POSTE
Le couteau est enfoncé dans l’une des incisions en son milieu, conduit horizontalement sous la muqueuse le plus superficiellement possible et ressort par transfixion au milieu de l’autre incision. On le fait avancer vers l’une des extrémités par des mouvements de scie prudents et lents en prenant grand soin de la maintenir aussi superficiel que possible tout en évitant de ressortir trop tôt. Quand le couteau est arrivé au voisinage d’une des extrémités, il est retourné et on recommence le même travail de dissection minutieuse par transfixion vers l’autre extrémité ; le lambeau est ainsi libéré sur toute son étendue sauf aux deux bouts qui sont sectionnés au couteau ou au ciseaux. Cette manière de faire, qui a été précisée peu à peu par l'expérience, permet d'obtenir un lambeau beaucoup plus mince que par dissection directe ; ce lambeau prend aussi bien et il arrête aussi bien la récidive que des lambeaux plus épais et plus larges. Il perd en outre presque tous les inconvénients esthétiques qui ont pu être reprochés à la méthode alors qu’on utilisait des lambeaux plus épais.
Large de 5 mm. au moment de la taille, la lèvre étant tendue, ce lambeau n’a plus que 2 mm.5 ou 3mm. après le prélèvement. Il est lavé au sérum physiologique puis placé sur une compresse aseptique en prenant soin de ne pas confondre la face cruentée
avec la face épidermique.
Troisième temps
Suture du lambeau
La plaie buccale est abandonnée provisoirement avec une compresse glissée entre la lèvre et les dents.
Le blépharostat est remis en place et le lambeau, saisi par une de ses extrémités à l’aide d’une pince extrêmement fine sans griffes, est posé, face cruentée en arrière sur la plaie cruentée du globe. La question de l’étalement ne se pose pas ; il se fait presque automatiquement du moment que le lambeau a été mis au conctact du globe dans le bon sens.
La suture doit être faite avec une aiguille et une soie très fines, les mêmes qui servent aux sutures de cornée, et toujours de la même manière. Un premier point est passé dans un des angles du lambeau et fixé sur la conjonctive à 1mm. du limbe, le 2e point fixe de la même manière l’autre extrémité de l’autre côté de la plaie.
À ce moment le lambeau paraît un peu long, il passe en pont sur la cornée et laisse à nu toute la partie sclérale de l’excision. Il est alors attiré vers l’angle interne par deux ou trois points qui réunissent son bord interne avec la portion de conjonctive qui a été laissée au voisinage de la caroncule.
Tous ces points, qui sont donc au nombre de quatre
ou de cinq suivant les cas, doivent toujours être très
AD
superficiels ; ils ne doivent d’une part prendre que la conjonctive et d'autre part doivent être placés très près du bord du lambeau sans quoi ce dernier risquerait d’être étranglé en presque totalité dans les nœuds.
Le bord du lambeau qui regarde la cornée n’est pas suturé du tout ; il se trouve d’ailleurs généralement à un ou deux millimètres du limbe étant donné son peu de largeur et à cause de la traction qu’exercent sur lui les points placés sur le bord interne. Il reste entre lui et la cornée une surface cruentée qui est abandonnée à la cicatrisation secondaire.
Pour terminer, pas. de lavage de l'œil, pas d’instillation pouvant nuire à la vitalité du greffon ; pansement monoculaire occlusif simple sans pommade.
Le premier pansement sera fait le lendemain : le lambeau de muqueuse buccale apparaît pâle et exsangue et si on ne connait pas ce détail, on peut craindre qu’il n’évolue vers le sphacèle.
Au second pansement qui a lieu 24 h. plus tard, le lambeau est vascularisé, rouge, et toute crainte de sphacèle a disparu. |
Sur le nombre déjà important de pterygions opérés suivant cette technique, nous n’avons jamais vu de sphacèle du lambeau se produire.
Les fils sont enlevés délicatement le 3 € jour et le.
pansement occlusif le 4e.
Indications opératoires
Etant en possession d’un procédé chirurgical sûr, qui permet de supprimer le pterygion et d'empêcher toute récidive, la conclusion qui paraît s'imposer à priori est qu'il faut appliquer ce procédé à tous les pterygions.
En pratique, cela n’est pas exact car tous les pterygions ne progressent pas et cette notion de progression ou de non progression est le point capital de l’indication opératoire.
Cliniquement, on peut envisager 4 cas :
1° Le malade est porteur d’un tout petit pterygion empiétant d’un ou deux millimètres sur la cornée ; il faut alors attendre tout en surveillant le malade
et en pratiquant des examens à un, trois et six mois
d'intervalle.
20 En présence d’un pterygion moyen dont l’extrémité de la tête avance de trois à quatre millimètres, même attitude expectative; si, après un délai d’un mois, la tumeur est restée stationnaire, attendre ; si,
Salmon 4