‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 150 sur 436 · LYCOPHRON · texte numérisé non relu

LYCOPHRON

Ta pièce, permets-moi de te le dire, est pleine d'artifice. LycophroQ eut chez les anciens la réputation et le surnom de Ténébreux. Tu Tas imité celte fois.

Ce qui parait avoir un sens purement religieux a un sens politique, et ce qui parait avoir un sens politique a un sens religieux. Ton œuvre s'éclaire ainsi par son obscurité même.

Mais, de quelque côté qu'on la considère, je n'y gagne rien. De toute façon je suis Vombre qui fait ressortir ta splendeur.

Après avoir mêlé la question politique à la question religieuse, après avoir fait parler les grands chênes et chuchoter les buissons, il se trouve à la fin que je suis un impie sans respect pour les morts, sans croyance aux âmes, et que toi , poète, tu es un saint.

Mais prenons la chose par le menu , je te prie.

Si tu veux m'en croire, nous séparerons ce que tu as confondu et mêlé comme à dessein.

Je suis de ton avis; il se passe ici-bas^ de honteuses atrocités qui nous font envier les brises d^une atmosphère plust)ure et plus sereine. Essayons de nous élever à des sphères où nous puissions comprendre le sens des tristes événements et l'harmonie des discordes de la terre.

Jersey, 1659.

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