‹ La Greffe Hypophysaire: Étude Biologique et Résultats CliniquesChapitre 12 sur 77 · REA · texte numérisé non relu

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(greffe bréphoplastique et crefle après culture in vitro) permettent de contourner l'obstacle créé « par les différentiels d'individus ou d'espèces ».

4) Nous rassemblerons dans le quatrième chapitre les facteurs extrinsèques du succès : âge du donneur et de l'hôte, siège et technique de la grelle, etc

Il] DEVENIR HISTOLOGIQUE DES DIFFERENTS TYPES DE GREFFES ENDOCRINES.

À. L'autogrefte.

Quel que soit le tissu olandulaire creffé, l’évolution des phénomènes — en supposant réunies les conditions optima de siège, de besoin hormonal et de technique, — est à peu de choses près toujours le même. Nous empruntons à Rozyas et MANFREnt, pour sa finesse d'observation, la description suivan-

te (1) :

10 heures après la greffe, la glande paraît normale, cependant le centre est plus obscur, la plupart des noyaux sont en pycnose et il existe des zones de caryorhexis le cytoplasme est obscur, les limites cellulaires s'estompent. Les cellules périphériques, elles, sont normales. La capsule rénale montre une légère réaction hystiocytaire, des capil-

laires néoformés entrent dans la glande.

Après 20 à 40 heures, ce processus s'accentue, la nécrobiose centrale progresse, les noyaux ont disparu, les cellules

dégénérées forment des colonnes de substance amorphe ;

(1) Elle concerne des autogreffes parathyroïdiennes dans la capsule du rein (site de choix) d'animaux parathyroïdectomisés. |

mais la zone périphérique reste vivante ; les capillaires sont

seulement plus larges et plus nombreux.

Après 48 et 73 heures, le centre est une masse de substance amorphe avec des restes nucléaires. À la périphérie la réaction conjonctive progresse, tend à envelopper la glande et s'organise en faisceaux parallèles ; la capillarisation augmente et toutes les zones cellulaires limitées par

.des vaisseaux ont un aspect normal.

Après 4 jours, ces phénomènes sont encore plus nets, mais il y a un fait nouveau : la zone centrale nécrobiotique est sillonnée par des capillaires de néo-formation. Quelques-uns ont un aspect de vaisseaux avec des cellules à noyaux fusiformes, comme dans les muscles lisses des artères. Dans la zone périphérique, l'invasion capillaire est

intense et tumultueuse.

Après O jours, il y a des artérioles de o mm 25 de dia-

mètre en pleine greffe.

Après 7 jours, la zone nécrobiotique est envahie par le

tissu conjonctif.

Après 20 jours, la greffe est définitivement stabilisée, la glande est encapsulée par le tissu conjonctif : elle diffère de organe normal parce qu'au centre il y a du tissu conjonctif formé par de fins faisceaux collagènes très bien vascularisés. Cet aspect se retrouve dans les greffes de 30, 45, 90 jours.

Au bout de 4 mois, on peut apprécier dans sertains cas que Ja glande fonctionnelle augmente de volume et que ses expansions pénètrent entre les faisceaux collagènes du centre. Puis progressivement la zone collagène centrale est remplacée par du tissu glandulaire fonctionnel et la alande prend ainsi un aspect d’organe normal.

Les observations faites après, 4, 6, SUD LS 15 mois présentent ce fait d’une façon indubitable,

SA à ae

CRisriANI déjà en 1805, L. Lors autour des années 1025-1050, observaient exactement les mêmes faits (1). Le premier insiste sur le stade de « tuméfaction trouble » que présente le centre dans les jours qui suivent l'implantation, sur [a régénérescence par « bourgeonnement » de la périphérie vers le centre, et enfin sur l'état embryonnaire des cellules périphériques. Il est frappé par la similitude ‘entre ces phénomènes de régénérescence et le développement embryonnaire normal de la thyroïde.

Pour l'ovaire, la phase de régénérescence commence plus tôt que pour la thyroïde ou la parathyroïde, vers le 12°-15° jour (PETTINARI). Sans doute faut-il voir [à un effet de sa structure et de son rôle

très particuliers (2).

De toute façon, le volume du greffon a son importance. S'il est trop gros, la régénérescence centrale se fait incomplètement ou pas du tout. D'où la nécessité de faire des grelles petites et multiples (1 millimètre à 1 mm. 5 de diamètre).

En somme, la question est claire, les auteurs sont unanimes : l'autogrelle glandulaire réussit « à tout

(1) De même SULTAN, ENDERLEN, Pay.

(2) En effet « les éléments ovulaires de l'ovaire sont normalement destinés à subir une homosgreffe, la fécondation, puis une autogreffe, l'implantation utérine. De plus, l'ovaire, même adulte, contient un grand nombre d'éléments restés embryonnaires et possédant des éléments de potentialité considérable ». Mocquor (Congrès de Chirurgie,

Ha Vus

coup >» — « à tout coup » dans le sens humain du mot, ce qui ne veut pas dire 100 % mais 90 % (LE- RICHE). L'hôte accepte l'hétérotopie de l'un de ses tissus. La périphérie du greffon nourrie dès les premières heures par osmose, peut attendre que les néovaisseaux la pénètrent et lui fournissent dès lors une nutrition et une respiration en tous points semblables à celles des tissus voisins. Cette revascularisation est ici très rapide car elle n'est entravée par aucune réaction fibro-leucocytaire autour du crefon(1). Enregistrons dès maintenant la constatation de Cris- TIANI sur le retour à l'état embryonnaire des cellules périphériques et leur bourgeonnement vers le centre. Nous en tirerons parti plus tard.

B. La syngénésiogrefife.

Si l'on pratique une crelle de thyroïde (Lors) entre frères ou entre parents et enfants d'une famille de cobayes ou de rats dont on ne connaît pas l’ascendance, l'aspect du creffon est, dans les quinze premiers jours, sensiblement le même que celui d'un autotransplant. La vascularisation de la périphérie est aussi rapide et aussi riche, la réaction cellulaire avoisinante aussi minime. Mais ensuite, des « dysharmonies » apparaissent entre hôte et transplant. Vers le quarantième jour, des Iymphocytes, d'abord peu nombreux, entourent ce dernier puis le pénè-

(1) L'innervation d'un greHon endocrinien, même autoplastique n'a jamais été observée. Elle existe cependant pour l'autotransplant de peau. Elle rend posible chez le caméléon des changements de couleurs (Lors).

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