Panorama de la Grèce, t. H, p
qui, après avoir composé le conseil de régence, restèrent longtemps encore à la tête des affaires de la Grèce, étaient sans doute animés d'intentions pores, mais leur grave nature germanique ne put s'alliera la nature ardente du peuple qu'ils cherchaient à gouverner et dont ils ne comprirent point le caractère. Du reste, M. Soutzo nous fait connaître la cause fondamentale de la haine des Grecs contre les hommes d'État que leur avait envoyés la Bavière : « Le sentiment patriotique, dit-il, mes très-chers Bavarois, n'est point une chimère. Pourquoi ne pouvons-nous vous supporter en Grèce ? Par la même raison que vous ne pourriez pas nous supporter en Bavière, si nous nous faisions les gardiens de vos forteresses, vos ministres, vos conseillers auliques ! . » L'Errant, poëme héroï-comique, et le Portefeuille poétique, sont les titres sous lesquels M. Soutzo a réuni ses satires contre les Bavarois. Ces deux livres renferment des pages d'une véritable éloquence; le style en est d'une élégance attique. Le poëte ne se fait pas faute de jeter le ridicule sur la personne de ses ennemis.
«Ces gens-là, dit-il, sont cloués d'aptitudes surnaturelles. Sans avoir jamais navigué sur le plus petit canot bavarois, Heydeck * devient en Grèce grand maître de la marine. A voir seulement couler sous un pont l'onde inoffensive des fleuves de Bavière, sa large personne perdait l'équilibre, tant le mouvement des flots répugne à ses sens ! En Grèce, il construit des barques armées de canons. L'un, excellent cavalier à Munich, devient à Athènes bureaucrate achevé ; et ce reitre reste désormais collé sur sa chaise, comme autrefois sur la selle de son bucéphale. L'autre s'endort officier subalterne et se réveille diplomate accompli ; il dirige les rapports de la Grèce avec les puissances étrangères. Et nous, Grecs pauvres d'esprit, nous re-