‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 10 sur 436 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

SUITB.

A la bonne heure ! voilà un Temple , et cela valait la peine de se faire initier. Je comprends ces Grecs surmontant , à force de patience , les dégoûts et les difficultés qu'on opposait aux étrangers : Orphée^ Thaïes, Démocrite, passant par les épreuves àlMemphis; Pythagore séjournant longtemps à Thèbes, Platon à Héliopolis.

C'étaient la Science, l'Art et l'Industrie réunis, que ce Temple et ce Sacerdoce. Seulement, la Science, qui commandait, n'a pas gouverné avec sagesse, puisque tout cela a été détruit.

Comment ee grand Temple est tombé, comment de ses ruines se sont formées toutes les Religions qui ensuite ont couvert la terre, c*est l'histoire des Religions. Je ne vous fais pas cette histoire; je cherche seulement à vous dire ce que c'est qu'un Temple.

Vous le voyez, il y avait deux choses dans cette Egypte :

le fond et la forme. Le fond, c'était la réunion de la Science, de l'Art, et de l'Industrie ; la forme, c'était le despotisme des savants, c'était la théocratie.

Je vous abandonne la forme, mais je maintiens le fond. Sans ce fond, il n'y a pas de Temple.

Si vous voulez voir quelques vestiges presque effacés de cette grandeur déchue, le fond entièrement détruit et ne vivant plus qu'en souvenir, la forme encore conservée, quoique vieille et décrépite, allez à Rome, Mesdames, et soyez sur la place le Jeudi Saint, lorsque le Pape paraîl, porté sur son trône, au grand balcon de Saint-Pierre. La musique s'arrête, les soldats et le peuple s'agenouillent silencieux. Les fontaines continuent de jaillir avec leur bruit uniforme, au milieu d'un silence plus uniforme encore. Alors le Souverain Pontife se lève et bénit par trois fois la Ville et l'Univers. curieux spectacle ! il y a là, au milieu de la place, un Obélisque Egyptien. Rome et l'Egypte se contemplent!

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