‹ La greffe et la taille des rosiers: remontants, non remontants et grimpantsChapitre 11 sur 17 · I.E ROSIER PORTE-GREFFE POLYANTHA · texte numérisé non relu

I.E ROSIER PORTE-GREFFE POLYANTHA

« Polyantha » est adopté de Lyon à Marseille, à Bordeaux, en Algérie et dans les Étais baignés par la Méditerranée. Le semis produit quelques formes intéressantes pour les jardins, mais le greffage n'y fait point appel parce que les graines sont rares, et le plant qui en résulte met deux ou trois fois plus de temps à devenir greffable. Le bouturage par rameau simple ou à talon et par racine est adopté.

Les prémices de la multiplication ont été indiquées au paragraphe précédent, R. Multiflore.

Le greffage du Polyantha se pratique de différentes manières :

1° Sur plant de bouture, par écusson à œil poussant ou à œil dormant (Voy. fig. 26) ;

2° Sur fragment de racine, en fente ou à l'anglaise, sous verre, en février (Voy. fig. 23) ;

3° Par rameau-bouture écussonné à l'avance sur la souche mère ; fractionné ensuite, à l'automne, et mis en place au printemps (Voy. fig. 25) ;

4° Sur plant de semis pratiqué sous châssis froid, repiqué en mai, élevé en godet, puis greffé par écusson ou par rameau comme il est dit à l'Églantier.

La prompte entrée en sève du sujet autorise la greffe à œil poussant, le plant étant bien racine.

Cette double propriété facilite la propagation rapide de nouveautés au moyen de greffages successifs et réitérés, par fournées rapportées sous verre et chauffées. Il en résulte une abondante multiplication de jeunes plantes en pot façonnées à la vapeur et promptement livrables.

Une saison de liberté, en plein air, au soleil et à miombre (fig. 27) est utile aux jeunes élèves fabriqués

LE ROSIER PORTE-GREFFE MANkTTI.

rapidement sous verre, avec rinfluence d'une température concentrée. C'est une première époque de leur acclimatation, car ils ne tarderont pas, pour la plupart, à être livrés à eux-mêmes exposés à toutes les

Fig. 27. — Abri-ombrelle préparant l'acclimalement des mullipHcalions faites sous verre.

vicissitudes atmosphériques, à moins qu'ils ne soient confinés dans une forcerie qui les fera valoir dans tout leur éclat... en abrégeant leur existence !

La culture forcée y trouve également son compte ; une santé florissante et continue en est la conséquence.

En général, les Rosiers Thé, Noisette, Bengale, Ile- Bourbon et autres à épiderme lisse, se plaisent au contact de son fluide séveux actionné par un puissant appareil de racines chevelues, propre au Polyantha.

LE ROSIER PORTE-GREFFE MANETTI

Le Rosier Manetti, auquel on suppose une origine italienne (1820), sans connaître sa parenté, se reproduit par bouture de branches ou de racines. La réputation

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— chaleureuse — dont on a entouré ses débuts ne s'est pas maintenue; on avait trop vanté ses aptitudes... à tout faire.

Il lui reste cependant un emploi, qui n'est pas sans valeur, dans la préparation des Rosiers destinés à la culture forcée, grâce à sa végétation encore active à Tarrière-saison et à son tempérament qui lui permet de supporter sans faiblir la chaleur de la serre.

Peu résistant aux gelées d'hiver et contenant mal ses tiges, on a dû le reléguer à la multiplication des Rosiers nains, en serre, pour floraison précoce.

Le Rosier Manetti ayant une disposition naturelle à émettre des rejets souterrains, on s'y opposera, lors du bouturage, en aveuglant les yeux basilaires du rameau-bouture .

Préparés à l'automne, les rameaux-boutures longs de 0"^,30, simples ou à talon, éborgnés à la base, hiverneront eh jauge, complètement couverts, la tête en bas, et seront, au printemps, mis en nourrice par planches de 3 à 5 rangs (fig. 28) ou plantés en pépinière, aux distances indiquées au Rosier Multiflore.

Le greffage par écusson lui est plus favorable que la greffe par rameau, trop disposée à se séparer brusquement de son porteur.

L'écussonnage pourrait être pratiqué dès la première année, assez tôt pour l'œil forcé, assez tard si le greffon doit dormir tout l'hiver.

Surveiller l'action de la ligature.

Élevé sur tige, le Manetti manque de tenue et dessèche vite. Le greffon ne s'y soude pas intimement. Sensible au froid, le cachage d'hiver lui serait rendu plus difficile à pratiquer.

LE ROSIER PORTE-GREFFE MANETTI

Cette espèce affectionne les Hybrides vigoureux, à gros bois : Anna de Diesbach, Baronne de Roth-

Fig. 28. — Champs de boutures du Rosier Munetti. (Elablissemcnt Desfossé et C'», ù Orléans.)

schild, Georges Moreau, Her Majesty, La Heine, Madame André Leroy, Maréchal Forey, etc., sans cependant kur procurer une longue existence.

Les Rosiers Mousseux (ou Moussus) s*y plaisent ;

leurs sujets nains s'affranchissent facilement du sujet Manetti par une émission de racines au-dessus de la greffe couverte de terre.

Le Po\yQ.niha. Crimson Rambler luieslsynapathîque et non le Thé Maréchal Niel qui refuse son contact.

Les Anglais et les Américains ont des carrés de 50000 jusqu'à 80000 Manetti. Plantation rapprochée, écussonnage au mois d'août; et l'année suivante, ta jeune greffe, pincée une seule fois, se couvre de fleurs.

Les fleuristes irlandais greffent sur Manetti les Rosiers Provins, Portland, Mousseuses, les Hybrides vigoureux et les dressent en serre.

Le Rosier greffé sur Manetti, empoté à l'automne, chauffé en hiver, donne d'assez bons résultats. Une fois l'année écoulée et la floraison terminée, l'arbuste sera jeté au rebut comme un vulgaire Lilas forcé.

Un sort plus enviable ne sera guère réservé aux Rosiers nouveaux, entés sur Manetti, dans le but de fournir des rameaux-greffons pour la multiplication sous verre des variétés rares à livrer au commerce.

Rosa canlna Laxa, var. Frœbeli.

Variété ou forme robuste de l'Églantier, voisine du R, canina tomentosa, peu drageonnante, supportant le froid, et dont la sève, précoce à monter, s'arrête assez tôt. Les avis sont partagés sur la valeur sujet de ce plant, déjà amélioré dans sa forme Frœbeli, Nous le trouvons plus avantageux à la culture en basse tige.

Le rosiériste Rose Vilin, de Brie, voulant Tutiliser à la culture de Rosiers en pot, greffe d'abord le Laxa Frœheli sur le Manelti, dont la racine se plaît dans

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Fig. 29. — Réserve-silo de rameaux-greffons et boutures.

une poterie, et surgreffe cet intermédiaire avec le llosier désiré.

Le type Laxa (1890) fructifie abondamment et se reproduit par graines semées après stratification.

A côté de cette variété d'origine suisse, nous plaçons rÉglantier de TOural, 11. canina uralensis, répandu dans la Russie septentrionale, même au Caucase.

Il est certain que Tespèce Églantier, si précieuse au genre Rosier, possède des variétés et sous-variétés à étudier au point de vue du greffage.

Le greffage de ces espèces, qui arrêtent leur sève à bonne heure, nécessite la conservation de rameaux-

greffons de Tannée précédente dans une réserve-silo (fig. 29); leur utilisation par œil ou par rameau viendrait en première saison.

Rosier Cannelle {Rosa cinnamomea).

Le Rosier Cannelle, installé depuis longtemps en Europe (probablement indigène), se plaît dans les sols tourbeux et humides, et est par conséquent le sujet favori des pépinières hollandaises d'Alsmeer et de Boskoop.

Élevé par bouture, le jeune sujet, greffé au pied ou sur tige, provoquera chez le Rosier qu'il va supporter une floraison précoce et abondante ; aussi est-il bien accueilli aux Étals-Unis, élevé en pot. Peu importe que son existence soit limitée: le Yankee en a joui, cela lui suffît. Time is money.

Rosier rug^ueux {Rosa rugosa).

Importée en 1845, de TExtrême-Orient, cette espèce avait séduit TOccident par son feuillage précoce, sa floraison hâtive, fréquemment renouvelée, ses fruits grenade ou vermillon orangé complétant son ornementation, enfin par sa rusticité à toute épreuve.

Que les fleurs du R. rugosa soient à corolle simple ou double, d'un coloris blanc, lilas, vineux ou pourpre, il n'est pas moins recherché dans la composition arbustive des jardins d'agrément.

Multiplication facile par les graines, les drageons souterrains, le bouturage des racines. Sa docilité au greffage accepterait le titre de porte-greffes, si les praticiens ne le lui refusaient en raison de son armure

offensive hérissée d'aiguillons à outrance et de son drageonnage énervant pour le Rosier. Cependant les Hollandais, à la recherche d'un sujet rustique, ont découvert un Rugosa déjà « civilisé ».

Nous avons remarqué aux abords du lac de Genève un heureux emploi du R. rugosa par touffes isolées ou groupées sur les pentes gazonnées et rocaillées du parc de Prégny.

Rosier de Bengale [Rosa diver si folio).

De rinde, 1798. Aux Antilles et dans notre Midi où le Rosier de Bengale passe Thiver dehors, cette tribu reçoit le greffage d'autres espèces, sans cependant devenir Tobjet d'entreprises importantes.

Multiplication par rameau-bouture et greffage par écusson à œil poussant ou à œil dormant.

Des hybrides de Bengale, R. Indien major. Gloire des Rosomanes, supportent les fonctions de portegreffes et donnent force et vigueur à leur conjoint, à Tair libre et dans la serre, surtout en Provence.

Il serait intéressant d'étudier au même titre Appoiine^ dont les touffes énormes, au parc de Pont-sur- Seine, constituent un splendide rideau de verdure et de fleurs.

Rosier de Lady Banks {Rosa Banksiana).

De la Chine, 1817. Il s'agit de la variété à petite fleur blanche qui, sous la chaleur solaire de notre région sud, fait vivre de sa sève des espaliers de Thé Maréchal Niel, des festons de Noisette Wiliiajn

Baltet. — Urt'trc (»t, Taill»' dfs rosiers. 5

Allen Richardson, témoin les serres du Parc-aux- Roses, à Nice. La greffe les a rendus plus florifères encore.

Multiplication par bouture, greffage par écusson assez tôt sur plant repiqué ou élevé en godet. Les espaliers et berceaux de Banks recevront sur leurs rameaux en pleine sève des écussons à œil poussant de roses Thé qui, laissés libres, couvrent l'arbrisseau de fleurs, alors que les siennes ne « remontent » pas. Le rosiériste amateur Eugène Houssel, de Montpellier, nous en fit voir de ravissants exemples.

Quand le sujet se fatigue, il suffit dé ménager un rejet du sauvageon pour lui appliquer une greffe nouvelle, à la façon des Oliviers de Provence et des Pêchers de Montreuil.

Rosiei* de Wichura [Rosa Wickuraiana).

Du Japon. Dénomination acceptée, malgré les doutes émis par quelques auteurs et les envois du Japon, sous d'autres noms, reçus par M. Léon Chénault, horticulteur Orléanais, vers ISOO.

Celui-ci Ta immédiatement consacré aux fonctions de porte-greffes des Rosiers Thé et Hybrides de Thé ou de Noisette.

Son feuillage demi-persistant préserve Técusson des frimas. Toutefois ses rameaux traînants,, utiles aux talus et aux rochers, et ses aiguillons qui sympathiseraient avec ceux des Bracleata ^t Microphylla n'ont guère séduit les greffeurs d'écussons opérant à Pair libre et en plein carré de pépinière.

Multiplication de bouture à Tautomhe, et sous

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