PRINCIPES DU GREFFAGE
dit hourgeon-écusson^ de presque toutes les variétés de Rosier, sous deux formes principales : soit à la montée de la sève, en plein air, ou pendant son repos, à l'automne, le greffage par rameau étant alors pratiqué sous verre tandis qu'une chaleur modérée, factice, réveille le fluide séveux pour souder la greffe et la mettre en végétation ; soit pendant la végétation, pour Técusson, à l'air libre ou sous verre.
Occupons-nous d'abord du greffage en général; puis de son application aux divers porte-greffes du Rosier.
PRrNCIPES DU GREFFAGE
« Le greffage est une opération qui consiste à souder un végétal ou une portion de végétal à un autre qui deviendra son support et lui fournira une partie de l'aliment nécessaire à sa croissance (1). »
L'opérateur se nomme ^re/T^'^wr, l'opération dans son ensemble greffage^ et le travail terminé constitue la greffe.
Le végétal complet ou l'un de ses fragments, tige, branche ou racine, qui recevra la greffe et lui transmettra la nourriture puisée dans le sol, est nommé sujet, La portion de végétal qui viendra s'implanter sur le sujet est le greffon. Le greffon pourrait être un arbre (greffe en approche), un rameau muni d'yeux (greffe par rameau en fente, en couronne, à l'anglaise, par incrustation), et souvent un simple œil ou bourgeon
(1) LArt de greffer les arbres, arbrisseaux et arbustes fimitiers, forestiers ou d'ornement, par Charles Baltet; 7« édition ; 1 vol. de 528 pages et 208 figures; chez Masson, éditeur, boulevard Saint-Germain, 120, Paris.
(greffe en écusson). Le greffon, quel qu'il soit, doit être sain, ni desséché, ni moisi, ni atteint de pourriture ou de faiblesse chronique.
En outre, le greffon possédera parfaitement les cars^ctères de l'espèce à reproduire . Toute défaillance ou perturbation soupçonnée ou reconnue chez lui pourrait se perpétuer par le greffage.
Habituellement, on nomme mère l'arbre, l'arbuste, la souche qui fournit le sujet, et étalon le
plant qui donne les semences , bou tures et greffons.
Ce sont les sources et les ressources de la multiplication.
11 importe donc de les tenir dans un état de vigueur et de santé.
D'abord les outils principaux.
Fig. 3. — Sécateur, Fig. 4. — Serpette fine. Le sécateuV
(fig. 3) est utile à la préparation des Églantiers, à leur ététage, à la cueillette des greffons, à l'écimage des rameaux écussonnés lorsqu'il s'agit d'exciter la pousse de l'écusson, et même à la cueillette des fleurs. La serpette fine {^\^, 4) s'emploie pour l'ébour-
geonnage des sujets avant et après la greffe, pour l'effeuillage du rameau-greffon, et la coupe des aiguillons, et la taille du greffon aux greffages par rameau.
L'édrageonnage réclame un outil solide qui dégage
^fl
Fig. 5. — Serpette Fig. 6. —Greffoir Fig. 7. — Greffoir Fig. 8. — Couteau édrageonneuse. fin h écussonnage. à délainage. à. greffer.
la terre et tranche net le rejet souterrain. La serpette à long manche (fig. 5) convient à cet usage.
Le greffoir (fig. 6), l'instrument principal, doit être de premier choix et exclusivement consacré à l'écussonnage. Au délainage même, nous prenons un second greffoir (fig. 7) préférablement à la serpette.
Atout greffoir, nous recommandons lame fine, manche commode, spatule d'ivoire fixe.
Le couteau à greffer (fig. 8) sert k fendre diamétralement ou partiellement le sujet soumis à la greffe en fente ou par incrustation ; sinon recourir à la serpette.
Ces outils réclament des soins permanents d'entretien. Une mew/e fixe, &QS pierres portatives du Levant ou en ardoise, un cuir doux, à rasoir, tenu tendre par une goutte d'huile.
Après les outils, la ligature de la greffe.
Les meilleures ligatures sont celles qui ne peuvent s'allonger ni se retirer sous les influences de la température et qui sont douées d'une certaine élasticité leur permettant de se prêter à l'accroissement en diamètre du sujet.
Dans la greffe par écusson où l'écorce seule a été soulevée, il suffit de rapprocher les couches corticales et de brider le greffon sans le comprimer.
La /«me /î/<?e réunit les qualités requises, se prêtant à la croissance du sujet, et échappant à l'action de l'humidité parce qu'elle a été passée à l'huile lors de sa fabrication.
Le coton filé, insensible aux variations hygrométriques et n'ayant pas l'élasticité de la laine, a sa place au greffage des grosses tiges et aux opérations sous verre. Plus difficile à couper lorsdu «délainage », il sera noué de façon qu'il puisse être retiré lors du grossissement du sujet, et servir à nouveau.
Le raphia a le même inconvénient et se traite de même. Il est prudent de le mouiller avant son emploi et de terminer la ligature par une boucle.
La Spargaine (Sparganium ramosum) (fig. 9) est, de toutes les plantes aquatiques ou amphibies dites « Laiches», celle quioiïre le meilleur lien souple et suffisamment résistant. Récoltée en été, divisée et
Fig. 9. — Spni^aine & ligature (D, fleur Fig. 10. — Massetle à ligature (A, fleur mâle ; E, fleur femelle ; F, fruit). mâle ; B, fleur femelle; C, fruit).
séchée à Tombre, la feuille, coupée de longueur, sera trempée et égouttée quelques heures avant son emploi, à moins d'un séjour d'une nuit dehors, à la rosée.
La Massette {Typha latifolia, fig. 10) se prépare de la même façon et constitue une bonne ligature, mais moins recherchée que la Spargaine.
La feuille du Tritoma, à Méry, la glume de Maïs, à Toulouse, la paille de Ris battue, au Japon, ont leurs partisans.
La Tille ou liber de Tilleul a son rôle dans le greffage par rameau.
Ce dernier mode de greffage permet de compléter la ligature par une couche de mastic fr<Md» onctueux, qui couvrira le lien, les plaies, les coupes et les greffons; sa composition est basée sur le mélange intime de l'alcool avec la résine, additionné au besoin de cire, de poix, de suif ou d'axonge.
Des étiquettes en zinc ou en bois peint indiquent le nom de la variété greffée, et de petites bandes de plomb leur numéro d'ordre. Le tout est répété sur le registre de multiplication.
Enfin, les opérations sous verre nécessitent l'emploi d'une serre, de bâches, châssis, cloches et poteries; elles exigent également des provisions de sable et composts favorables à la vie des plantes et racines greffées ou à greffer sous ces abris temporaires.
En général, le Rosier gjreffé gagne en rusticité ; son branchage se présente bien et sa floraison devient abondante, mieux réglée. 11 a même été constaté que dansla reproduction des Rosiers à basse tige, rez-terre, certaines variétés délicates et gélisses en hiver, lorsqu'elles sont élevées par le bouturage, deviennent plus résistantes par le greffage sur un sujet robuste.
V Églantier est l'espèce la plus répandue au titre de porte-greffe du Rosier. Les rejets de souche âgés de
LE ROSIER PORTE-GREFFE ÉGLANTIRR. 15
trois OU quatre ans sont aiïectés aux Rosiers tiges; les plants de semis et les fragments de racine recevront la greffe des basses tiges, en plein air ou sous verre. Presque toutes les variétés sympathisent avec lui.
VIndica major y spécial à la région de la Méditerranée, se propage par bouture et fournit au greffage des sujets de toute taille. Sa végétation prolongée, même en sols arides, lui a donné droit de séjour sur la Côte d'Azur où les roses s'épanouissent en hiver. Sa racine sectionnée fournit encore de bons plants à la greffe et moins drageonnants.
Le Multiflora^ au milieu des sols sablonneux de la Loire, et son proche parent, Po/yan^Aa, acclimaté dans la région lyonnaise, multipliés par boutures de branches et de racines, approvisionnent les forceries et secondent, par leur greffage, la prompte reproduction des nouveautés à basse tige.
Le Manetti, assez capricieux et sensible au froid, se fatiguant audrageonnage, trouve encore des partisans pour la culture rapide en pot de plantes floribondes, de courte durée. Le bouturage par rameau fournit le plant porte-greffe.
D'autres types moins répandus : Banksiœ^ Cinnamomea, Diversifolia, Laxa, Rugosa^ Wichuraiana^ sont utilisés sous certaines réserves que nous indiquerons, à leur paragraphe, avec leur mode de reproduction.
LE ROSIER PORTEGREFFE ÉGLANTIER
[Rosa canina),
L'Églantier est une espèce indigène du genre Rosier qui pullule à l'est et au centre de la France, en forêt,
i6 LE ROSIER PORTE-GREFFE ÉGLANTIER.
SOUS taillis, sur friches, sur la lisière ou dans les clairières des bois, à travers les fourrés, les haies vives.
Les mères qui habitent une situation aérée ou ensoleillée fournissent des sujets plus robustes aux re plantations de la pépinière; les tissus sont ligniGés, Tépiderme est vivace.
La bonne saison de faire sa provision d'églantiers esta la chute des feuilles. Arrachés trop tôt, ils fanent, se dessèchent, et la racine se ressent de la fatigue. Trop tard, les gelées précoces en compromettent la santé, surtout quand les pourvoyeurs du commerce d'Églantiers les laissent séjourner, racine nue, dans la forêt, pour les ramasser plus tard et les conduire au marché ou directement à la clientèle.
Le rosiériste qui fait lui-même ses provisions — métier peu agréable — évite ces inconvénients ; mais alors, il doit opérer rapidement, en bonne saison d'automne, secondé par des ouvriers sérieux.
S'il est difficile de mettre les plants en jauge dans la forêt, on couvrira la racine avec de la mousse, des fougères, des herbages, feuilles ou broussailles; au cas de gelée, il faut se hâter de les ramener au jardin pour les mettre en jauge à demi-ombre et les arroser, après un habillage sommaire.
Le dicton affirmant que « tout ce qui est pris de bonne heure n'est pas exposé à la gelée... ni aux voleurs » trouve ici son application.
Après une semaine de jauge en terrain frais ou mouillé en deux fois, il est facile de se rendre compte de l'état des racines. Le grattage de leur épidermene doit pas laisser de parties vives noires ou brunes.
LE ROSIER PORTE-GREFFE ÉGLANTIER, 17
On ne saurait trop recommander aux arracheurs d'Églantiers de respecter les souches mères qui fournissent de bons sujets, c'est-à-dire de ne pas les extirper totalement après la levée des plants. Une entente avec les propriétaires ou les administrateurs de forêts — et les gardes forestiers — peut amener cette conservation monopolisée tout au profit de l'exploitant.
Un bon Églantier destiné à l'élevage du Rosier sur tige doit être âgé de trois ou quatre ans, bien constitué, fort, droit et sain, peu chargé d'aiguillons, son écorce grisâtre ou vert bronzé étant sillonnée de filaments blanc crémeux.
En ce qui concerne le tronc, éviter les chicots, moignons ou fragments de souche privés de racines moyennes ou fines.
Exclure les plants chétifs, tachés, à rameaux grêles ou retombants {R. arvensis), hérissés à outrance, ou des sujets trop jeunes, dont l'écorce verte et tendre ne pourrait résister aux coups de soleil. Quelquefois, s'ils ont la racine jeune comme un plant de semis, on les utilise au greffage des Rosiers nains.
Nous avons élevé des Églantiers en pépinière, par la voie du semis, afin d'éviter les plants des bois plus ou moins fatigués ; mais il fallut attendre pendant deux ou trois ans la pousse d'un jet vigoureux, au collet du semis ayant déjà une année de repiquage, et laisser, pendant une nouvelle période de trois années, ce rejet prendre de la force et de la résistance ; c'était long. En tout cas, une nuit suffît aux maraudeurs pour détruire le fruit de quatre années de travail !
Les spécialistes ou les chercheurs qui découvrent Baltet. — Greffe et Taille des rosiers. 2
i8 LE ROSIER PORTE-GREFFE ÉGLANTIER.
un type d'Églantier de bonne facture, vigoureux, réunissant les conditions voulues, lui font jouer, au sur greffage, le rôle d'intermédiaire. Entée d'abord sur tronc d'Églantier déclassé ou sur tout autre sujet, Manetli, Multiflore, etc. dont nous parlerons plus loin, la jeune pousse sera dressée, tuteurée, ététée en vert, et, après un stage de deux ans au moins, elle devient apte à recevoir, à son tour, la greffe de la variété de Rosier désirée.
Il serait intéressant d'étudier à ces fonctions certaines variétés ou formes du Rosa canina^ telles que R. arvatica, Desegliseï, Haberiana, macrantha^ montivagay dont nous avons constaté la rusticité au grand hiver 1879-1880 parmi les riches collections dendrologiques créées à Segrez par Alphonse Lavallée
Et certainement l'indigénat possède d'autres inconnues, qui croissent spontanément dans nos bois et nos friches. A l'observateur de les essayer à la greffe, toute plante drageonnante, qui vil de ses rejets, ne se soumettant pas toujours aux procédés artificiels de multiplication.
Préparation des Églantiers. — Aussitôt en possession des Églantiers, il convient de les habiller, de les praliner, de les mettre en jauge.
Vhabillage consiste à raccourcir les racines, à supprimer les branches inutiles, à écimer la tige, à aveugler les bourgeons menaçants sur le tronc.
Les grandes exploitations parent les racines avec une machine tranchante, à levier (fig. il); sinon à l'aide d'une scie, d'une serpe ou d'un sécateur encore employé à l'élagage et à l'étêtage du plant.
L'ététage tranche la sommité de l'Églantier à
LE ROSIER PORTE-GREFFE ÉGLANTIER
0°,20 environ de la hauteur projetée du greffage, cette partie étant assez forte et âgée de deux ans au moins.
Fig. 11. — Habillage de l'Ëglanlier, Rosa caninn.
Les fragments de branches restants seront coupés au ras de la tige et la plaie recouverte d'un liniment froid.
Immédiatement, TÉglantier subira le praJinage.
20 lE ROSIER PORTE-GREFFE ÉGLANTIER.
La racine est trempée dans une bouillie froide^ et onctueuse de terre glaise, de terreau et d'eau, ou de bouse de vache, et, à son défaut, de purin (Voy. fîg. 36).
La première de ces compositions viendra, aussitôt la plantation, badigeonner les tiges pour les préserver de l'action du hâle et du soleil.
Un triage tiendra à part les sujets à tige mince ou souple, plus dociles au couchage en arcure. Plantés par lignes distinctes, ils recevront la greffe des variétés gélisses qui doivent hiverner en terre.
La mise en jauge complète cette série d'opérations préparatoires. Terre ameublie, situation ombragée, peu accessible aux gelées d'hiver et aux crues d'eau, auront la préférence.
Plusieurs tranchées parallèles, successives et rapprochées, recevront les plants suffisamment enterrés audessus du collet. Placés obliquement, à demi couchés, enterrés aux deux tiers de leur longueur, ils pourront être abrités contre les coups de soleil et la gelée, au moyen de paillassons, nattes, roseaux, bruyères, grande paille, litière de feuilles sèches.
L'arrosage est le complément de la mise en jauge ; sauf situation desséchante, il n'y a guère lieu de le renouveler.
Une fois enterrés et avant les mouillures et écrans, jeter au balai ou tout autrement, sur le tas d'Ëglantiers, une bouillie semi-liquide de terre grasse ou d'argile qui leur permettra de supporter les excès de température.
Les localités exposées aux froids rigoureux ou permanents adoptent le couchage complet de l'Églantier, enterré de toute sa longueur dans une tranchée ou un
PLANTATION DKS ÉGLANTIERS. 21
silo. L'ados de terre doublé d'une litière sèche suffira pour parer à toute éventualité.
La terre peut geler au-dessous du niveau des Églantiers, ils ne seront pas atteints.
Préparation du sol. — Une bonne terre ordinaire, dite terre de jardin^ convient àTÉglantier.
L*ameublissement et Tamendement d'un sol peu favorisé gagneraient à l'emblave préalable de plantes sarclées, surtout de plantes dites maraîchères.
Les terrains secs sont corrigés au moyen de composts formés de raclures d'étable, de déchets animaux et végétaux, tourbe, gadoue, sang desséché, corne, os, chitfons, guano, terreau de feuilles, fumier de ferme, gazons ou emblave de Légumineuses enfouie en vert; le tout mélangé, trituré, arrosé au purin ou au tourteau dilué, pendant toute une saison, et introduit dans le sol environ trois mois avant la plantation des Églantiers, que celle-ci soit pratiquée à l'automne ou au printemps.
Une terre froide ou compacte réclame, au contraire, des éléments poudreux, chauds, excitants : scories de déphosphoration, cendres, suie, sable siliceux, terreau de couches ou de bruyères, phosphates, enfin une plantation sur butte faite par un beau temps, après l'hiver, le sol étant bien asséché.
Les climats tempérés, jouissant de doux hivers, permettent la plantation d'automne. Ailleurs, la crainte des gelées ou des crues d'eau, de décembre en février, entraine à une plantation de février en avril.
Dans ces conditions, l'hivernage des Églantiers dont il vient d'être question est indispensable. En conditions moyennes, au lieu d'un couchage complet, la mise eh jauge agglomérée et une couverture ou enveloppe de paillassons, litières, bruyères, fascines sèches pourraient suffire.
Le terrain préparé par un bêchage assez profond,
0,40, suivi d'un hersage ou fourchetage qui en
expulse les pierres, les racines ligneuses et les racines
d'iierbes, est en état de plantation; nous plantons.
Plantation. — Choisissons d'abord un temps doux pour notre plantation.
Planterons-nous les sujets isolément ou groupés? en pépinière ou en place?
Amateurs ou professionnels ont intérêt à procéder par groupes et en pépinière. Le néophyte évite ainsi des déboires qui retarderaient ou annuleraient ses espérances.
Avec une superficie modeste, le terrain sera partagé par lignes simples, espacées d'un mètre, au milieu desquelles le va-et-vient soit possible. La superficie est-elle plus vaste, les lignes seront doublées : à O'°,40 l'une de l'autre et conservant un intervalle de 1 mètre avec le groupe voisin de double rang (fig. 1:2).
De grands carrés gagnent à être entrecoupés de sentiers de dégagement qui facilitent non seulement la circulation, mais encore l'ordre de la multiplication et du numérotage des greffes de Rosiers.
Les rangs de demi-tiges et de nains pourront être plus rapprochés, de 0'^,05 ou 0°',10, attendu que les rameaux épineux ne sont plus à la hauteur de l'ouvrier qui les soignera. Toutefois, les sujets grands.
moyens ou petits garderont entre eux une distance qui ne sera pas inférieure à 0^,2o.
La culture à œil poussant les rapproche davan-
Sentier de
dégagement
Fig. 12. — Carré d'Églantiers (A, plantatioa sur un rang; B, plantation sur deux rangs).
tage, par suite du tronçonnement des branches en été et du court séjour à la pépinière.
Au plantoir ou à la pioche, planter sur ados ou bill on les jeunes semis d'Ëglan tiers, de façon qu'ils puissent être dégagés de la terre qui envahirait le collet du plant au moment du greffage. Agir ainsi,
c'est combattre le drageonnage « avant la lettre » . Le plant repiqué est, certes, plus avantageux.
Réserver un endroit spécial aux sujets souples, faciles à courber lors de Thivernage sous terre de la tête du Rosier. Leur greffage sera consacré aux variétés gélisses : sections Thé, Noisette, Bengale, Ile-Bourbon et leurs dérivés.
Les Églantiers à tige élevée auront à profiter d'une situation moins exposée aux bourrasques ; sinon une perchette commune les maintiendra.
L'écussonnage à œil dormant, le plus rationnel et le plus conforme aux besoins et à Texistence de l'arbuste, commande un intervalle suffisant d'un plant à un autre. La formation des racines y gagne et les rameaux épineux ne s'enchevêtrent pas autant.
Les rangs étant marqués à chaque extrémité, le cordeau tendu à 0'°,80 au-dessus du sol pour les tiges, à 0'",40 pour les demi-tiges, tandis que 0"',20 suffiront aux nains, la plantation commence.
Aux exploitations restreintes, une équipe de trois hommes est nécessaire. L'un ouvre le trou et aligne le sujet que le second y place ou lui présente, et le troisième jette sur la racine une pelletée de terreau ou d'un compost favorable à l'émission des racines.
Un compagnon amène l'amendement à la brouette. Lui-même a tiré les Églantiers de la jauge, emboué tige et tronc, ébourgeonné la racine de ses futurs drageons, apportant les sujets à pied d'œuvre, après séchage de la boue sur l'écorce.
Ces ouvriers auxiliaires viendront ensuite presser la terre au pied de l'Églantier, tout en le soutenant avec la main pour Tempêcher de dévier.
Les cultivateurs des régions parisienne et briarde jalonnent le rang par un Ëglantier fort et droit, puis continuent la plantation, à reculons, guidés par un cordeau qui touche le sol. Avec le pied ou la pioche, la terre est foulée au collet du plant, dès le début et à la fin du terrage.
En terre forte de l'Anjou, la plantation se fait à Tautomne, dans la tranchée môme du défoncement. La terre couvre les racines, et un léger paillis de fumier termine Topération.
Une question nous est souvent posée. Etant donné que le greffage de chaque variété se concentre, au lieu de s'éparpiller, convient-il de placer ensemble des Églantiers de taille uniforme ? Oui, dans les grandes exploitations, ce qui simplifie le greffage des sujets, Tarrachage et la livraison des Rosiers.
L*amateur qui veut se créer une collection pour la disposer en massifs bombés, en corbeilles de sujets variant de taille, se contentera d'une plantation hétérogène quant à la hauteur des sujets.
Si Tététage de l'Églantier, lors de la mise en jauge, n'était que provisoire, on le rendra définitif, une fois planté, par un coup de sécateur à 0™,10 environ audessus du point projeté de la greffe.
Sans desceller le collet du plant, un léger piochage ouvrira la terre aux influences extérieures. Plus tard, lors des chaleurs, un arrosage au canon ou à la lance, précédé ou suivi d'un paillis-litière, combattra les effets de la sécheresse.
De fortes pluies pourront obliger à un nouveau badigeonnage des tiges trop tôt lavées de leur pralinage et tardives en végétation.
26 ÉBOURGEONNEMENT DES ÉGLANTIERS.
ËB0UR6E0NNEMENT DES ÉGLANTIERS
Il s'agit d'obtenir au sommet de TÉglantier quelques rameaux bien constitués qui recevront Técussonnage des variétés de Rosiers désirées, ou attireront et entretiendront le fluide séveuxsous leur point de jonction avec la tige de l'Églantier, si l'écussonnage doit porter sur le corps du sujet (Voy. fig. 31).
Les bourgeons vont se montrer tout le long du sujet. Un ébourgeonnage graduel aura pour but de supprimer les inutiles et de conserver en tête deux, trois ou quatre rameaux assez rapprochés entre eux. Deux suffiraient, en face l'un de l'autre.
Supprimer radicalement les bourgeons superflus sur les fortes tiges, et graduellement sur les autres. Ici même, le pinça ge. au cœur du bourgeon, respectant la rosette de feuilles basilaires, serait d'abord appliqué aux tiges faibles, et l'ébourgeonnement complet s'accomplirait ensuite successivement.
Extirper jusqu'à leur naissance les rejets souterrains.
Dégager les rameaux de tête conservés et qui seraient déjà étouffés par leurs voisins.
Pincer la sommité des gourmands de sève afl*amant leurs collatéraux, et supprimer leurs ramifications secondaires.
Favoriser constamment le développement régulier des rameaux à greffer, même par l'arrosage.
Quinze jours avant le greffage, retrancher les aiguillons et les petites feuilles qui pourraient gêner la pose de Técusson, à la base du rameau.
GREFFAGE DES ÉGLANTIERS. 27
GREFFAGE DES ÉGLANTIERS
Nous voici arrivés au point capital de la transformation de rÉglantier, le greffage. Occupons-nous d'abord du système le plus important, le greffage par œil ou bourgeon, plus connu sous le nom A'écussonnage,
Écussonnage. — Deux procédés sont en présence :
L'écusson à œil poussant ;
L'écusson à œil dormant.
Le premier, à œil poussant, pratiqué en mai-juin, procure plus vite un Rosier et des roses; l'autre débute en juillet-août, le Rosier se forme l'année suivante, mais l'arbuste vivra plus longtemps.
Fleurissant peu de temps après le greffage, Vœil jDOM^^an^séduitl'amateur et attire le commerçant, qui disposera plus tôt de sa marchandise. Il faut cependant admettre qu'un sujet nouvellement planté, plus ou moins privé de racines, doit d'abord procurer du chevelu à son tronc dénudé, puis fournir à la tige des branches greffables, qui seront ensuite écimées, aussitôt greffées. En le chargeant de créer une tête de Rosier après lui avoir réduit ses organes respiratoires, n'est-ce pas concourir à le rendre fourbu, anémique?
On ne tardera pas à s'en apercevoir par les filaments blancs, cryptogamiques, qui garniront ses racines.
Tandis que Vœil dormant^ de son côté, ménage les forces viriles du sujet, laissant intacts rameaux et feuillage qui le fortifieront encore par suite de la présence éventuelle de rameaux et rejets conservés à la
GREFFAGE DES ÉGLANTIERS
suite de Técussonnage. N'est-ce pas une combinaison bien naturelle et n'offre-t-elle pas à l'avenir de la plante un avantage marqué ?
Ainsi recueilli et alimenté par ses organes aériens
et souterrains, le sujet transmettra toute sa vigueur au Rosier appelé à vivre de la sève qu'il puise dans le sol et dans ratmosphère, enfin à partager son «home ».
Tel est le véritable but du greffage.
Expérimentez les deux méthodes, et comparez après quelques années d'existence. La réponse n'est pas discutable.
La greffe à œil poussant aurait plutôt sa raison d'être dans une situation généreuse, avec des Églantiers plantés dès l'année précédente, étant, par conséquent, liés au sol. Alors les rameaux recevraient i'écusson, qu'ils soient également de l'année précédente, ou plus jeunes, c'est-à-dire de l'année actuelle.
L'arcure immédiate des rameaux écussonnés (fig. 13) hâterait le bourgeonnement de la greffe.
Fig. 13. — Arcure des rameaux écussonnés.
CUOIX DU GREFFON. 29