A QUOI NOUS SONGIONS
Je considérai Hugo; il était calme et sombre. Un poète classique l'eût comparé à un de ces monts sourcilleux ( style noble du Dix-Septième Siècle) dont la tête, pour s'élever au-dessus des nuages, n'en parait pas moins enveloppée de vapeurs et de ténèbres. Mais il me montra plus tard qu'il savait peindre son état et le mien avec des figures plus nouvelles. En ce moment, j'entendis sortir de ses lèvres ces vers inachevés :
Je t*aime, exil! douleur, je t*aime!
Tristesse, sois mon diadème....
J'aime cette île solitaire....
J'aime le malheur qui m'éprouve....
J'aime le deuil, grave statue, Qui vient s'asseoir à mes côtés.
— Écoute! lui dis-je : Ce que notre ignorance nous faisait regarder comme un mal a souvent contribué à noire avancement.