‹ La Greffe Hypophysaire: Étude Biologique et Résultats CliniquesChapitre 18 sur 77 · CARREL · texte numérisé non relu

CARREL

De tout ce qui précède, il résulte clairement quil existe toute une gamme de réactions entre le transplant et son hôte. Celles-ci sont d'autant plus sérieuses que Ja parenté est plus éloignée. Par éche- . lons successifs, nous passons de l'autogrelle, qui réussit presque toujours, à l'hétérogrelle, qui se nécrose immanquablement.

Quelle est la cause de ce conflit? Comment l'éviter ?

Théorie des différentiels d'organismes de Loeb

Elle peut s'énoncer ainsi :

0 . cè x . 7 . ré 1° Au sein d'une espèce zoologique déterminée, chaque individu possède certaines caractéristiques

Rues EN

chimiques que l'on peut désigner sous le nom de « différentiels d'individus ».

2° De même, chaque race, variété, espèce, genre ou classe d'animaux, possède des caractéristiques ‘chimiques que l'on peut suivant le cas, désigner SOUS le nom de « différentiels de races, variétés, espèces,

genres ou classes >».

3° On peut les englober sous Je terme général de « différentiels d'organismes ».

Ce sont ces différentiels qui déterminent les réactions entre hôte et donneur : en ellet, placés dans un milieu qui nest pas le leur, les creflons apportent avec eux des substances agressives pour l'hôte, des protéines spécifiques assimilables à des toxines ét qui peuvent, suivant le cas, être appelées syngénésio, homo ou hétérotoxines. |

Ce sont elles qui mettent en jeu les mécanismes d'afflux leucocytaire et d'activité fibroblastique que nous connaissons, véritables réactions de défense qui aboutissent presque toujours à la destruction du transplant.

Si pour trouver un remède à ces incompatibilités si funestes au sort des oreffons, nous cherchons à connaître les raisons de ces « différentiels d'organismes », le support de cette spécificité des individus. des races et des espèces, nous sommes tout naturellement conduits à aborder le problème complexe de l'individualité.

Déblayons d'abord le terrain :

On a pu penser, lors de la découverte des groupes sanguins et des propriétés agclutinantes des sérums, que la question allait être résolue, que la competibilité des groupes sanguins de deux individus impliquait une identité complète ou presque de leurs humeurs, et par conséquent que l'on pouvait tenter avec succès |

1° des grefles entre individus de même groupe: SangUIN ;

2° de diminuer les réactions de l'hôte vis-à-vis du transplant par des injections répétées de sérum du donneur à l'hôte ou vice-versa avant l'intervention. Ou même, que l'on pouvait préparer n importe quel donneur éventuel (animal ou homme) avec du sérum de donneur universel (groupe iv). C'est ce que DARTIGUES appela « l'antihumanisation ».

La pratique révéla vite que des caractères plus subtils distinguaient les uns des autres, chaque individu. Les travaux de L. Lors montrèrent bientôt que notre individualité avait ses sources au plus profond de nous-mêmes : à la suite de ses patientes recherches sur la syngénésiogrelle, il posa les bases de la théorie génétique de l'individualité.

Greffe et génétique :

l'individualité génétique.

La syngénésiogrelle, nous l'avons vu, permet de

régler, avec une finesse extrême, l'importance des

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