LIVRE II
sures , et de quelques autres objets relatifs à la politique et à la religion.
Après les Hiérogrammatistes venaient ceux qu'on appelait les Stolites^ avec les symboles de la justice et les coupes de libations. Ils n'igporaîent rien de ce qui concernait le choix des victimes, la discipline des temples, le culte divin, les cérémonies de la religion, les sacrifices, les prémices, les hymnes, les prières, les fêtes, les pompes publiques, et autres matières, qui composaient dix des livres de Mercure.
Les Prophètes fermaient la procession. Ils avaient la poitrine nue; ils portaient dans leur sein découvert Thydria (1). Ceux qui veillaient aux pains sacrés les accompagnaient. Les Prophètes étaient initiés à tout ce qui avait rapport à la nature des dieux et à l'esprit des lois ; ils présidaient à la répartition des impôts; et les livres sacerdotaux qui contenaient leur science étaient au nombre de dix.
Voyez-vous, au milieu des Prophètes, s'avancer le Pontife, clef de voûte de toute cette hiérarchie? Quel emblème porte-t-il dans sa main? Un sceptre parfaitement égal à celui des rois, et ce sceptre est en forme de charrue : Sacerdotes jEgyptiorum et JEthiepum gérant sceptrum in formata aratri faetum, quo reges etiam utuntur. C'est Diodore de Sicile qui nous fait connaître cet hommage rendu à l'agriculture par les prêtres et les rois.
Sous ces noms anciens de Chantres^ d'Horoscopisles, d'Hiérogrammatistes, dé Stolites, et de Prophètes, vous venez, Mesdames, de découvrir les musiciens, les mathé-
(t) Vase renfermanl Teau sacrée, comme les burettes de la messe.
maticiens, les astronomes, les lettrés en tous genres, et les poètes inspirés. Je ne vous ai pas parlé de cette multitude fie fonctionnaires qui, sans faire partie du Corps Sacerdotal, lui étaient adjoints comme ministres : les Conrn^^, qui présidaient à l'ordonnance des festins sacrés; les Néth chores et les Pastophores, chargés de veiller à la décoration des édifices ; et tous ces artistes dont le soin était d'embaumer les cadavres et de préparer les momies. La Bible Egyptienne formait quarante-deux volumes, dont les six derniers, à Tusage des Pastophores, traitaient de Tanatomie et de la médecine.