CHAPITRE LXXXIII
POMPONACE.
— Moi : Pomponace, cet homme si petit de stature qu'il tenait plus du nain que d'un homme ordinaire, et qui fut un des plus célèbres péripatéticiens du seizième siècle, n'estimait que les philosophes.
« Je parle, dit-il en un endroit, pour des philosophes, <( qui sont les seuls hommes qui soient sur la terre : car, <c pour les autres, je les regarde comme de simples flgu- « res propres à remplir les vides qui se trouvent dans « l'univers. »
Quelle insolence! Mais quelle folie!
J'ai entendu Arago se rire des métaphysiciens et des poètes, qu'il traitait de grands enfants. Il osa même dire un jour, à la tribune de la Chambre des Députés, qu'il donnerait toute l'histoire de l'humanité pour la description bien faite de la patte d'un insecte.
J'ai connu un musicien qui commandait un bain toutes les fois que son tailleur s'approchait de lui pour lui prendre mesure d'un habit, semblable à ces brahmes de l'Inde ou à ces prêtres d'Egypte qui se plongeaient dans des eaux salutaires pour effacer la souillure du contact d'un paria.
Oh homme! ne te connaitras-tu donc jamais?