‹ La Grèce moderne: héros et poetesChapitre 44 sur 48 · Monologue d'un tyrannicide · texte numérisé non relu

Monologue d'un tyrannicide

% Panorama de la Grèce, t. II, p. 47. Septembre 1831.

318 Là GRiCE MODERNE.

« bltnU al k genoux, ils baignent de larmes mes autels, comme si « j'étais leur tyran, et crient, matin et soir, vers moi, dans cette « langue hellénique qu'ils ne comprennent plus. Si ce malheureux « petit peuple sait ce qu'il fait, je veux bien ne plus être Dieu. »

Ces strophes froissèrent vivement le sentiment religieux qui a de si profondes racines dans le cœur des Grecs; elles attirèrent à leur auteur des désagréments tels qu'il résolut de voyager ponr laisser oublier sa faute. Il vint à Paris, où il composa dans le français le plus pur une histoire des guerres de l'indépendance. L'écrivain satirique n'apparaît nulle part dans cette œuvre, où une poésie élevée se mêle souvent aux graves récits de l'histoire. De retour en Grèce, M. Soutzo salua avec enthousiasme l'avènement du roi Othon :

c roi, dit-il, la main de Dieu t'a conduit vers nous. Les Hellènes frémissent de joie en voyant l'enfant de la Germante s'asseoir sur le trône de Grèce. La terre des Gessner, des Wieland, des Klopstock, des Gœthe et des Schiller ne peut enfanter que des sentiments généreux et des inspirations de liberté... Avenir trois fois heureux! La justice régnera; les athlètes de l'indépendance recevront le prix de leurs tra- " vaux; les portes de la gloire vont s'ouvrir à la vertu, la lumière va dissiper les ténèbres de notre profonde nuit 1 . »

Cet enthousiasme futdecourtedurée : l'administration des Allemands venus à la suite du jeune roi réveilla bientôt les plus vives colères du poète. La campagne que M. Soutzo ouvrit contre les étrangers de 1835 à 1843 porta au comble sa renommée et lui valut une popularité méritée. Il fut cette fois l'organe d'un sentiment tout national et ce '.a à l'inspiration d'un passion universellement partagée. Les Bavarois

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