AT
réalisable, ne soient encore très inconstants. Les hormones urinaires ou sériques, actives chez l'animal, le sont beaucoup moins chez l'homme et de façon irrégulière. Les extraits totaux, plus actifs, possèdent le regrettable privilège de provoquer à la longue l'apparition de substances empêchantes (Les antihormones) qui rendent peu à peu réfractaires les glandes vassales de l'hypophyse que l'on se proposait de stimuler.
LERICHE a suggéré en 1937 (1) de « réactiver » l'hypophyse en agissant sur le sympathique cervical et singulièrement sur son volumineux gañglion supérieur qui tient sous sa dépendance les fonctions hormonales du lobe antérieur et du lobe postérieur.
On sait en effet que l'ablation bilatérale du ganglion cervical supérieur entraine chez l'animal un virage basophile de l'hypophyse antérieure et doit, par conséquent, étant donné les fonctions admises de ces cellules (sécrétion des diverses stimulines, des principes hyperglycémiants et hypolipémiants), déclancher un surcroît de production de ces hormones. Mais cet hyperlonctionnement n'est que transitoire, et vers le 9° jour on observe une image très fortement chromophobe, puis à des époques variables, une restauration de la structure normale du lobe antérieur (MIle FONTAINE, 1939). IL est donc permis de se demander s'il n'en est pas de même lorsqu'on tente, par cette méthode, de réactiver chez l'homme une hypophyse en hypofonctionnement.
(1) Revue de Chirurgie, 1037.
Ce OS
La seule tentative que nous connaissions a été faite par LÆERICHE en 1028 dans un cas de diabète insipide (1), mais sans succès.
Quant à l'implantation de comprimés d'hormones de synthèse, elle se heurte en ce qui concerne l'hypophyse, à de très sérieuses difficultés. Les hormones Rypophysaires appartiennent en effet au groupe des protides, et leur poids moléculaire très élevé rend difficile leur isolement à l'état pur, comme aussi leur synthèse. À l'heure actuelle, nos connaissances sur la nature de leurs groupements actifs est à peu près inexistante, et l'on est en droit de penser qu il en sera encore longtemps ainsi (2).
Ainsi les voies qui pour d'autres glandes ont conduit à de sérieux progrès thérapeutiques, restent pour l'instant fermées à l'hypophyse (5).
(1) Le sympathique cervical commande en effet aussi bien la vaso-motricité du lobe postérieur que celle du lobe antérieur.
(2) Seule l'hormone de croissance a été obtenue à l'état à peu près pur (Evans et coll.), mais elle ne semble, d'après les relations des cliniciens, guère plus active que les extraits totaux.
(3) IT est cependant, dans un autre ordre d'idées, une méthode qui mérite d'être exploitée en clinique plus qu'on ne l'a fait jusqu à présent : c'est la diathermie hypophysaire.
M. le Professeur SARROUY nous citait tout récemment le cas d'une jeune fille aménorrhéique chez laquelle quelques séances de diathermie avaient rétabli la régularité du cycle menstruel. Ceci est à rapprocher des expériences de M. le Professeur BEnoîr sur l'activation de la préhypophyse par la lumière artificielle. II y aura lieu de fixer les indications et les possibilités de cette méthode, tant au point de vue clinique qu expérimental.