CHAPITRE XII
SUITE
Miais voici l'homme qui l'a^ pour ainsi dire, inspiré et expiré à la fois; qui l'a vu, et qui, le voyant^ ne l'a pas vu ; la Sémélé de la Philosophie, consumé, comme elle, pour avoir voulu contempler le grand Jupiter ! C'est celui qui s'amusait, Mesdames, à voir comment les araignées mangent les mouches, celui que Bayle appelle un athée, que Schleiermacher appelle un saint. — « Celui-là, dit Goethe, s'est éveillé en Dieu. » — Quel éveil !... Quand je m'éveille avec lui, je vois des serpents^ des tigres, des hommes, des pierres, des arbres, une infinité d'attributs de la substance infinie, une, indécomposable, éternelle, qui est sous tous ces êtres : mais je ne vois point l'Être
Universel. Dieu est, et dû même coup H n'est point. Ce n'est pas la lumière suivie des ténèbres, c'est la himière avec les ténèbres. Bayle a* raison, et Schleiertnacher n'a pas tort. Spinosa est divin et athée.