‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 129 sur 436 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

l'individualité développée chez les modernes.

Mais peut-être ce que tu n'as pas assez considéré, c'est la cause de cette variété. Tu n'as vu que le progrès ou révolution de l'Art, et tu n'as pas examiné avec assez d'attention la raison de ce progrès : l'individualité développée chez les modernes.

Aujourd'hui l'homme se sent égal à l'homme. De là une variété inflnie d'incidents, et autant de caractères que de personnages. Les caractères étaient inflniment plus rares chez les anciens, et les individualités plus grandes, par cela même que chaque individualité incarnait pour ainsi dire en elle une multitude d'hommes :

a La ville, c*est toi-même , c'est toi qui es le peuple tout

« entier, toi monarque sans contrôle, toi qui présides à

« l'aulel, foyer de la cité. »

• C'est ce que les Suppliantes disent au roiPelasgus dans

Eschyle. Va donc faire dire pareille chose à ces compagnons qui nous entourent. On te répondra : Liberté. Et si Proudhon était avec nous, il dirait An-archie, c'est-àdire pas de gouvernement , pas de direction, pas même d'initiative; or, il se trouve ici beaucoup d'hommes qui pensent comme Proudhon.

Mais vaici une autre différence bien capitale. Le Chœur, dans Eschyle, se demande la cause dts malheurs qui l'accablent , et il se répond : « Pourquoi chercher à pénétrer a la pensée de Jupiter, cet abîme dont l'œil n'aperçoit pas « le fond? ï>

Aujourd'hui, le plus humble prétend, comme Garo, pénétrer dans la pensée de Jupiter.

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