‹ La Greffe Hypophysaire: Étude Biologique et Résultats CliniquesChapitre 47 sur 77 · Chez la femelle · texte numérisé non relu

Chez la femelle

Le déroulement des phénomènes est encore plus frappant. L'hypophysectomie est faite chez des rates de 4 à 5 semaines. Outre les signes généraux, hypophyséoprives déjà signalés, on note bientôt l'arrêt complet des cycles œstraux.

A 8 ou 9 semaines, crefle suivant la technique habituelle. Très vite, on observe une reprise de la croissance, de l'activité, etc.

8 à 11 semaines après la grelle, apparaît le premier Œœstrus, Suivi dès lors de cycles normaux. De plus, fait remarquable, l'une des rates et son témoin, soumises au mâle sept semaines après le rétablissement des cycles, sont toutes deux fécondées et mettent bas, la première au bout de 28 jours, la deuxième au bout de 25. Mais à l'inverse du cas de GREEP (voir page 100), la greflée n'élève pas ses petits. Après la mise-bas, les cycles réapparaissent. On enlève alors l'œil porte-greffe, l'ovaire et Ja trompe gauches : «La grefle est parfaitement constituée au point de vue histologique, bien vascularisée, mais topographiquement désorganisée. L'ovaire et Ja trompe sont parfaitement constitués. L'ovaire contient de nombreux follicules et des corps jaunes. »

La preuve cruciale du rôle actif de la srefle est donnée quelques jours plus tard par l'apparition nouvelle des signes de déficience hypophysaire : arrêt complet des cycles sexuels, somnolence, etc... A l'autopsie, huil semaines plus lard, pas de restes olandulaires dans la selle turcique. L'ovaire droit est

DD Os CE A DAC AE EN ENT UE ete à 2110es ne Sproq

FE Pme = e[ °p ainof 2] 21W029s4ydodAy ] smdop uore}uowusny NE es AA ee Ua Re pc + 09 A AS] DORE AS DANS D OA ee der au0pos£ydod4y side SsproJ Cr F1 2 oi ONE PE a RL CE VP opjoi vj soide smof : AR de dr, A nn ee Re Br Te ÉTAT Porn ee Lelor y “SJUOWDAQAId Jo 201108 VAR AO Pet RIRE € 97018 E] 9p uonejqe ] saide smof ‘snr1sa J9TU19(J

CLS PP Lee UE oHo18 L] 0p uonejqe | sarde SINOf 1) odwo1} jo o1e4o ‘27018 -opod [©] °p uoreqy Cr CET AN ES EE M ee AE IT Te à 1109 9] soide simof :seq SIN] (exe: OCR TP NE RENE Eee EE 97015 U] side sImof ‘jeu ne oSIJ\] 9S ZZ DA SopsIWoposAydod4y Sop £n15@ 1ortuo1d np uonneddyy to to Zo Ho ee DEC ST ET Te Te de oHo18 e] op mof oj 28V 1S CC en PAR CA La PC RD A CEE Tu DR ES UE UJOW?} Np SNHS-T) oc oc pe TRES ET DU ae Den DES DRE aIu0)2os4ydodAy | 2p mof 2] 95V

| jou} joug}

uoç Lo 184 uoç Frot Ha

WIN VAIO SL VISInS IS" AV avr

très atrophié (pas de corps jaune, follicules atrési ques), ainsi que la trompe droite.

Ces résultats sont bien près d'emporter la conviction. Sans doute pourrait-on dire qu'ils ne portent que sur un petit nombre de cas, mais une expérience bien conduite et réussie ne prouve-t-elle pas plus que toute une série d'échecs? Pour la première fois depuis le début de cette étude, nous voyons Une grelle bypophysaire capable de réparer à peu près complètement les dommages causés par l'hypophysectomie préalable : elle réveille l'activité spermatogénétique du mâle (May ne renseigne pas sur l'état de l'interstitiel) ; elle reproduit dans leur intégrité les cycles ovariens de la femelle et rétablit [a fécondité. Enfin, la croissance, arrêtée ou à peu près, reprend quoique sur un rythme un peu inférieur à celui des

témoins (1).

Le progrès sur les autres méthodes apparaît surtout pour l'appareil génital femelle : ici le greffon doit bien livrer à la circulation, et en quantité suffisante, les deux gonado-stimulines À et B, puisque les cycles sexuels sont réguliers et Ja SrOSSeSSC PDOssible. Mais ceci ne concorde plus, avec les expérien-

(1) Citons à l'appui de la greffe brephoplastique d'hypophyse les constatations de Daineko (Bull. biol. et méd. exp. U.R.S.S. 1939, 8/501-504) qui a montré que dès les premiers stades du développement: embryonnaire on trouve de l'hormone gonadotrope dans l'hypophyse du porc. Elle augmente avec l'âge du fœtus et à la fin de la gestation existe en quantité plus considérable que chez l'adulte.

ces de RICHTER que nous rapportions plus haut, et où la section des connexions nerveuses hypotalamopituitaires suspend totalement ou presque la sécrétion de la stimuline B lutéinisante. Le fait est là. Nous ne voyons pas, pour notre part, d'explication

valable.

E. L'hétérogreffe.

Comme on pouvait s'y attendre, les faits sont ici moins nombreux et surtout moins cohérents. Un seul auteur, un chirurgien scandinave KyLiN, dont nous rapportons dans la troisième partie de notre travail les intéressantes observations, prétend avoir réussi la transplantation de veau à lapin : trois mois après la grelle, faite dans une petite poche péritonéale, il trouve des fragments nécrosés au centre, mais conslitués à la périphérie par un tissu tout à fait normal, bien vascularisé, où l'on reconnaît les trois espèces de cellules caractéristiques de l'hypophyse antérieure.

Mais, outre quil ne se place pas par une hypophysectomie préalable de l'hôte, dans de bonnes conditions biologiques, il ne donne aucun test d'activité physiologique. Il réussit sans apprêt là où bon nombre d'auteurs ont échoué en s’entourant de tou-

tes les précautions.

De notre côté, nous avons tenté dans les mêmes conditions — sans hypophysectomie préalable du receveur — quelques grefles intra-tibiales de chat à lapin. Au bout d'un mois, il n’en restait plus trace.

Citons rapidement les expériences d'EHRARDT, WIESBADER et FOCSANEANU, qui implantent chez deux femelles de Macacus Rhesus pubères une hypophyse de vache dans la peau du dos et trouvent, huit jours après, un utérus augmenté de volume, très livide et hyperhémié, et des ovaires inchangés. Et celles de GUYENOT et PONSE, qui provoquent un rut précoce mais temporaire chez de jeunes cobayes par implantation d'hypophyse de mouton. Elles ne présentent pas d'intérêt particulier.

Les expériences d'HorFMANN, conduites sous la direction de ZONDEK et ASCHEIM, sont beaucoup plus dignes d'attention.

De vieilles souris, chez lesquelles tout activité génitale a depuis longtemps cessé, sont soumises pendant deux mois à un contrôle rigoureux qui confirme l'absence de cycles œstraux. Chez quelques animaux, l'ovaire gauche est prélevé comme témoin, et dans la même séance, un fragment d'hypophyse de vache est implanté le long des adducteurs de la cuis-

se contre l'artère fémorale.

Quatre jours après, tous les animaux (une vingtaine) sont en œstrus, comme le montrent les frottis vaginaux. Dans les jours qui suivent, les cycles se succèdent régulièrement tous les cinq jours jusqu'au sacrifice (deux mois après la srelle). L'ovaire est considérablement hypertrophié — dix fois plus Gros que le contrôle dans un cas. Enfin, une souris réactivée et qui venait de présenter sept cycles, est mise au mâle et fécondée, comme le vérifie l'autopsie quelques jours plus tard,

Si l’auteur ne précisait pas que l'ovariectomie a été pratiquée sur quelques souris seulement, alors que la réactivation ovarienne a été obtenu chez tour tes, on ne pourrait se défendre de penser que le traumatisme opératoire, bien que minime (airs suffi à stimuler le fonctionnement (2) de l'ovaire restant. sollicité d'autre part à s'hypertrophier par la perte de son homologue.

Mais certaines souris ont été réactivées sans qu ait

été pratiquée l'ovariectomie.

Ces expériences gardent donc leur valeur et peuvent être données comme type de crelles stimulatrices de la fonction génitale (3).

Signalons enfin que l'hypophyse soumise pendant un certain temps à l’action excitatrice de [a lumière artificielle et implantée ensuite à Ja souris impubère, provoque des ellets génitaux plus marqués qu'une hypophyse normale (BEenoir).

(1) L'ovariectomie est faite par voie lombaire.

(2) Gynécologues et chirurgiens ont très souvent contes té la réapparition de la menstruation à la suite d'une intervention quelconque sur le petit bassin, voire même une appendicectomie ou une simple laparotomie.

(5) On peut être surpris de ce résultat! qui s'oppose à la conception de la ménopause, conséquence du vieillissement de l'ovaire et non pas de l'hypophyse.

Page 1