LA VIE DE TROIS CENTS HOMMES POUR UN CHAPITEAU
— Moi : Je pense à ce qui m'ârriva un jour avec un artiste, li y avait là i'artisle , sa femme, et moi. Nous étions devant l'église Saint-Germain-des-Prés ; nous considérions le portail , qu'on était en train de restaurer.
Je disais à l'artiste que ces restaurations coûtaient fort cher; qu'on employait» depuis trente ans^ à restaurer une foule de monuments, des sommes qui auraient pu suffire à restaurer les estomacs d'une multitude de pauvres gens, et même à empêcher qu'il n'y en eût désormais un si grand nombre de délabrés.
L'artiste me répondit froidement, en me montrant du doigt le chapiteau de la première colonnette venue : « Je « donnerais la vie de trois cents hommes pour la conserc( vation de ce chapiteau. »
Alors sa femme s'écria : « Mais c'est abominable! je H n'aurais jamais imaginé que le culte de l'Art pûtconi< du ire à de telles pensées. »
Je regardai celte femme : elle me parut belle!