‹ La Greffe Hypophysaire: Étude Biologique et Résultats CliniquesChapitre 19 sur 77 · ITA CT · texte numérisé non relu

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réactions de défense de l'hôte. Plus on pousse la sélection, plus longtemps on poursuit les mariages consanguins, et meilleur est le résultat qui se rapproche à chaque fois de celui de l'autogrelle. Graduellement, les différentiels d'individus qu'actualise de façon précise Ja réaction lymphocytaire (Lors), diminuent et s estompent. Que se passe-t-il ?

Les généticiens nous l'apprennent : en schématisant à l'extrême des faits dont le détail n’a pas sa place ici, nous pouvons dire qu au cours de ces unions successives et dirigées, un certain nombre de facteurs ou « gènes » conditionnant, les uns la couleur du poil, les autres sa longueur et sa qualité, sont par le jeu de la sélection devenus identiques au bout de quelques générations chez tous les individus de cette même famille. Plus la sélection dirigée se poursuit, et plus le nombre de « gènes » identi-

ques est grand.

A partir de ces faits, L. Lors établit une relation de causalité, et conclut que si l'homotransplantation réussit mieux lorsqu'on s'adresse à des lignées finement sélectionnées, c'est que hôte et transplant possèdent, dans ce cas, un plus grand nombre de « gènes » identiques. Et il est fort probable qu'une greffe entre deux jumeaux monozygotiques équivaudrait, à tous points de vue, à une autogrelle.

Pour lui, le différentiel d'individus dépend de la totalité des « gènes » du donneur et du receveur. Ce sont les « gènes » étrangers présents chez le donneur qui provoquent la réaction de l'organisme receveur. « Plus ces gènes étrangers sont nombreux, et

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plus ils sont étrangers à ceux de l'hôte, plus est sévère la réaction de celui-ci. » (Lors.)

Cette phrase éclaire nettement la question et prend force de loi. On saisit, dès lors, la raison intime des gradations régulières qui mènent de l'auto à l’hétérogrelle. On conçoit la possibilité de créer dans le cadre de l'homosgrelle, par un élevage et des croisements appropriés des animaux, un nombre immense de combinaisons génétiques (1). Chacune aura sa « marque » propre, son « individualité », qui s’actualisera lors d'une creffe par l'intensité plus ou moins srande de la réaction leucocytaire, par la durée plus ou moins longue de la survie du sreffon.

L'influence quelquefois heureuse de l'identité des groupes sanguins sur la réussite de la creffe trouve, là aussi, son explication. Les recherches de LANp- STEINER, d'HiRTZFELD, de BERNSTEIN, ont en effet montré que l'agglutinabilité clobulaire dépend de trois gènes (2). C'est évidemment peu pour modifier le sort d'un crefon, et l'on comprend que certains auteurs lui refusent toute action.

Telle est la théorie de Lors. Elle ne laisserait pas de renforcer notre pessimisme quant aux chances de reprise durable et fonctionnelle des homogrelles, et à fortiori des hétérogrelles si elle ne comportait, comme nous le verrons dans un instant, un amendement qui autorise beaucoup d'espoirs.

(1) Les transplantations entre hybrides permettent de rendre encore plus fine l'analyse des différentiels d'individus.

(2) Max Aro. Biologie animale, p. 205.

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