‹ La greffe de muqueuse buccale: thérapeutique du pterygionChapitre 12 sur 16 · TRACE · texte numérisé non relu

TRACE

Lorsque le tranchant du couteau a dépassé de 1 /2 mm. le point le plus avancé de la tête du pterygion il est sorti brusquement en tournant le tranchant en avant de l’œil. Il faut, autant que possible, enlever ainsi d’un seul coup et en totalité toute la portion cornéenne du pterygion. Si on n’y parvient pas, la partie restante est enlevée secondairement au couteau encore, par transfixion au niveau du limbe en renouvelant la même manœuvre que précedemment rendue à la fois plus facile parce que les dimensions du lambeau à enlever sont plus réduites, et plus difficile parce que que la fixation de l'œil est moins précise.

Ce qui doit être évité avant tout c’est une perforation de la cornée par une pénétration trop profonde de la lame du couteau; mais cet accident n’arrive pour ainsi dire jamais à un opérateur expérimenté.

Ajoutons que l’excision d’un seul coup en totalité est préférable, mais que sa réussite n’est pas absolument indispensable au succès de l'opération. Les nombreux cas suivis depuis dix ans à la Clinique Ophtalmologique de Limoges prouvent que la récidive ne se fait jamais avec les débris qui ont pu rester à la surface de la cornée mais avec la portion conjonctivale du ptérygion laissée après l’excision du corps. Ce qui importe en réalité dans la technique

n'est pas tant la perfection de l’ablation de la tumeur

que la mise en place d’une muraille infranchissable pour elle.

Ici se termine la partie délicate de l’excision. L’ablation du corps est faite aux ciseaux en disséquant la tumeur au cas de la sclératique en allant du liinbe vers la caroncule ; le corps du pterygion est excisé d’un coup de ciseaux net à mi-chemin entre les deux. Il reste une plaie cruentée qui sera comblée par le greffon de muqueuse buccale; elle est abandonnée provisoirement et le blépharostat est enlevé. L’hémorragie s'arrête spontanément pendant le temps

buccal.

Deuxième temps

Prélèvement d’un lambeau de muqueuse buccale.

La lèvre anesthésiée est retournée par laide et maintenue avec une compresse. Ce retournement fait saillir la muqueuse et la tend. Le couteau de Graefe est absolument indispensable et constitue le seul instrument qui permette de prélever un lambeau assez net, assez étroit, et surtout assez mince ; il doit être préféré à tout autre couteau, aux ciseaux et particulièrement au rasoir.

Deux incisions horizontales parallèles sont faites au couteau de Graefe à 5 mm. l’une de l’autre sur 2 à 3 cm. de long, incisions superficielles dépassant à

peine l’épaisseur de la muqueuse.

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