinces grecques, que les chrétiens, résolus à ne pas abjurer leur foi, évacuèrent en foule les villes et les campagnes. Les sommets jusqu'alors inhabités de POlympe, du Pinde, du Parnasse, du Taygète, les solitudes les plus sauvages et les moins accessibles, se peuplèrent d'hommes au cœur d'airain, à l'âme indomptable, qui aimèrent mieux, ainsi que le disent leurs chansons populaires, vivre en compagnie des bêtes féroces que des Turcs. Bientôt chaque montagne eut son armatole, chaque rocher son klephte. Le grand travail de l'émancipation commence, et trois périodes distinctes mènent la Grèce, des luttes de montagne qui préparent son indépendance, aux combats et aux victoires maritimes qui la consacrent. La première, celle qui s'ouvre dès le lendemain de la conquête pour se continuer jusqu'au début de ce siècle, a eu peu de retentissement dans l'histoire; pourtant ce fut une guerre permanente de la montagne contre la plaine. Cette époque se termine avec la tragique histoire de la montagne de Souli, qui la caractérise en traits saisissants, et qui a fourni à la poésie populaire de la Grèce ses plus romanesques légendes. Photos Tsavellas en est la plus grande figure. — Dans la seconde période, l'insurrection de la montagne gagne peu à peu la plaine et les villes. A ce moment, la guerre change de face; d'isolée, elle devient générale; les tribus s'unissent; les provinces insurgées se donnent la main et combinent leurs efforts pour le salut commun; l'unité de la nation, un instant brisée,

se reforme an bruit des combats et se cimente par le sang répandu. Les Grecs livrent des batailles rangées, opèrent de brillantes retraites, soutiennent de longs sièges, prennent des villes. Le nom de Missolonghi, où le plus grand héros de la Grèce moderne et le plus grand poëte peut-être de ce siècle trouvèrent la mort, domine cette glorieuse époque. L'empire ottoman est ébranlé, et la Grèce sort vivante et régénérée des tombeaux de Botzaris et Byron. — Enfin, dans la troisième période, la mer prête l'immensité de ses plaines aux derniers épisodes de cette longue lutte. Quelques bâtiments de cabotage se mesurent hardiment avec les gros vaisseaux turcs; une flottille mal équipée, mais dirigée par un homme plein de génie et d'audace, Miaôulis Vocos, met en déroute les grandes flottes ottomanes, et l'anéantissemeut de la puissance maritime des Turcs consomme l'œuvre de l'affranchissement des Hellènes.

Trois hommes ont personnifié glorieusement ces trois époques. La guerre de l'indépendance, concentrée d'abord dans les montagnes, puis dans les villes, enfin sur la mer, a pour représentants Photos Tsavellas,Marc Botzaris et l'amiral Miaôulis, qui imprimèrent tour à tour à l'insurrection grecque le caractère spécial de leur génie. C'est à Photos Tsavellas que Tordre des temps assigne la première place dans les études, qu'aidé d'informations recueillies dans le pays même, nous consacrons à ces héroïques émancipateurs de la Grèce.

Après avoir suivi les Hellènes sur les champs de bataille de l'indépendance, il sera naturel de les suivre aussi dans la seconde période de leur renaissance, période pendant laquelle ils déployèrent autant d'activité, de persévérance et de zèle pour secouer les langes de la barbarie, qu'ils en avaient déployé pour briser les chaînes de leur esclavage séculaire. On verra, de la sorte, comment, redevenus maîtres d'euxmêmes par leur héroïsme, ils s'efforcent aujourd'hui de marquer leur place au sein des nations civilisées par la culture assidue des lettres et de la poésie *.

1. Quelques-unes de ces études ont été publiées dans la Revue des Deux-Mondes. Voir les numéros des 15 avril, 15 juin, 1«* octobre 1859 et 1« mai 1860.

LA

PHOTOS TSAYELLAS

Le canton de Souli, situé à peu près au centre de l'Épire, à douze lieues du golfe d'Ambracie et à quatorze de Janina, est une agglomération de montagnes presque inaccessibles, à travers lesquelles l'Achéron, appelé par les Grecs modernes Mavropotamo (le fleuve noir), passe en grondant au fond des abîmes. Ce pays est fermé de toutes parts, comme une gigantesque forteresse, par d'étroits et dangereux défilés. Au commencement du mois d'octobre 1853, je quittai la ville d'Arta et pénétrai dans l'intérieur du sauvage district de Souli par un sentier qui suit, tantôt à une hauteur extrême, tantôt dans le creux d'étroites gorges, le cours du Systrouni, ancien Cocy te, autre fleuve de funèbre mémoire. Rien de plus conforme aux sombres traditions mythologiques que le terrible aspect de toute la contrée. C'est un cbaos de rochers à pic, de précipices, de montagnes abruptes, stériles, coupées par de profondes anfraçtuosités. Malgré le tableau qui

m'avait été fait, à mon départ d'Athènes, de la morne tristesse et de la désolation de ces montagnes, la réalité dépassa mon attente. Le bruit sourd des torrents qui se gonflent à la moindre pluie interrompt seul le silence de cette âpre solitude. Nulle grande végétation ne repose les yeux, fatigués de sonder les abîmes et de se heurter contre les brusques saillies des rochers. Quelques touffes* de lauriers - roses abritent çà et là dès sources glaciales. Sur les assises élevées, de rares bouquets de pins frissonnent et murmurent au moindre vent. De loin en loin, une montagne tournée vers le midi s'abaisse en pente douce et forme une alpe verdoyante; parfois, au-dessus de cette alpe, se montre un large espace rougeâtro : c'est un bois de chênes rabougris, incendié par l'imprudence ou la barbare fantaisie des pasteurs. Ces nomades à moitié sauvages sont les seuls êtres humains qui se fixent de temps à autre au sein de ce rude séjour. Dans tout le parcours de la montagne, je ne rencontrai qu'un seul homme, un pâtre qui désertait les sommets avec son troupeau, et s'en allait prendre ses quartiers d'hiver sur les tièdes rivages du golfe d'Ambracie.

Cependant, il n'y a pas soixante ans qu'un petit peuple florissait dans ces hautes régions, d'où il régnait sur une partie des contrées basses environnantes. A la fin du seizième, siècle, quelques hommes, venus de divers points de l'Épire, se rencontrèrent à l'entrée de ce pays, jusqu'alors inexploré. Ils fuyaient les Turcs, et ils comprirent qu'ils ne pouvaient abriter plus sûrement leurs familles et leur liberté qu'au fond de ces impénétrables déserts. D'autres proscrits vinrent peu à peu grossir la colonie chrétienne. Vers l'an 1700, les Souliotes étaient au nombre de trois mille, organisés en une

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sorte de confédération militaire 1 , retranchés derrière des

roches à peu près inaccessibles, et redoutés des autorités

turques, qui, après avoir vainement cherché à les déloger de

leurs formidables positions, furent contraintes de reconnaître

hautement leur indépendance. Afin de se procurer les vivres

que la stérile montagne ne pouvait leur donner en suffisante

quantité, les Souliotcs s'emparèrent d'une partie des vallées

et des plaines adjacentes, dont les habitants, au nombre de

deux ou trois mille, reçurent le nom de Parasvuliotes, ou

Souliotes adjoints. La population de la montagne occupait

quatre villages, Kiapha, Avarikos, Samoniva et Souli, situés

.sur de hautes plates-formes qu'on ne peut atteindre qu'en

franchissant un espace de quatre milles entrecoupé de

rochers et d'abîmes. De mille en mille, un pyrgos* se

dressait à l'endroit le plus dangereux du défilé. Les quatre

villages étaient reliés entre eux par des ponts de bois jetés

sur des précipices profonds. Kiapha s'élevait, au premier

mille, sur le bord d'un épouvantable ravin, par lequel les

eaux pluviales se précipitent dans l'Achéron. Le pic de

Kounghi, couronné par une église dédiée à sainte Vénérande,

dominait ce village, qui était la clef de toutes les autres

positions. Avarikos et Samoniva étaient suspendus dans les

1. Les origines de la confédération souliote ont été racontées par Perrévos, Histoire de Souli et de Parga ('Ioropia xoû lovXiov xai t^ç Ddpfaç)' Né dans le canton de Zagori (ancienne Perrhébie), voisin de Janina, Perrévos a été témoin des événements qu'il raconte. Il prit une part active aux guerres de l'indépendance et fut plus tard, en récompense de ses services, promu au grade de général par le gouvernement grec. Il publia dans sa langue l'Histoire de Souli et de Parga, à Venise, 1815.

2. Sorte de tour fortifiée. On en rencontre à peu près sur toutes les positions élevées de la Grèce.

airs au second et au troisième mille. Enfin le Grand-Souli ou Kakosouli se perdait à une hauteur plus grande encore. Ce dernier était habité par les familles les plus puissantes et les plus anciennes de la nation, notamment par les Tsavellas, les Botzaris, les Dracos, que la tradition faisait remonter à la plus haute antiquité.

Quelques amas de décombres informes, quelques pans de murs calcinés par l'incendie, m'indiquèrent seuls remplacement de ces villages. C'est là tout ce qui reste aujourd'hui de la fameuse tribu des Souliotes, dont le chef héroïque, Photos Tsavellas, a laissé dans le souvenir des populations de l'Épire d'ineffaçables traces. N'ayant atteint qu'après le coucher du soleil le rocher au sommet duquel s'élevait Kiapha, je dus remettre au lendemain l'ascension de Kakosouli. Nous nous installâmes tant bien que mal, ma petite caravane et moi, dans les ruines de la forteresse qu'Ali- Pacha avait fait construire à cet endroit. Ces ruines sont les seules qui laissent deviner ce que fut autrefois l'édifice, et, de temps à autre, une dizaine d'Albanais viennent encore monter une garde inutile entre ces vieilles murailles, qui les abritent à peine contre les intempéries de l'air.

La nuit ne tarda pas à se faire, car, dans ces contrées, le crépuscule ne dure qu'un instant, et les ténèbres succèdent à la lumière presque sans transition. Les émotions et les fatigues de la journée éloignaient de moi le sommeil : je priai mon guide de reprendre la suite des récits qu'il avait commencés à diverses reprises pendant le jour, et qu'il semblait impatient de continuer. Cet homme, que j'avais pris à Arta pour me guider dans les labyrinthes périlleux de la montagne, avait fait les dernières campagnes des guerres de

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l'indépendance. L'une de ses oreilles était même restée sur le terrain. Pris par les Turcs, il avait été relâché par eux sons la condition qu'il ne porterait plus les armes; mais, avant de le laisser partir, les Turcs lui avaient tranché l'oreille droite, afin de le reconnaître à ce signalement et de ne^ pas l'épargner s'ils le retrouvaient les armes à la main. Il connaissait à fond l'histoire du polémarque de Souli, Tsavellas, histoire que les enfants du pays euxmêmes savent par cœur, et qui se transmettra longtemps encore d'une génération à l'autre, tant à cause des glorieux souvenirs qu'elle réveille que de l'espoir qui s'y rattache, comme on va le voir. Mon guide en effet termina sa narration par celte péroraison : « Le combat ' n'est pas fini; il ne finira que lorsque Tsavellas reviendra. > Comme je cherchais à obtenir de lui l'explication de cette prophétie obscure, il me répondit que, suivant une croyance accréditée dans toute l'Épire, Tsavellas n'est point mort, et qu'un jour il reviendra pour exterminer jusqu'au dernier des Turcs. Je lui demandai si l'on savait en quel lieu le héros accomplissait sa mystérieuse destinée en attendant l'épocyie de sa réapparition; il me dit qu'on l'ignorait, mais que Photos était vivant et qu'il accomplirait de nouveaux prodiges. < Alors seulement, ajouta-t-il, la Grèce sera vraiment libre; il n'y aura plus un Turc ni en Ëpire, ni ailleurs; »

Telle est la puissance de l'impression produite par les exploits du polémarque sur l'imagination des peuples de

1. Par ce mot combat, les Grecs désignent les guerres de l'indépendance en général, qui sont pour eux le combat par excellence.

l'Épire, que leurs légendes, non contentes de l'immortalité attachée au nom de ce héros, vont jusqu'à décerner à Photos Tsavelias (comme les ballades allemandes à Frédéric Barberousse) une éternelle vie, et qu'elles veulent le faire apparaître de nouveau sur la scène du monde pour mettre la dernière main au triomphe encore inachevé de la race grecque sur la race étrangère. Au fond de cette croyance, il y a quelque chose de vrai ; on peut dire qu'elle est le poétique symbole de la disposition générale des esprits dans le pays. En effet, nos courses en Épire nous ont mis à même de constater que, si Tsavelias est bien réellement mort, le génie qui l'animait y est resté vivant et brûlant au fond de toutes les âmes. La haine et le mépris des Turcs y sont portés au comble. Voisins du petit royaume de Grèce, les Grecs épirotes aspirent ardemment à partager sa liberté. L'insurrection couve sans cesse parmi eux, et il n'est pas douteux que le sentiment national, qui, on se le rappelle, s'est déjà manifesté de nouveau dans ces contrées, il y a quelques années, par des révoltes partielles, ne fasse définitivement explosion le jour où l'Épire verra renaître un homme tel que Tsavelias, doué comme lui d'une trempe supérieure, d'une énergie extrême et d'un ascendant puissant sur les populations.

Le lendemain, je fis la rude ascension du Grand-Souli. Quelques pans de muraille, une large pierre calcinée par des feux de bergers, plusieurs petits monuments de brique in-' diquant, selon l'usage du pays, des tombes que les guerres et le temps ont respectées par hasard, c'est tout ce que j'y trouvai. De cet endroit, le regard plonge dans toute la montagne. Rien ne peut exprimer l'aspect îerrible et grandiose

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de ces tristes solitudes, au sein desquelles les souvenirs d'un passé récent vous font évoquer à chaque pas d'héroïques fantômes. Je couchai 'de nouveau à Kiapha, et le jour suivant je sortis de la montagne. J'y étais arrivé en touriste et en curieux, vaguement préoccupé de ce que j'avais entendu dire de l'intrépidité et de la tragique fin des Souliotes, et très-disposé à faire la part de l'imagination populaire dans les merveilleux exploits qui m'avaient été racontés de Photos Tsavellas, le capitaine de la sombre montagne; mais lorsque j'eus mis le pied sur le théâtre où se déroulèrent ces tragiques scènes dont tout m'attestait la réalité sanglante et le funeste dénoûment le spectacle offert à ma vue me causa une impression qui ne s'effaça plus de ma pensée. Le drame de l'insurrection souliote, la destinée de son principal acteur, m'étaient apparus avec un caractère de grandeur que je n'avais pu qu'imparfaitement saisir même dans les récits des historiens nationaux. De retour à Athènes, je m'empressai d'interroger des personnes dignes de foi, afin de démêler l'histoire de la légende, et je n'hésitai plus dès lors à entreprendre un récit dont quelques détails m'étaient fournis par les vétérans mêmes des guerres de l'indépendance. " VBrs la fin du mois de juin 1792, Ali -Pacha 1 , dont le nom

1. Issu d'une famille albanaise réduite à une condition voisine de l'indigence, Ali naquit à Tébélen et se fit de bonne heure voleur de grands chemins. Ayant acquis quelque fortune à ce triste métier, il acheta la charge dé bey de son petit pays. Par un enchaînement inouï de meurtres, de crimes, de trahisons, il s'empara successivement de la Macédoine, de l'Épire, de la Thessalie, et, à force d'argent, obtint de la Porte l'investiture de ces pachaliks. Arrivé à ce degré de puissance, il n'est pas douteux qu'il voulut se rendre indépendant; il rêva même, dit-on, de s'asseoir sur le trône de Byzance et de fonder une dynastie nouvelle. Il unissait à une vaste intelli-

restera à jamais célèbre dans les sanglantes annales du despotisme ottoman, sortait de Janina à la tête d'une armée de dix mille hommes. Il allait, disait-il, punir la ville d'Argyrocastron 1 , dont les habitants avaient récemment refusé d'ouvrir leurs portes à l'un de ses lieutenants. En réalité, eette expédition, depuis longtemps préparée par lui, était dirigée contre la montagne de So ili, dont les hôtes redoutables avaient récemment fait subir au satrape de l'Épire d'humiliantes défaites. Ali était décidé à tirer de cet affront une vengeance terrible. Afin de tromper plus sûrement les Sonliotes, avec lesquels il avait feint de se réconcilier, il leur demanda du secours. Ceux-ci lui envoyèrent fièrement soixante-dix hommes, commandés par leur plus vaillant capitaine, Lampros Tsavellas. Lampros se fit accompagner de son fils Photos, afin de l'initier au métier des armes pendant cette expédition.

Photos, âgé de quinze ans à peine, sortait de la montagne pour la première fois. Il ne s'était jusque-là occupé que des exercices héroïques pratiqués par les klephtes en temps de

gence une astuce et une perfidie sans bornes, une férocité de bête fauve. Par intérêt, par vengeance, par cupidité, souvent par pur caprice, il iit périr des milliers d'hommes et de femmes, il fusilla ou empoisonna des peuplades entières. Inaccessible au remords, il était en proie à des terreurs superstitieuses; de sinistres apparitions interrompaient sans cesse les courts instants de sommeil auxquels son organisation fébrile et la perpétuelle agitation de son àme lui permettaient de se livrer. En plein jour même, il se croyait environné des fantômes de ses innombrables victimes. Un volume ne suffirait pas au récit des atrocités commises par cet homme qui, au milieu des projets et des calculs d'une ambition gigantesque, n'eut pas de soin plus assidu que celui de subjuguer les Souliotes et d'exterminer leur race.

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