‹ La Grèce moderne: héros et poetesChapitre 26 sur 48 · Mémoires de Colocotronis^ p · texte numérisé non relu

Mémoires de Colocotronis^ p

THÉODORE COLOCOTRONIS. 187

il ne savait même pas le nom. Se précipiter sur lui, le saisir au collet, l'enlever d'un seul bras et l'asseoir de force sur le fauteuil de la présidence, ce fut pour lui l'affaire d'un instant. « Voilà votre homme, s'écria-t-il; et maintenant hâtez-vous d'ouvrir vos séances, ou je ne réponds plus de vdus. » Puis, aidé de ses somatophylakes, il escorta les députés jusqu'à l'église de Saint-Jean, où ils prêtèrent serment à la nation. « Ensuite, ajoule-t-il avec une sorte de dédain, les politiques s'en allèrent à Épidaure faire leurs lois ; nous autres soldats, nous partîmes pour Corinthe. >

De Corinthe, il passa à Tripolitza, et de là à Carytène, où il n'eut pas le temps de jouir d'un long repos. En effet, vers le milieu de l'été (1822), Drama-AM se jeta sur le Péloponèse avec 30,000 hommes et mit tout à feu et à sang. La terreur et le désespoir s'emparèrent des esprits les plus résolus; au spectacle qu'offrit alors la Morée, on eût dit que son dernier jour était venu. La population d'Argos déserta la ville et s'enfuit dans les villages les plus élevés de l'Arcadie. Le prince Ypsilantis s'enferma héroïquement dans la haute citadelle de Lamia ' avec deux cerffe hommes déterminés comme lui à s'ensevelir sous ses murs. L'assemblée nationale, qui siégeait depuis quelque temps à Argos, cédant à la panique universelle, se sauva sur les bords du golfe, s'embarqua sur un bâtiment hydriote, et, revenue de sa première frayeur après quelques jours d'une navigation orageuse, se retira à Astros. Au milieu de la confusion générale, Colocotronis conserva seul le sang-froid et l'énergie que réclamait la situation. Accouru en toute hâte à Tripolitza, il

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