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I. La greffe peut-elle remplacer l'hypophyse absente

Dans les expériences que nous allons relater, l'hypophysectomie a été pratiquée, soit le jour même de la grelle, soit quelque temps au préalable. Seuls sont tenus pour valables les cas où l'absence de tout reliquat hypophysaire a été vérifiée à l'autopsie.

; Action sur la croissance.

Dans les expériences de SCHWEIZER, CHARRIPER et HarTEeRrius, bien que les auteurs ne donnent pas de précisions pondérales, le résultat paraît bon. « The animals remained in excellent condition, g'ained in weight and were apparently in perfect health at the time of sacrifice. »

Dans celles de GREEP et de MaRrins, la croissance, tout en étant appréciable, n atteint pas celle du témoin. Les courbes s'élèvent moins rapidement

et restent plus plates.

Action sur les glandes sexuelles.

a) Sur l'appareil génital femelle.

GREEP, en 1056, apporte des résultats remarquables et qui méritent l'exposé : des rats des deux sexes, âgés de 28 jours, sont hypophysectomisés et reçoivent aussitôt, dans leur selle turcique, qui vient d'étre vidée, soit leurs propres hypophyses, soit celles de rats du même âge ou un peu plus âgés de l’un

et l’autre sexe. Qu'il s'Apisse d'auto ou d'homogreffes, de donneurs mâle ou femelle, l’évolution est la même : les frottis vaginaux et l'examen des ovaires établissent le maintien de phénomènes d'œstrus cycliques et typiques. L'ovulation était spontanée et les corps jaunes normaux. Enfin, 15 femelles — dont 8 portant des hypophyses mâles, — menèrent jusqu à terme une grossesse, élevèrent et nourrirent leurs petits.

On ne saurait concevoir succès plus complet. Ces faits ne sont pourtant pas à l'abri de toute critique. Un observateur exigeant pourrait objecter que l'hypophysectomie a pu ne pas être totale et qu'un fragment, suffisamment important, laissé in situ, a assuré à lui seul les fonctions auxquelles préside d’habitude la glande tout entière. Il est bon de savoir à ce sujet que P.-E. Surru a fixé expérimentalement aux environs de 50 % le « minimum efficace » du lobe antérieur; entre 50 et 10%, les ovaires commencent à s atrophier, contiennent beaucoup moins de follicules et pas de corps jaune. Au-dessous de 10 %, ils dégénèrent complètement.

Il paraît donc bien improbable que GREEP, sur 27 expériences, n'ait jamais enlevé plus des deux tiers du lobe antérieur, et l’on peut, croyons-nous, conserver à ses résultats la valeur qu il leur accorde: action vicariante totale de l'homogreffe hypophysaire que l'on pourrait appeler homotopique.

Une suppléance aussi parfaite doit plutôt s expliquer, selon nous, par le rétablissement possible des connexions nerveuses d'une hypophyse placée dans

son site habituel. Elle se trouve là au contact immédiat du tuber et de l'hypothalamus, et il n’est pas interdit de penser que les fibres venues des noyaux supra-optiques, paraventriculaires et tubériens ne retrouvent leur chemin jusqu aux cellules du lobe antérieur. La tige pituitaire n'est autre chose qu'un nerf parasympathique. Pourquoi [a jonction neuroolandulaire ne se ferait-elle pas, comme se fait lors de la section d'un nerf périphérique la jonction neu-

romusculaire ?

Soumise à nouveau aux ordres des centres, l'hypophyse retrouverait cette activité cyclique sans Îaquelle l'ovaire ne peut qu'incomplètement remplir son rôle. Nous en avons Ja preuve dans le fait que les auteurs qui ont creffé l'hypophyse ailleurs que dans la selle turcique, n'ont jamais obtenu de l'ovaire qu une réponse partielle (1) (greffe bréphoplastique mise à part comme nous le verrons

tout à l'heure).

ScHweizEer, CHaAriPPER et HATERIUS enlèvent l'hypophyse à des cobayes femelles de 400 grs, et dans le même temps placent un demi-lobe antérieur d'une autre femelle dans chaque œil. L'observation

dure de 1 à 3 mois.

(1) Nous ne faisons pas état des expériences de Th. Martins qui, opérant sur quatre rates seulement, a obtenu des résultats contradictoires. L'hypophysectomie précède de 4 à 10 jours une homogrelle intrarénale. Dans une cas, il observe 4 cycles en 47 jours. Dans les trois autres, l'animal reste en diœstrus. Dans les ovaires, il trouve quelques follicules en croissance, mais aucun complètement développé.

Chez les animaux sacrifiés entre le 21° et le 34° jour après l'opération, on note des corps jaunes en voie de dégénérescence et des follicules de taille moyenne dont la cavité est, pour certains déjà, bien individualisée, pour d’autres en voie de formation.

L'utérus reste involué.

Après le 52° jour, il en va tout autrement : les ovaires sont gros, contiennent de nombreux et larges follicules tout à fait caractérisés. Les thèques externe et interne sont nettes et la seconde parsemée de figures mitotiques. Le cortex présente de nombreux follicules primordiaux bien conservés. Mais, fait importanË ces follicules n'arrivent jamais à maturité. Il ny a pas d'ovulation, et partant pas de corps jaune.

L'utérus montre des modifications remarquables hypertrophie considérable, portant à [a fois sur le muscle et Ja muqueuse dont les clandes sont bien développées el même ramiliées, et offrent au niveau du col de nombreuses mitoses. Les clandes mammaires elles-mêmes ont des tubes élarois, bordés de cellules épithéliales hautes, à noyaux souvent mitotiques ; les mamelons sont plus OTOS, quelquefois turgides.

Il est évident que tous ces phénomènes sont la maique d'une stimulation folliculaire intense et exclusive qui se trouve d'autre part confirmée par l'état d'œstrus constant enregistré chez les animaux observés le plus longtemps (83 à 05 jours).

L'absence de maturation folliculaire, d'ovulation, de corps jaune et d'activité cyclique de l'ovaire prou-

vent aussi clairement que l'hormone lutéinisante, généralement tenue pour responsable de tous ces phénomènes, nest plus sécrétée, ou ne l’est pas suflisamment, par le lobe antérieur transplanté. Celui-ci ne remplit plus, vis-à-vis de l'ovaire, que la moitié de ses devoirs. Reste à savoir pourquoi.

Tout s'explique vraisemblablement par la perte des connexions nerveuses normales de l'hypophyse, par la section des fibres qui conduisent jusqu à elle, les incitations venues des noyaux hypothalamiques et qui transitent la tise pituitaire. Deux ordres de faits plaident en faveur de cette opinion :

— Îles expériences de RicHTER, qui supprime P q PP la sécrétion lutéinisante en sectionnant simplement Île pédicule hypophysaire :

= les crefles de GR£EEP dans la selle turcique, qui permettent sans doute à la jonction hypothalamo-hypophysaire de se rétablir.

On trouve dans les expériences de HonLwec et JunkMANN, de MarrTixs, de DEscLiNs et GRÉGOIRE, une autre conséquence de ce défaut de liaison neuroolandulaire, En aucun cas, une hypophyse transplantée chez un animal castré n'a acquis les caractéristiques cellulaires qui apparaissent toujours sur l'hypophyse in situ en pareille circonstance. Inversement, une hypophyse de castré transplantée ne les

conserve pas.

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